L'Oeuf - l'oeuf S'il fallait situer rapidement L'oeuf, c'est bien à coté des Radius System, Khoma et autres Oceansize qu'on les accolerait : du rock mid-tempo, un poil heavy et à haute teneur émotionnelle qui va tenir la dragée haute aux comparaisons vaines durant les 6 titres de l'EP.
Dès le premier titre, "In the deaf room", L'oeuf marque de son empreinte les petits oreilles assoifées de découvertes : des ambiances travaillées qui vous prennent instantanément aux tripes, un goût pour les atmosphères en clair/obscur, les mélodies claires et les sentiers parfois écorchés vifs. La voix de Niko, si tu as jeté une oreille sur Green Vaughan, tu la connais déjà un peu, très impregnée du chant de The Mars Volta, sauf qu'elle explore un registre qui nous semble inédit, à la fois plus posé, varié et arraché, quand c'est nécessaire et que la tension se fait plus palpable.
Et L'oeuf va, avec les 5 titres suivants, nous prouver par A+B que cette première piste réussie n'avait rien du fruit du hasard, juste le résultat très abouti de beaucoup de talents et d'huile de coude en quantité pas négligeable. Le deuxième titre, "My wine had taste of a poison", est tout aussi marquant avec ses battements de coeur morriconien tandis que "When the sounds will shut down from themselves" caracole dans le peloton de têtes de nos morceaux favoris de l'EP. Le disque se termine sur une composition en français, un reliquat de leur ancien groupe ?, et là tu te dis "ça y est, ils ont merdé", mais en fait non, ça sonne toujours aussi bien : ça reste très fin et totalement déléctable à l'écoute.
Bref, un coup de maitre par deux musiciens qui ont visiblement de la suite dans les idées. Il se murmure que le groupe bosse déjà sur du nouveau matos. On attend la suite les oreilles grandes ouvertes et on te prie, pendant ce temps, d'aller illico presto télécharger cet EP et de t'en gaver jusqu'à plus soif, c'est un grand cru.