Supermunk Supermunk Quatre mois et quelques plus tard, le jour tant attendu est arrivé. Avec ma chère et tendre épouse et mon ami Benjamin Muscu, nous prenons la route de la Sous-Préfecture du Doubs afin d'assister à l'étape locale du mini Kicking Tour. Presque deux heures de route et nous rejoignons la salle, alors que les balances de Supermunk s'achèvent, pour passer le bonjour à tous les copains que l'on croise trop peu souvent. Ça fait par exemple, trois ans, Covid et reports de concerts et tournées obligent, que je n'ai pas revu Ed et Sid (respectivement chanteur/guitariste et sonorisateur de Not Scientists). C'est fou, et c'est bien pour cela que je suis persuadé que nous allons passer une soirée d'exception.

Tous les ingrédients sont en effet réunis pour qu'il en soit ainsi et notamment (et surtout) de bons groupes, des copains au large et une salle mythique. C'est à Supermunk qu'il revient d'ouvrir les hostilités dans une salle bien garnie (mais jamais assez pour ce type d'évènement) et déjà acquise à la cause des groupes de l'écurie Kicking Records. "Salut. On connaît tout le monde ce soir ?" lance un Forest déjà dans son élément, bien décidé à se mettre en deux temps trois mouvements le public dans la poche. Comme à Epinal il y a quelques mois, Supermunk démarre fort, enchaînant quatre morceaux à la vitesse de l'éclair et de manière impeccable ("Riot", "Play pretend", "Medeyesa" et "Two faced one"). La setlist est quasi identique au dernier concert vosgien du trio, mais peut-on légitiment lui reprocher de proposer un best of de ses trois prod' ? La réponse est non, bien entendu. Et même la répétition des gimmicks du concert (les introductions aux morceaux, le titre a capella en italien de Ben Bacon) est la bienvenue. C'est toujours aussi solide (le chant de Forest est incomparable de puissance et de justesse, sans parler du basse/batterie finement puissant ou puissamment fin, à toi de choisir), c'est inlassablement fun et c'est accrocheur à souhait. C'est talentueux, tout simplement. Certainement un de mes power trio préférés à écouter et regarder depuis l'arrêt du bulldozer Flying Donuts. Mention une nouvelle fois spéciale pour "Hoo hoo ho", devenu une private joke entre les groupes qui font les chœurs depuis le frontstage et qui fait des ravages dans la salle.

Changement de plateau, l'occasion de retrouver divers copains eux aussi pas vu depuis trop longtemps et l'attente se révèle du coup moins longue pour The Eternal Youth, dont le concert lors du Kicking Fest d'Epinal s'est révélé être mon concert préféré de l'année 2022. Pourtant, Fra m'avait dit qu'entre la fatigue accumulée avec les concerts des Burning Heads et les shows éparpillés de groupe caennais, ce show n'avait pas été son meilleur, et que ça manquait un poil d'automatisme. "Hum, ouais, c'est ça" me suis-je dit dans ma barbe. En vrai, j'ai eu du mal à croire. Et bien naturellement, je me suis trompé. Car le concert de The Eternal Youth à Montbé a été d'un niveau bien supérieur du précédent auquel j'avais assisté. Supérieur en qualité du fait d'un son puissant, d'une énergie débordante et d'une interprétation de haut vol. La setlist est presque identique à celle du Kicking Fest d'Epinal mais jouée avec plus de punch. C'est la quatrième date de la mini tournée, et ça s'entend (et ça se voit aussi). Ça tape dans le répertoire des trois albums en jouant ses meilleurs tubes ("Back to 1985", "Sing along", "Gone but not forgotten"), ça fait des blagues qui marchent moins que leurs excellents morceaux, et ça réalise un super concert. Tout simplement. Tu peux donc relire mon report du #54 en te disant que c'était encore mieux Du coup, ce concert figurera-t-il dans ma rubrique "meilleur concert de l'année 2023" ? Rien n'est moins sûr ! Ce qui est certain par contre, c'est que tu as intérêt d'aller voir ces oiseaux de bonne augure avant qu'ils ne retournent en studio pour enregistrer leur quatrième album !

Supermunk Supermunk Le moment tant attendu est enfin arrivé. Et le mot est faible. Rendez-vous compte : plus de trois ans que je n'ai pas vu Not Scientists en concert, et ça commençait sérieusement à me manquer. Je me positionne donc au premier rang pour ne pas en manquer une miette. Après un premier sample en guise d'introduction, le groupe embraye "Push", premier titre du génial Staring at the sun (sur un éclairage bleu intimiste) qui a le mérite de faire monter la sauce crescendo et de laisser place au génial "Perfect world" qui retourne la salle... et moi avec. Et pendant que le groupe déroule une setlist impeccable alternant morceaux des deux derniers disques ("Like gods we feast", "Heart attack", "Rattlesnake", "%8X5", "Downfall", "Listen up", "Secrets" pour le petit dernier avec une restitution aux petits oignons ; "Paper crown", "Submarine", "Orientation" pour Golden Staples) avec quelques incursions dans le Not Scientists des débuts ("I'm brainwashing you", "Shoplifter"), je ne rate pas une miette du génial jeu de batterie de Bazile et des mélodies vocales d'Ed (avec l'aide de quelques shots de whisky !). Et même si j'avais beaucoup d'affection pour les guitares de Jim et le sautillant bassiste Thib', je suis ravi de constater que Fred fait admirablement bien le boulot en vivant à fond le set, et que Julien (dont j'ai fait connaissance ce soir-là) est aussi un sacré musicien dont la joie d'être sur scène est communicative. Avec Staring at the sun aux sonorités new wave bien prononcées et son line-up remanié, j'ai l'impression de vivre une "deuxième vie" de passion pour Not Scientists, moi qui ai pu assister à de nombreux concerts sur le cycle Destroy to rebuild & Leave stickers on our graves (le disque). En parlant de "Leave stickers on our graves" (le morceau), il clôture dans l'euphorie générale un concert qui sera passé trop vite. Vraiment trop vite. J'adore ce groupe, tu le sais. Et ce concert ne fera que renforcer mon amour pour cette formation qui me file des frissons à chaque écoute. Le seul petit défaut que je pourrais trouver à ce concert est de ne pas avoir laissé plus de place dans la setlist aux vieux titres. En fait, le groupe aurait du jouer deux fois l'intégralité de son répertoire. Deux fois.

"On est d'accord, le concert est fini là ? Ce qui va suivre, ça compte pas !" lance un Forest toujours aussi à l'aise sur les planches à la fin du show du quatuor lyonnais. Car oui, c'est l'heure de la surprise composée de trois covers de défunts groupes de notre valeureuse scène française. Un titre de Ravi ("Fire up the place") avec Fra à la basse, Ed et Fred aux guitares, Tonio à la batterie et Forest au chant. Un titre des Pookies avec Bazile à la batterie interprétant "Dance hall ripper" et un titre de Sons Of Buddha ("The most important are the smallest signs") avec Bazile à la batterie, Ed et Fra aux guitares, Ben Bacon à la basse et Forest au chant. Initiative originale, interprétation un peu bancale, et smiley général. Ça rappelle clairement de bons souvenirs et c'est bon de savoir que les acteurs de ces groupes que nous n'oublierons jamais sont toujours là, dans des formations différentes, avec quelques années de plus au compteur, mais avec toujours cette même passion dévorante pour la musique. Et ça, ça vaut tous les hommages du monde.