neko : ghost tracks N'en déplaise aux Neko, ils font bel et bien du post-rock ! Certes, ils ne sont pas du genre à faire se lamenter la guitare mais leur rock instrumental doit bien bien plus à Mogwai ou Explosions in the Sky qu'à Bjork ou Garbage à qui n'iraient pas si mal leur appellation de "rock electrolux". Le trio poursuit la construction de son identité avec Ghost tracks durant 4 titres et prés d'une demi-heure, leurs créations nous enveloppent irrémédiablement d'une sensation de bien-être, ivres de bonheur, titubons à essayer de les suivre... Neko commence fort avec "Jukebox", certes le son de batterie est un peu en-dedans mais pour une production maison, c'est plus qu'honnête, A une rythmique implacable se superpose la guitare et ses petites stridulations, Neko joue sur les aigus quelques classiques samples de voix et nous emballent en quelques minutes. Si vite que voilà déjà "Li-zhen", composition plus lente, plus posée, où les notes prennent le temps d'exister avant d'être remplacées par d'autres, on en arrive tout de même à une brusque accélération, la guitare tiraille, cisaille, nous pousse à monter un peu plus haut, gravir d'autres échelons vers le septième ciel... Matraqué par la batterie, on continue donc notre ascension, aprés une petite pause, "Bliss", sommes-nous au paradis ? On pourrait le croire, mais non, ce n'est qu'un avant-goût, la quiétude règne, les doigts glissent sur les cordes, le gimmick mélodique est reproduit plusieurs fois, change de tonalité, se rapproche de nous, le temps passe de plus en plus vite, voilà enfin notre eden : "Synkronized-killing-machine". Là où la majorité des groupes post-rock jouent sur la dépression qui cherchent à nous enterrer par sa tristesse, les Lillois jouent sur l'anticyclone, mais un anticyclone qui chercherait à nous faire jouir, avec un allant digne de la chevauchée des Walkiri, Neko nous emmène donc là-haut avec ce dernier titre qui s'étend sur plus de 13 minutes. Là, ils placent judicieusement et sans précipitation les pierres de leur escalier vers le nirvana. Changement de tempo, changement de sonorités, attaque différente, reprise de souffle, relance, la guitare granuleuse nous accroche puis se déchaîne, elle est seule mais abat un travail titanesque pour nous élever encore plus haut... Là, là où tout est calme.
Neko livre un maxi prodigieux, avec un artwork sublime, qu'attends-tu pour te procurer ce bijou ?