numero_pygmalion.jpg On parle souvent des scènes rock/ metal anglo-saxonnes, hexagonales, scandinaves, helvètes etc... plus rarement de la scène espagnole. Pourtant, celle-ci recèle en son sein quelques pépites qui mériteraient de franchir plus facilement la frontière franco-ibère. Dans ces groupes prometteurs ou déjà solidement installés, on peut citer en vrac Standstill, Zul, devenu entre-temps Pupille, Nisei, It's not not, Tokyo Sex Destruction et maintenant Numero... Autant de formations qui ont un point commun, celui d'être signé chez un seul et même label Bcore Disc. Une structure activiste qui depuis 1990 porte sur ses épaules une partie de la destinée du rock alternatif made in España ; et qui avec Numero nous présente son dernier rejeton en date... et pas le moins talentueux. Car à défaut d'être l'album rock de l'année Pygmalion possède suffisamment d'atouts pour que l'on s'attarde quelques minutes et même un peu plus sur son cas.
Guitares post-grunge, mélodies typiquement émo-rock, une prod au poil (normal, c'est Santi Garcia qui est aux manettes) et des compos taillés pour faire du bien par où elles passent. Complètement décomplexé malgré des influences potentiellement encombrantes, Numero s'affranchi des formations qui lui ont sans doute donné l'envie de faire Pygmalion pour nous servir quelques singles d'une efficacité incontestable. Des morceaux qui possèdent la qualité rare de ne pas céder à la facilité radiophonique ("Serendipity", "Shyness") tout en livrant quelques morceaux plus personnels ("Me vs me" ou "Life feeders") et même une pièce exclusivement instrumentale ("Chihiro") formidable de maîtrise technique. D'un point de vue formel, rien à redire, Numero est solide et a déjà l'aisance des vieux routiers du genre. Artistiquement, le groupe manque encore d'un soupçon d'originalité mais son émo-rock sur lequel viennent se greffer quelques influences post-rock voire post-punk nous offre quelques morceaux efficace et furieusement rafraichissants.