Rock Rock > Nine Pound Hammer

Biographie > Kentucky fries cowpunks

Nine Pound Hammer, ou NPH pour les intimes, ou "l'autre bande de rockeurs ivrognes" pour le reste du monde, est né en 1985, c'est dire si ça fait un bout de temps qu'ils traînent leurs guêtres sur la scène rock nord-américaine. Originaire d'Owensboro eu plein coeur du Kentucky et donc d'une Amérique très cowboy, le groupe est notamment formé sous l'impulsion d'un des inénarrables Nashville Pussy. Après avoir migré vers Lexington, le groupe commence par sortir une poignée d'EP avant de passer en mode "long-format" en 1988. S'ensuivront cinq autres albums (dont le savoureux Mulebite deluxe) qui verront le jour de manière aléatoire sans pour autant que le feu sacré du rock punky et savamment alcoolisé ne s'éteigne chez les gaziers de Nine Pound Hammer malgré d'innombrables bouleversements de line-up. En 2008, le groupe signe chez le label belge estampillé stoner/heavy rock Buzzville Records et publie Sex, Drugs and Bill Monroe.

Nine Pound Hammer / Chronique LP > Sex, drugs & Bill Monroe

Nine Pound Hammer - Sex, drugs & Bill Monroe Le "cowpunk" tu connais ? Non ? Allez op, définition : tu prends du punk, du rock, du heavy, du blues, tu arroses tout ça de trois ou quatre litres de bourbon et tu sers ça au petit dej... ah ça démâte ? Normal, Nine Pound Hammer c'est pareil. Des guitares qui en font des tonnes au rayon rock pur et dur, un feeling bluegrass justifié par le Billie Monroe du titre (l'homme fut dans les années 30 l'instigateur du genre) et en avant les manettes. Punk southern country rock furieusement décérébré, des textes ouvertement potaches qui causent biture, prouesses "cock'n rollesque" (avec un "c" oui...),
et autres thèses philosophiques qui tapent sous la ceinture, NPH c'est définitivement pas pour les catho conservateurs coincés du manche. A l'image de l'artwork de Sex, drugs & Billie Monroe (en même temps, ils annoncent la couleur...), les gaziers du Kentucky ne font pas spécialement dans la dentelle. Tu vois le cliché "harleys, route 66, amplis marshall et grattes Gibson" ? Ben Nine Pound Hammer c'est tout pareil. Du rock viril et graisseux, écorché à coup de tessons de bouteilles, le groupe donne dans le primaire, le regressif ou tout du moins, le gros son un peu bas du frond. Et alors ? On n'était de toutes les façons pas venus pour assister à la soutenance d'une thèse d'astrophysique. Question morceaux, c'est là encore tout un programme, de "Hookers & Hot Sauce" à "Cookin' the corn" en passant par "Everybody's drunk" ou "Rode hard", cet album ne respire pas vraiment la finesse, alors évidemment, on adore. Faut dire aussi qu'on est plus en présence d'un gros délire éthylique destiné à étancher une soif de camionneur et notamment emmené par deux Nashville Pussy (ceci expliquant sans doute cela...).
En clair du pur rock "made in rednecks qui n'en ont rien à foutre de ce qu'on pense d'eux" pour un disque qui sent le cambouis, la Budweiser et la poussière. Véritable orgie punk rock(abilly), Sex, drugs & Billie Monroe est un disque qui aligne les compos bien grasses, les poncifs à la pelle mais qui le fait avec classe et un trente-sixième degré qui fleure bon la déconne. Alors oui, les Nine Pound Hammer en font des caisses (de bières), oui cet album pourrait être l'un des disques de chevet de Chuck Norris (encore que(ue)...), mais le résultat est là : c'est carrément délirant, regressif certes mais plutôt fun dans son genre. Hellyeah !