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Review Concert : Not Scientists, Super Youth Scientists (juin 2023)

Interview : Not Scientists, Not Scientists but interviewed (déc. 2022)

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Not Scientists / Chronique LP > Staring at the sun

Not Scientists - Staring at the sun Staring at the sun, troisième album de Not Scientists, sort le 9 février 2023. Pourtant, à l'heure où tu liras ces lignes, j'aurai écouté ce disque des dizaines de fois. Peut-être même bien plus que ça. J'ai en effet le privilège d'être en possession d'un lien d'écoute de Staring at the sun depuis le printemps dernier. Et depuis quelques semaines, les versions physiques trônent fièrement dans mon salon. Ce n'est pas pour me vanter, mais bien pour que tu saisisses une chose : bien au-delà de mon amour pour Not Scientists (je persiste à affirmer que ce groupe est ce que j'ai écouté de mieux la décennie passée), je pense que je ne me lasserai jamais de ce disque.

Passé cette introduction qui, à défaut de t'avoir peut-être pleinement convaincu, contextualise cette chronique, passons au vif du sujet : le contenu de Staring at the sun. Mais avant ça (oui, je suis pénible !), il faut savoir que, comme pour Golden staples mais encore plus pour celui-ci, la première écoute de ce nouvel opus m'a... comment dire... euh... stupéfait. Oui, c'est cela, stupéfait. Bon, en relisant la définition d'un dictionnaire de référence, c'est un poil exagéré : Frappé de stupeur ; étonné au point d'être sans réactions. Parce qu'en vrai, j'ai réagi en relançant la lecture du disque. Encore et encore. Non pas pour me forcer mais bien pour saisir le sens du disque, la surprise passée. J'ai donc été surpris. Puis rassuré (par la qualité des chansons). Et enfin conquis (par cette succession de titres tous aussi forts les uns que les autres).

Ce disque, enregistré et mixé - comme son prédécesseur il y a cinq ans - par Santi Garcia (Lion's Law, CRIM) est réellement addictif. Les quatre musiciens se sont mis en danger pour de nouvelles expériences sonores et exprimer en musique des envies pas encore assouvies. Et pour paraphraser la nouvelle biographie de Not Scientists, Staring at the sun, ode aux mélodies et aux accents new wave chers à The Cure et Killing Joke, sera la pierre angulaire d'un groupe qui roule à tombeau ouvert sur l'autoroute de l'imprévisible. Et c'est vrai, car ce qui intrigue le plus dans cette histoire, ce sont ces sonorités enrichies de nappes de synthés, de réverbérations assumées et le tout saupoudré comme il le faut d'éléments électroniques. Ça peut surprendre, mais surtout, ça peut (et j'en suis sûr, ça va) convaincre.

Les amateurs du jeu de batterie de Bazile, de la puissance de la basse de Tatane (qui a remplacé Thib et connu comme membre de No Guts No Glory) et des géniales guitares cristallines de Ed et Jim ne seront toutefois pas dépaysés. Pour la qualité des voix, n'en parlons pas car le sujet n'a plus à être abordé. Le talent de composition est également constant voire se bonifie avec le temps. Mais comme le groupe n'entend pas réaliser deux fois le même disque, celui-ci sera à part dans sa discographie et sera à considérer comme celui qui aura bousculé les préjugés et qui aura sublimé le genre. Je me répète, j'aime ce disque. Mais si je devais ressortir cinq moments forts, je citerais les intros puissantes de "Like gods we feast" et de "Standing at the edge", la froideur industrielle de "Secrets" (mon morceau préféré du disque), la dualité des guitares de "Downfall" l'excellente reprise "%8x5" de U.K. Subs et le final "Staring at the sun" (un tube !)/"Listen up" rappelant les débuts du groupe.

Je pourrais tartiner des pages et des pages à propos de ce groupe. Mais je préfère en rester là et te demander de considérer cette chronique comme un bon tuyau. Même si là, c'est le l'or massif.

Publié dans le Mag #54

Not Scientists / Chronique LP > Not Scientists

Not Scientists fan addict Je (enfin, plutôt, on) m'appelle par mon prénom (et parfois mon surnom). La quarantaine bien tassée et actuellement basé dans une région au climat océanique dégradé à influence continentale. Ça peut sembler mystérieux au premier abord, mais même si cette rubrique est censée mettre en valeur le "fan attic" que je suis, je préfère en rester là avec les présentations et rester focus sur la raison de ces quelques lignes consacrées à un groupe auquel je voue une passion : Not Scientists.

Not Scientists, tout le monde connaît. Ou, tout du moins, tout le monde devrait connaître. Groupe formé en 2013 sur les cendres encore incandescentes d'Uncommonmenfrommars (la paire Ed et Jim), flanqué du batteur de No Guts No Glory et Supermunk (Basile) et de Thib' à la basse (aujourd'hui remplacé), Not Scientists a déjà à son actif un 45 T, deux splits, un EP et deux albums. Sans parler des participations aux compilations diverses et variées. Le quatuor a joué un peu partout en Europe et sur le continent Américain (Canada et USA) et a notamment forgé son identité sur scène. C'est surtout un groupe accessible, loin du Star System et vraiment sympathique. J'ai suivi d'assez près les débuts et l'évolution du groupe, une fois le premier EP Leave stickers on your graves paru chez Delete Your Favorite Records (label de l'ancien manager des UMFM). Un disque que j'ai trouvé assez rafraîchissant, loin des activités précédentes de ses membres, avec pour fil conducteur des sons de guitares cristallins, des voix géniales et des compositions abouties. J'ai ensuite vu quelques concerts sympa (qui se sont révélés être les premiers de Thib' avec des vrais retours alors que l'imposant bassiste commençait à marquer son style sur scène). C'était vraiment chouette et presque assez touchant de revoir Ed et Jim, ayant à leur actif des centaines de concerts dans les pattes, jouer avec deux nouveaux zicos qui ont quasi une génération musicale d'écart. Puis est arrivé le premier album que j'ai mis du temps à enfourner dans ma platine, de crainte peut être de ne pas ressentir la même flamme que pour l'EP. L'écoute de ce disque (qui n'était pas encore officiellement sorti, si mes souvenirs sont bons) a coïncidé avec un concert donné à l'étage d'un caf' conc' vosgien. Pas de scène, petit système son, le strict minimum. Et je pense que ce concert restera gravé à vie dans ma mémoire. Ce genre de moment spécial que tu n'oublies pas. J'ai peut-être été le seul dans la maigre assistance à ressentir ça. C'est fort probable. Ce concert a été pour moi le déclic. L'énergie déployée par le groupe m'a laissé sans voix. Les morceaux étaient joués avec une telle classe et un enthousiasme si débordant que Not Scientists a réussi à me faire passer ses ondes positives ! C'était il y a sept ou huit ans, mais je m'en souviens comme si c'était hier. Ce concert n'a peut-être pas été inoubliable pour le groupe, mais il a changé pour moi la perception que j'avais de ce groupe que je trouvais très bon et que je trouve depuis absolument génial. Peut-être que pour lui, c'était un bon concert, sans plus. Mais pour moi, c'était un moment magique.

Destroy to rebuild, ce fameux premier album, je l'ai poncé. Je le connais par cœur. Tous les breaks de batterie de Basile. Toutes les notes de Jim. Toutes les lignes de basse de Thib'. Tous les textes de Ed. Non, pas tous les textes car je ne suis pas fortiche en anglais. Detroy to rebuild est un disque essentiel dans ma rockothèque. Et Not Scientists est un groupe essentiel dans ma perception des émotions véhiculées par la musique. J'ai beau aimer des tonnes de groupe, j'ai pu organiser des vacances et des weekends autour d'un groupe qui jouait dans mon lieu de villégiature, je pense que c'est Not Scientists qui m'a procuré mes plus beaux émois musicaux ces dix dernières années. Et je peux affirmer que ce groupe est ce que j'ai écouté de mieux ces dix mêmes dernières années.

La notion de fan m'a toujours un peu dérangé. Elle est pour moi négativement connotée, et synonyme d'excès et même de déraison. Ne parlons même pas de l'adjectif fanatique. Le Robert (le dictionnaire, pas mon voisin) le définit d'ailleurs par celui qui a une passion, une admiration intense pour quelqu'un ou quelque chose. Passionné, je le suis. Sans excès. Enfin, je pense. Ce n'est pas ce qu'en dit ma femme. Je n'ai pas un buste de Ed dans mon salon, mais elle n'arrive pas à comprendre pourquoi je possède trois LP du premier album (label français et US, couleurs différentes). Ainsi qu'une version japonaise en CD, sans parler de la version K7. Et que je suis à l'affût pour acheter la seule version du premier EP qui me manque (un pressage avec un insert spécialement imprimé à vingt exemplaires lors d'un passage du groupe au Québec). J'ai récidivé quand Golden staples, le deuxième album, a pointé le bout de son nez en 2018. J'ai précommandé toutes les versions vendues par le label Allemand avant sa sortie. Thib' n'en revenait pas et du coup, il m'a envoyé les fichiers numériques un ou deux mois avant la sortie du skeud. Quand j'ai reçu les LP et CD, je connaissais le disque par cœur. Autant j'ai très peu de merch « textile » du groupe, autant je possède (à une exception près, avec ce fameux faux pressage québécois) tous les formats existants des disques (même les promos). Je collectionne tout ça pour le fun et pour soutenir à ma manière le groupe. Les zicos doivent me prendre un peu pour un fou, mais ça les fait marrer quand même.

Je connais les musiciens depuis longtemps, bien avant que le groupe n'existe. Très peu Basile que j'avais croisé une fois ou deux, mais les trois autres, ouais. J'ai déjà sympathisé avec un bon paquet de zicos que j'ai pu rencontrer à force de les voir en live. Dans le cas de Not Scientists, c'est peut-être la première fois que je tombe autant amoureux d'un groupe formé par des copains. Ça peut paraître étrange d'être fan d'un groupe de potes. Je n'ai jamais réclamé un médiator à Ed (même si j'en ai une série avec le logo du groupe !) et je n'ai jamais fait dédicacer mes disques. Clairement, ça serait bizarre. Par contre, quand je vais les voir en concert ou quand je suis amené à les croiser dans la vraie vie, ils savent. Ils savent que j'aime leur groupe avec passion. Je n'ai pas besoin de leur redire, je les ai assez bassinés avec ça. Cet article n'est pas signé, mais si par hasard ils tombent dessus, ils reconnaîtront qui en est l'auteur (toi aussi peut être).

Je suis fan de Not Scientists. Et je me porte bien, merci. Le groupe est confidentiel à l'échelle du grand public et quand j'en parle à des amis ou des collègues qui ne suivent pas l'actualité de la scène indépendante rock française, j'ai parfois l'impression de parler dans le vide. Peu importe (même si ça peut être un peu frustrant). Je suis fan de ce groupe dont je ne pense pas pouvoir me lasser un jour.

Not Scientists / Chronique LP > Golden staples

Not Scientists_Golden Staples Ho ho ho ! Not Scientists est de retour aux affaires ! Enfin, sur nos platines avec du matériel neuf, car en ce qui concerne les concerts, le groupe est toujours sur la route, avalant inlassablement l'asphalte des routes à travers toute l'Europe et même l'Amérique du Nord. Si bien que Not Scientists est constamment sous les feux de l'actualité. Mais alors que "carré magique" offrait un aperçu de ce serait le successeur de Destroy to rebuild en sortant l'automne dernier un split 45 tours pour sa dernière tournée avec les légendaires Hard Ons, voici le temps de profiter de Golden staples, deuxième album du quatuor surdoué.

Sortant courant avril sur deux labels allemands (putain de pratique pour les précommandes !), voilà deux mois que j'use mes vieux tympans avec ce deuxième LP de Not Scientists. J'avais adoré le premier EP, j'avais craqué pour le premier album, et me voilà définitivement intoxiqué par Golden staples. Car Not Scientists est bien la meilleure chose que j'ai pu écouter (et voir) ces cinq dernières années, tous styles confondus. Pourtant, la première écoute de ce nouvel album ne s'est pas révélée si évidente. Car même si j'ai tout de suite été magnétisé par les brûlots que constituent "Just about ready to beg" (parfaite introduction) "Perfect world" (single parfait) et "Paper crown", il m'a fallu quelques passages dans mon iPod pour me familiariser et littéralement tomber sous le charme des six autres titres. Car Not Scientists, déjà reconnaissable entre mille, enrichit son panel de sonorités en apportant un nouveau traitement des voix ("Orientation" fera écho) et en ajoutant des effets guitares aussi surprenants que réussis ("Paper crown").

Les mélodies sont toujours ultra présentes (putain, "Golden staples", quel titre !), le talent de composition est irréprochable (très belles mélodies pour "Mechanical reaction" et "Dark tornado"). Et même en sortant des sentiers battus en lorgnant sur une grille blues ("Sky on fire" ou des rythmes lents aux sonorités so 80's ("Submarine"), Golden staples se révèle un album d'une qualité indéniable. Nous ne sommes qu'en mars mais je tiens déjà dans mes mains un gros poisson. Et assurément LE disque de l'année. Un disque où le spleen est omniprésent, un disque qui laisse présager de très bons moments dans les spots de concerts quels qu'ils soient. Un disque génial, tout simplement. Surtout quand, en guise de conclusion à un disque parfait, le groupe se laisse aller en proposant six minutes d'un voyage sonore visitant le punk rock, la pop et la new wave. Rien que ça !

Car ne l'oublions pas, Not Scientists est un groupe de punk rock, aussi bien dans la forme que dans le fond. Un groupe de punk rock sincère et véritable, à l'aise dans ses baskets, au basse/batterie redoutable, aux guitares inspirées et travaillées, aux voix parfaites, et qui suit son petit bonhomme de chemin en jouant partout tout le temps. Oui, PARTOUT. TOUT LE TEMPS. Qui s'en plaindra ? Pas moi, c'est sûr. La dernière tournée européenne en support de The Flatliners a ouvert au groupe son champ d'action de façon exponentielle, et ce n'est pas un hasard si deux labels étrangers unissent leurs forces pour développer la visibilité à l'international de Not Scientists. Car ce putain de groupe le mérite vraiment. Quant à toi, fidèle lecteur, tu sais ce qu'il te reste à faire : checker l'agenda du combo qui passera forcément par chez toi, et passer du bon temps à un concert de ces types qui ont tout compris.

Publié dans le Mag #32

Not Scientists / Chronique LP > Destroy to rebuild

Not Scientists En voilà des gars qui ne font pas semblant. En moins de deux ans d'existence et au beau milieu de nombreuses tournées, Not Scientists peut se targuer de ne pas faire les choses à moitié. Après un premier EP chroniqué dans ces pages et un 45 tours sobrement intitulé Leave stickers on our graves, le groupe de Serrières repointe déjà le bout de son nez pour notre plus grand bonheur avec Destroy to rebuild, premier album venant de paraître chez le stakhanoviste label Kicking Records. Et le groupe sait définitivement allier rapidité et efficacité !

Onze titres, mis en boîte au Warmaudio, agrémentent ce premier album qui transpire la classe à l'état pur. Je ne vais pas ressasser le background des musiciens que tout amateur de punk rock en France connaît sur le bout des doigts, mais toujours est-il qu'avec une telle expérience, on ne pouvait en attendre que de la qualité. Et la qualité est au rendez-vous. Les morceaux sont taillés pour le live, les mélodies sont imparables, les voix sont tout simplement géniales, et l'ensemble est tout simplement jouissif. Et je pourrais m'arrêter là, tellement je ne trouve pas de défaut à ce disque qui figure déjà dans mon top ten de l'année. Rien que ça. « Window », ouvrant l'album, est une entrée en matière parfaite, faisant monter la pression en incorporant de nombreuses mélodies sous couvert d'effets de guitares soigneusement choisis. Le talent de composition des deux guitaristes y est évidemment pour beaucoup, mais la section rythmique tire son épingle du jeu, alternant finesse et puissance façon machine de guerre. Les titres mélancoliques tels que « Broken pieces », « Over and out » ou le génial « These heads have no faces » s'entremêlent aux brûlots qui te filent la patate dès la première écoute « I'm brainwashing you », « We're given no options » , « Disconnect the dots » façon punk rock, ou l'énorme « Tomorrow's another day » et même à quelques ovni non dénués d'intérêt (« Just break me » qui, à titre personnel, me submerge d'émotion). Voilà pour l'état des lieux général.

Mais ce que je retiendrais de ce disque qu'il convient de jumeler avec les prestations live (ça joue toute l'année, pas d'excuse pour les louper) et qui m'a de nouveau réconcilié avec le son clair et le traitement brut des guitares, c'est la facilité qu'il s'en dégage pour le quatuor d'enchaîner facilement des titres aussi aboutis qui frôlent la perfection. Les gars sont adorables, leur musique est vivante, leurs morceaux sont parfaitement construits, et le mélange de punk, d'indie rock, de pop bubblegum et même ce soupçon de new wave dans la production est tout simplement savoureuse. Destroy to rebuild est la continuité logique de Leave stickers on our graves, et à l'écoute de la créativité musicale du quatuor, le champ d'action de Not Scientists est infini. Ce groupe vient de façonner son identité avec ce premier album quasi parfait, et nul doute que le réseau indépendant dans lequel le groupe évolue en fera un acteur majeur de cette scène si prolifique. Bravo les gars, et surtout, merci !

Not Scientists / Chronique EP > Leave stickers on our graves

Not - Scientists - Leave Stickers On Our Graves Il n'aura fallu que quelques mois après la mise en sommeil de UMFM pour retrouver Ed et Jim dans ce nouveau projet qu'est Not Scientists. Accompagnés par Le Bazile (No Guts No Glory...) et le valeureux Thibaut à la basse, nos deux martiens n'ont rien perdu de leur superbe pour envoyer de belles chansons énergiques et mélodiques à souhait. Et c'est ainsi que Leave stickers on our graves se retrouve aujourd'hui sur nos platines.
Ceux qui s'attendent à un ersatz d'Uncommonmenfrommars sont loin du compte. Et si les voix restent les mêmes, les compos sont quant à elles propres à ce nouveau projet. Oubliez le punk rock à roulettes exécuté à cent à l'heure, place nette est faite au pop punk et à l'indie rock à la Hot Water Music, Copyrights et consorts. Avec des gars au CV long comme le bras, il faut évidemment t'attendre à de la qualité, de la finesse, de l'émotion, des mélodies vocales renversantes et des morceaux inoubliables. Difficile de faire ressortir un morceau de ce premier EP, tellement l'ensemble est complémentaire, forgeant ainsi l'identité et les fondations solides du groupe. Premier test réussi haut la main. Vivement la suite !