not scientists Salut les gars ! Content de vous revoir. Concrètement, vous pouvez nous faire un petit topo des musiciens et une bio simplifiée de Not Scientists ?
Ed : Salut Gui. Le groupe a commencé en septembre 2013 et on a immédiatement écrit pas mal de morceaux dans le but de partir en tournée le plus rapidement possible. On a pu rapidement enregistrer un EP, booker des dates et on ne s'est pas vraiment arrêté de tourner depuis. Au total, le groupe a sorti deux Eps et un album.

On va éluder la question tout de suite, comme ça, c'est fait : le fait d'avoir dans ses rangs 2 UMFM a t-il simplifié les choses, que ce soit en terme de présence lors des concerts et des montage de tournée ?
Ed : Oui et non. Au début en tout cas.
Thib : Au départ, faire référence à UMFM a pas mal aidé pour booker les deux premières tournées. Mais c'est vrai que maintenant, on a fait une centaine de concerts, Not Scientists se suffit à lui même. On essaye d'éviter de dire que le groupe comprend deux anciens Unco car il n'y a plus besoin de le faire.
Ed : En fait, on ne s'est jamais vraiment servi du nom Unco pour booker Not Scientists. Les gens ont rapidement su qu'un nouveau projet se formait avec deux anciens Unco, et naturellement, ils sont venus voir. C'est plus comme cela que ça s'est passé.

La question peut sembler bizarre, mais n'est-ce pas bizarre justement de repartir de zéro, Ed et Jim ayant connu la notoriété avec UMFM ?
Ed : Nous avons avec Jim un point de vue différent sur la question, car nous avons deux histoires différentes. Jouer dans des bars ou des petites structures, je le fais depuis assez longtemps, du fait que j'ai joué et joue dans différents groupes depuis des années. J'ai toujours eu des concerts dans des caves ou dans des squatts alors qu'au même moment, avec Unco, on faisait des concerts dans des SMAC ou des festivals. Je n'ai jamais vraiment quitté les bars. Et même avec Unco, sur les quatre dernières années, on rejouait aussi dans des lieux plus petits donc on se sent chez nous un peu partout.

Mais reconstruire une identité, tout ça, ça prend du temps, merde on recommence tout.
Ed : Non, pour nous, c'était plus excitant qu'autre chose. C'est exactement le contraire : chouette, on fait un truc complètement nouveau, complètement différent, et on va partir en tournée et voir ce qui se passe.
Jim : Pour moi, finalement, c'est pareil. Il n'y a pas de « redépart à zéro », dans le sens où le but était de ne pas s'arrêter après Unco, du coup, le fait de redémarrer un autre projet, c'est chouette. On ne peut pas rappeler un deuxième départ . Et comme l'a dit Ed, avec Unco, les dernières années surtout, on a eu pas mal de plans différents comme des bars, et le but, c'est de jouer,

Ce qu'on peut dire, c'est que vous n'avez pas chaumé : EP, 45 tours et album, tout ça en moins de moins de deux ans, sans compter les multiples concerts donnés depuis la création du groupe. Est-ce une envie ou une nécessité d'enchaîner enregistrements et tournées ?
Ed : Pour moi, c'est les deux. Il y a une envie et une nécessité aussi. Il faut un disque pour pouvoir faire des concerts, mais c'est déjà à la base une envie de faire un disque et une envie de faire des concerts. On peut dire qu'on est comme des poissons dans l'eau.
Thib : Pour ma part, c'est la première fois que je joue dans un groupe, et on sort des disques de manière assez rapide, environ tous les six mois, mais parce les morceaux arrivent rapidement. On se retrouve vite à avoir six ou sept morceaux sur lesquels on peut travailler et sortir un disque avec. Je vois ça comme ça,. Je ne pense pas qu'il y ait de pression pour sortir un disque tous les six mois, c'est juste que ça se fait naturellement.

Du coup, ça rebondit sur ma prochaine question, les gars, vous êtes parfaits. Comment se déroule le processus de création chez Not Scientists ? Ca part toujours des guitares ? Qui s'occupe des textes ?
Ed : Il n'y a pas une méthode unique. Jim écrit pas mal de son côté. Les morceaux qu'il apporte sont « clé en main » : il y a toutes les parties guitares et les parties basse, et parfois une mélodie de chant. Quand il n'y a pas de mélodie de chant, on travaille sur ces mélodies dans la salle de répète et j'écris des paroles. Ensuite, il va y avoir des morceaux qui vont partir d'une idée à moi : quand j'ai une idée, j'ai du mal à travailler tout seul, donc je peux avoir des idées mais je vais avoir besoin des autres pour pouvoir m'appuyer dessus et entendre en vrai les idées quand elles arrivent. En gros, c'est ça. Ensuite, le jeu de batterie de Bazile apporte beaucoup aussi et nous amène à transformer les morceaux parfois, car un changement de rythmique peut nous faire penser à faire partir le morceau dans une autre direction et ça évolue vachement. Thib apporte aussi beaucoup en réduisant énormément l'espace dans la salle de répète, rien que par son physique et ça nous pousse à jouer différemment aussi.
Thib : Ce n'est pas un frein à la composition, mais juste une manière différente de travailler !
Ed : C'est ça ! (rire général)

Ce que j'aime par dessus tout avec votre groupe, c'est que les voix sonnent bien sûr UMFM, mais que vous avez eu la bonne idée d'enrichir votre son en ôtant de la satu, et que ça sonne super bien. Quels groupes influencent Not Scientists ?
Ed : Tout. C'est con et cliché comme réponse, mais on laisse toutes nos influences parler dans le groupe. Pour les sons de guitares, on pourrait l'analyser et dire que ça va rappeler des sons de guitare proches de l'Angleterre fin 70 ou des groupes indie US dans les 90's. Certains diront même quelques touches et rappels new ave par ci par là. C'est difficile pour nous de l'analyser car on découvre nous même notre son au fur et à mesure des enregistrements.

Vous m'arrêtez si je me trompe, mais Destroy to rebuilt est en fait la continuité logique des premiers enregistrements qui avaient posés les bases de votre son et de votre style ?
Ed : C'est pas voulu, mais c'est vrai que c'est dans la continuité, même si c'est plus enrichi que le premier Ep qui était plus spontané. Mais au niveau du son, on avait quand même une idée d'où on voulait aller depuis le début du groupe, même si on expérimente des choses. C'est vrai qu'on est parti sur des sons de guitares très clairs, comme tu le disais, et ça n'a pas trop changé depuis le premier enregistrement.

Not Scientists Que racontent les textes de votre nouvel album ?
Ed : Les textes sont assez personnels. J'ai toujours écrit des textes dans ce sens. Là, pour le coup, ça l'est peut être même encore plus que d'habitude. Ça parle de mes misères, mes luttes psychologiques, les échecs à gérer tout en avançant dans la vie, les nouveaux problèmes en vieillissant, l'amitié qui est quelque chose d'extrêmement compliqué. Voilà, un peu tous ces trucs-là.

Vous venez de signer avec 3C : c'était compliqué pour Thibault de tout gérer, ou avez-vous quand même une marge de manœuvre pour programmer vos tournées ?
Thib : On n'a pas vraiment signé avec 3C mais c'est plutôt bosser avec Pierre qui travaille chez 3C en l'occurrence. C'est plus un contact humain qu'autre chose.

Vous êtes quand même sur le roadster.
Oui, oui, on bosse avec 3C. En fait, c'est plutôt une collaboration : on est libre de trouver nos propres concerts, et Pierre nous bosse aussi de son côté, et on essayer d'avancer main dans la main pour se développer. Ce qui est très cool de bosser avec Pierre, c'est que c'est quelqu'un qui a compris que les groupes de notre niveau, si on signe une exclusivité avec un tourneur, le groupe risque de mourir car on a pas de liberté pour aller jouer de notre côté.

C'est ce qui est arrivé à Sexypop il y a quelques années Thib : Par exemple...
Jim : Surtout qu'on a envie et qu'on a commencé le groupe en faisant de suite des choses à l'étranger, et on ne veut pas mettre l'accent sur un territoire plus qu'un autre. Là où on pourra jouer, on ira. D'entrée de jeu, il y a eu un bout de tournée au Canada alors que ça faisait trois mois que le groupe tournait, on va un peu partout. Les USA se profilent pour octobre, et le fait de bosser avec un tourneur en France devait être adaptable pour pouvoir garder une marge de manœuvre de notre coté et continuer à booker ce qu'on a envie de faire.
Thib : Ce n'est pas par manque de temps ou de moyen qu'on bosse avec 3C, c'est pour se développer encore plus. Personnellement, je continue de faire ce que je fais depuis le début pour le groupe, et Pierre apporte des dates avec les>Burning Heads, des dates sur des festivals auxquels moi, je n'ai pas accès, et c'est tout bénef pour tout le monde !

J'imagine que vous emplois du temps sont chargés entre tous vos projets : Not Scientists est-il aujourd'hui votre priorité ? Quels sont vos objectifs à court, moyen et long termes ?
Ed : Not Scientists est effectivement notre projet principal, celui qui nous prend le plus de temps. Et nos projets à court et long terme ? A court terme, jusqu'à cet été, on a encore pas mal de tournée, dont une avec les Burning et les Rebel en France. Ensuite, à la rentrée, il y aura une tournée française en septembre et on est en train de bosser sur une tournée aux USA pour octobre novembre autour du festival The Fest.

Ça rebondit sur ma prochaine question, c'est vraiment formidable !. (Ed : magnifique, hein ?). Parmi les nombreuses tournées, vous venez de terminer une tournée avec Dee Cracks (notamment en Angleterre) et vous aller enquiller avec Les Burning : le disque n'est-il qu'un support pour enquiller les concerts ? En préparant cette interview, je me suis aperçu que je parlais plus des tournées que du disque !
Ed : Non, car pour nous, le disque a une réelle importance. On y met beaucoup d'énergie et on fait beaucoup d'efforts pour que ça se ressemble à ce qu'on avait imaginé en écrivant les morceaux. Pour nous, ce sont des choses séparées : le disque, c'est le disque : quand on a fini de le faire, on passe en mode « tournées » et là, c'est autre chose.

Comment se sont passées les dates en Angleterre ? Ca a fonctionné ? Le public anglo-saxon est il réceptif à votre musique ?
Ed : Le public anglais est réceptif. Oui, c'était bien. Leurs bières sont beaucoup plus grandes que les nôtres. Et plus chères aussi (rires).
Jim : Globalement, en Angleterre, en Allemagne ou ici, c'est quand même super cool. Tous les soirs, il y a des gens au concert. En Angleterre, il n'y a pas eu énormément de monde tous les soirs, il y avait des dates en semaine aussi, mais à chaque fois, les gens semblent apprécier. Il y a eu de bons retours .
Ed : Ce sont des pays où il est plus difficile de se faire « remarquer » ou de faire venir les gens au concert, car tous les groupes au monde tournent constamment, et quand tu vas jouer à Londres, forcément, entre un groupe français dont personne n'a jamais vraiment entendu parler. Par exemple on devait jouer le même soir que Lagwagon dans la même ville... le concert a été repoussé au lendemain.

Le concert de Lagwagon ?
Ed : Ouais bien sûr ! On leur a dit « ho, les gars, attention !!! on ne voudrait pas vous prendre tout votre public » (rires). En tout cas, on pense y retourner

Not Scientists - Leave stickers on our graves Vos disques y sont distribués ?
Ed : Pas en Angleterre. Par contre, la personne qui s'est occupé de la promotion du disque est anglaise, et pour la première fois, nous avons eu une exposition sur les médias anglais et US beaucoup plus importante qu'avant. Pour la première fois, nous avons eu accès à des webzines importants et des webzines qu'on lit, et on a eu de bons retours à ce niveau-là.

Pour terminer, pouvez-vous nous parler du dernier morceau enregistré pour UMFM pour le tribute aux Burning ? J'ai l'impression qu'il y a toujours un Follain sur les tributes de groupe français ! (rires du groupe)
Jim : On pourrait te parler de notre passion pour les Burning, moi perso, de ce morceau, il faudrait que je le réécoute car j'ai oublié à quoi il ressemble vraiment, car je ne l'ai pas réécouté depuis. Le projet date un peu, il a mis longtemps à sortir et le morceau, on a du l'enregistrer il y a deux ou trois ans. Je ne peux donc pas te parler du morceau...
Ed : Ca, c'est Alzheimer ! Le projet, et l'idée quand on nous l'a proposé, c'était de fêter l'anniversaire du premier album des Burning. C'était donc dans un cadre très particulier, car il fallait choisir obligatoirement un morceau de cet album-là. Donc, tous les groupes se sont partagés les morceaux comme ils pouvaient, et premier arrivé, premier servi. Avec Unco, on est bien tombés, car on a pu faire un morceau qu'on avait envie de faire et qui correspondait le mieux à notre style. Je n'ai pas encore écouté tout le tribute, j'ai hâte de l'écouter, mais je sais qu'on était content de notre version, c'était assez « facile » pour nous de faire ça.
Jim : Et surtout très très content d'y participer. Et pour l'anecdote, je suis pas totalement Alzheimer , dans les souvenirs, le morceau qu'on reprend, ISP était sur le coup au départ. Et il y a eu échange de morceaux...
Sauf que les ISP ne sont pas dessus (étonnement général, s'en suit une grande discussion sans intérêt pour cette interview...)

Un dernier mot : Bazile ?

Bazile : Je ne parle pas beaucoup car simplement, ils disent ce que j'ai envie de dire et ils le font mieux que moi, donc je les laisse parler (applaudissements général).