Pillow live au Biplan Pillow live au Biplan Vous pouvez rapidement présenter la musique de l'autre ?
Stef (Neko) : C'est pas du post-rock... sinon, je vais me faire taper (rires)... Y'a beaucoup d'ambiances pop : ça va trés vite à l'essentiel, ils travaillent beaucoup sur les mélodies, d'ailleurs, y'a un trés joli travail sur les mélodies
Et que dit Pillow de Neko ?
Guiom (Pillow) : Moi, je suis privilégié, j'ai pu écouter le nouvel EP... "Electrolux", j'ai du mal avec ça...
Stef : Pourquoi "rock electrolux" ? Parce que ça sonne bien... Ca fait nom de groupe, ça fait penser aux aspirateurs... C'est rock et électro avec beaucoup de futilités, des trucs qui ne servent à pas grand chose...
Vous fuyez tous les deux l'étiquette post-rock...
G : Pillow oui !
Tout à l'heure Neko parlait de "faux post-rock"...
S : Parce que ce n'est pas du post rock à proprement parler, je ne pense pas qu'on puisse faire du post-rock à 3 avec une seule guitare... Il y a des réminiscences mais ça s'arrête là... On a tendance à assimiler ça à du post-rock dés qu'il n'y a plus de chant, forcément ça fait penser à Mogwai, Explosions in the Sky mais ce n'est pas ce qu'on écoute en priorité...
Et Pillow, pourquoi pas "post-rock" ?
G : On a un format chanson, c'est trés court, c'est trés pop, c'est beaucoup plus gai que du post-rock, c'est pas du tout déstructuré, c'est hyper carré... On se tourne vraiment vers du "rock instrumental", ça nous correspond bien mieux...

Vous avez des influences communes ?
G : Votre nouveau CD et nos nouvelles compos sont très proches, on va faire un nouveau morceau à la fin, vous allez voir...
S : On a remarqué, pendant vos balances...
Jérémie (Neko) : Y'a une série d'accords qui a la même progression qu'un de nos morceaux qui s'appelle "Silver and chrome", c'est la même montée, on s'est regardé et Vince nous a dit "ça ressemble à Cure", on trouvait que notre morceau ressemblair à du Cure avant d'écouter celui de Pillow donc on sent des influences communes...
S : C'est évident qu'en écoutant il y a des influences communes.
G : C'est impressionnant parce que leurs morceaux, on pourrait faire les mêmes, je peux écouter les deux premiers accords et jouer la suite du morceau, on est trés proche de vous, j'ai un peu de recul avec le CD, c'est marrant...
neko live au biplan neko live au biplan Cure, Sonic Youth, vous avez écouté ces mêmes groupes dans votre jeunesse ?
G : On se prend beaucoup de remarques de la part du public parce que quelqu'un a mis Sonic Youth dans un texte que c'est pas toi qui a écrit et les mecs disent "ça ressemble vraiment pas"... Ici, on a joué à la fnac, ils ont écrit un truc dans leur dépliant et un gars est venu raler sur notre forum "arrêter de mentir dans votre dépliant" comme si on écrivait les trucs de la fnac ! Ils avaient cité Joy Division, Explosions in the Sky ...
S : Explosions in the Sky oui ! Mais ce n'est pas le même format
Et c'est un groupe post-rock !
S : C'est ça aussi qui est bien avec le rock instrumental, tout le monde y projette ce qu'il veut entendre, t'as pas une voix qui vient cadrer la musique, c'est beaucoup plus libre... Nous on a plein de commentaires différents "la guitare ça ressemble à ça..." et on ne connaît pas le groupe
G : Les gens font attention au son ou à la progression ou aux structures... Chacun prend ce qu'il veut, y'a un chroniqueur sur LiabilityWebzine.com qui nous a comparé à Joy Division, moi je ne trouve pas... C'est mauvais de se mettre trop d'étiquettes, trop d'influences, c'est essentiel pour les gens qui veulent découvrir mais çà peut être négatif aussi.
Dimitri (Pillow) : Les gens veulent une équivalence, rapprocher d'un groupe qu'ils conaissent, comme c'est instrumental ils sont plus attentifs à la musique, nous on joue avec les ambiances alors on pioche un peu partout, rock, pop... on peut trouver plein d'influences. Même si y'a qu'un bout de mélodie, une petite note qui ressemble à un truc qu'ils connaissent, voilà, ça ressemble... S'il y avait du chant, ils ne feraient pas autant attention aux petites mélodies, ils seraient accés sur le chant...
G : Nous, on a trois grattes, des gens nous posent la question "pourquoi vous avez trois guitares ?", alors qu'il n'y en a pas un qui fait la même chose... Le public n'est pas habitué, il ne discerne pas tout, il faut dire que le public post-rock n'est pas trés large... Dans certais groupes hardcore, ils sont des fois à trois grattes et ils font tous la même chose... Nous, y'a juste un morceau où y'a un passage où on joue la même chose à deux pour donner du punch... "Pourquoi vous avez trois grattes ?" Ca me fait sourire...
S : On n'a pas ce problème là nous ! (rires)

Pillow a signé sur le microlabel Carte Postale Records de façon assez rapide (un mail, un mp3, une démo envoyée et le tour était joué !), Neko est autoproduit...
G : Carte Postale a une bonne réputation en Belgique, c'est des bosseurs, c'est surtout des gars qui se décarcassent en plus de son boulot, disquaire et grossiste en CDs, il y , ils sont dans le milieu de la musique, c'est des passionnés et ça commence à porter ses fruits...
Pillow live au Biplan Pillow live au Biplan Ca reste difficile de sortir un album de rock instrumental
J : C'est sur que tu seras pas signé tout de suite sur un gros label, on est en marge de tout ce qui peut se faire...
S : C'est pas encore notre priorité, on ne s'est pas posé de questions au niveau distribution, tant qu'on sait géré, ça ne pose pas de problèmes mais idéalement il faudrait, surtout pour enregistrer dans de bonnes conditions
G : Ne croyez pas que quand vous serez sur un label, ça ira 10 fois mieux, c'est aussi difficile et même si vous êtes sur un label.
S : Ca ouvre des portes quand même mais ça demande un investissement et quand t'arrives dans une salle ou une maison de disques, ça pose le groupe, c'est pas n'importe qui... C'est mieux que de ne pas en avoir...
G : J'étais un peu comme toi il y a 6 mois ! Après tout dépend du label, de la distribution, tourneur ou pas,… Y'a pas de miracle, il faut du budget, de l'argent pour la promo et surtout des dates !!!
S : C'est peut-être plus simple sur un petit label comme le vôtre avec des passionnés qui vont s'investir à fond qu'un gros truc qui ne verra que la vente, si tu ne vends pas assez... au revoir.
C'est pas un courant encore trés vendeur, il n'y pas de groupes leaders en France... mais il y a un public pour ce style
G : C'est ça qui est fou, peu d'organisateurs font le pas de faire venir des groupes post-rock, on a joué à Mouscron, le gars était sceptique, il nous a vu et il était enchanté, même chose au niveau du public, on a eu de bons retours. C'était une superbe soirée. Beaucoup n'osent pas pour diverses raisons : n'attire pas assez de monde, après 10 minutes, c'est barbant,…et quand ils le font le public suit. Sweek a joué au Bota, le gars était pas trop enchanté et en fait tous les gens voulaient les voir, ils étaient dans la petite salle, la Rotonde, et c'était bourré, y'a une demande du public ! Mais les organisateurs ne donnent pas assez les occasions aux groupes de se présenter...
S : Le post-rock, enfin le vrai post-rock (rires), c'est une musique bien plus exigeante que ce qu'on peut entendre à la radio, il faut faire un effort et peu de gens le font, on baigne dans un univers où tout va super vite, même les radios rock, tout est super formaté... Le post-rock refuse ce formatage, forcément tu peux pas intéresser les labels... Il y a une contradiction...
Vincent (Neko) : Passer un morceau de 13 minutes à la radio, c'est plus délicat !
G : Même Mogwai qui vend plein d'albums ne passe pas à la radio... enfin si lors de la sortie, la nuit, ... mais pas en rotation forte en journée...
S : C'est ça qui est bien aussi, c'est un groupe qui s'est imposé sans passer en radio...
Chez Pillow y'a un titre ultra accrocheur "Discothek"
G : Beaucoup de monde dit ça, tout le monde est emballé par ce titre, il est marrant à jouer, on l'adore sur scène, le public accroche bien mais c'est pas encore assez formaté pour une radio...
Il accroche tout de suite et c'est ce que les radios demandent... alors que le post-rock, c'est assez long en général pour rentrer dedans
S : C'est en ça qu'ils se différencient du post-rock (rires)
G : On est vraiment entre les deux
S : Quand je disais pop, c'est ça, vous travaillez sur l'accroche, c'est pas au public d'aller vers vous, vous faîtes le premier pas...

neko live au biplan neko live au biplan Passons à du concret et plus terre à terre, le choix des titres des morceaux, des albums, c'est aléatoire ? Ou c'est réfléchi et concret ? Y'a pas mal d'ironie...
S : Y'a beaucoup d'ironie !
G : Tu prends n'importe quel morceau de groupe connu, même Low que j'écoute tout le temps, et bien, je ne sais pas te citer un titre ! J'y acccorde pas du tout d'importance, pour Pillow, c'est pareil... On essaye juste de mettre un nom qui colle au morceau pour donner un repère sur l'album, pour que ça évoque quelque chose...
A : Pour le nom Pillow, on a mis chacun 5 noms et on a gardé celui-là... Vote aprés vote... Pour les titres, c'est un peu plus réfléchi en fonction des ambiances...
G : On n'a pas beaucoup réfléchi ! (rires)
Neko est passé de Explicit lyrics à Ghost tracks ...
S : On a gardé une continuité, on avait un premier clin d'oeil, on s'est dit qu'un deuxième ce serait sympa, c'est plus une sorte de second degré, un côté un peu électrolux (rires)...
Ce qui a changé, c'est le visuel !
J : Le premier avait été fait à l'arrache, là c'est Izo qui l'a réalisé, on aime bien son travail, on lui a demandé de s'investir dessus... Le résultat est là, on est trés content, ça correspond à ce qu'on veut faire passer... C'est quelque chose qui est à part entière avec la musique, c'est bien beau de faire de bons morceaux, si tu n'as pas une continuité avec l'image, ça peut te nuire en quelque sorte...
Chez Pillow aussi on fait attention aux photos, aux visuels...
G : On a essayé de faire des photos pour la pochette de l'album, on a fait une grosse série, un rally photo en ville de nuit pour trouver quelque chose qui collait bien à la musique... Et sur certains concerts, on a des projections vidéos, c'est parti de nos idées de visuels et les ambiances nocturnes sans être morbides correspondent à la musique... C'est la nuit avec des couleurs vives, c'est trés conrasté...

Revenons à la musique, en live, vous laissez de la place à l'improvisation ?
G : Ca dépend des titres, y'a de la place...
S : Nous, on n'a pas les épaules assez larges
V : Pas assez d'assurance ou de maîtrise, l'un ou l'autre, on préfère faire un truc assez carré...
S : Y'a quand même plein de petits trucs à la guitare qui changent mais c'est jamais de l'improvisation...
G : C'est pareil chez nous, on a des structures très établies, des fois on repart sur un truc parce que le public a bien accroché... Mais une grosse grosse impro où tout le monde s'y met, non...

Pillow live au Biplan Pillow live au Biplan On termine sur un sujet qui nous tient à coeur, le web... Neko a relancé son site Nekorama.net, c'est un média important ?
G : Clairement ! C'est la seule vitrine qu'on aie...
S : C'est primordial, on a carte blanche, c'est Jérémie le webmaster, c'est là qu'on a le plus de marge pour la créativité, c'est notre vitrine, on n'a aucune contrainte de l'extérieur, peu de contrainte matérielle, on fait ce qu'on a envie !
J : Le site et les EMails c'est un super moyen de contacter les gens, c'est un vecteur important
G : Il faut un soutien aprés, les mails c'est bien, aprés il faut téléphoner, ça permet de créer une ouverture, un premier lien...
J : Sur le site, tu as un premier contact
S : Et c'est sans contrainte, tu balances le mail, si le mec a envie d'aller voir, il y va, s'il est occupé, il le fait plus tard, au téléphone, si tu le déranges, le mec te raccroche au nez s'il le veut !
J : Et si t'es complètement stressé, ça se voit pas, certains ne sont pas convaincants au téléphone, par mail t'as pas de problème... Pour la communication avec les forums, les chroniques, c'est important... Dans les magazines, c'est pas facile, globalement, c'est plus facile d'être chroniqué sur un webzine qui a une portée internationale que sur un mag national... C'est une bonne opportunité !
Le mp3, c'est un passage obligé ?
G : Quand tu vas sur un site de groupe où il n'y a pas de mp3, il manque quelque chose, tu fais le pas, tu vas sur leur site, t'as envie de les découvrir, tu peux commander le CD mais pas écouter. C'est dommage.
A : Si tu écoutes un mp3, ça peut te pousser à acheter l'album, ça devient rare à notre époque ! T'as un aperçu de ce que le groupe fait...