Neil on Impression - L’oceano Delle onde che Restano onde per Sempre A huit, ils sont un orchestre de chambre au format réduit, diffusant des ondes musicales aux sonorités post-rock à travers un océan de musique classique et baroque à la puissance incroyablement évocatrice. En ouvrant L'oceano delle onde che restano onde per sempre sur "Irlanda", Neil on Impression sonne au départ comme la déclinaison latine de la référence Godspeed You ! Black Emperor. Soit la représentation formelle d'une fougue instrumentale peu commune qui se décide à affronter l'océan et ses tourments, ses courants ascendants et ses déferlantes qui résonnent ici comme autant d'envolées émotionnelles. Si le résultat n'est pas encore à la hauteur de l'oeuvre des maîtres du genre, la suite va complètement occulter ce premier titre en multipliant les pistes. Car les huit Italiens vont alors bâtir patiemment des compositions aux constructions complexes et distiller des climats qui oscilleront en permanence entre calme et tempête, orage et apaisement, certes relatif ("Barone", "Il jaro e la balena", "Il giardino dei riflessi"). Math-rock, free-jazz, post-rock/classique et musique de chambre, les Italiens délivrent ici un étonnant mélange qui suppose pourtant de posséder un goût certain pour les assemblages musicaux non-anachroniques et inspirés, mais également une maîtrise technique et une fluidité de tous les instants. Les Neils on Impression ont les deux. On n'a pas ici huit musiciens mais huit chefs d'orchestre qui se relaient pour diriger et interpréter des morceaux sur lesquels viennent se mêler : piano, synthés, guitares, violons, trompettes, violoncelles, batterie pour des résultats qui atteignent quelques fois des sommets d'élégance mélodique ("Centimetri davanti all'orizzonte", "I deserti si muovono"...). Contre vents et marées, le groupe s'affranchit peu à peu des influences que l'on avait en vain tenté de lui coller. Chaque plage musicale étant différente de la précédente, on a parfois l'impression que le groupe interprète une partition de musique classique post-moderne armé d'un esprit rock, parfois que c'est l'inverse, souvent que c'est en fait un peu des deux. Et comme c'est le cas en même temps, on ne peut qu'être troublé par la maestria dont font preuve ces huit musiciens. Holidays Records et Sons of Vesta avaient sorti l'album en double vynil courant 2008, Denovali Records a eu, comme souvent, l'excellent idée de le faire presser au format CD et dans un digipak particulièrement réussi qui plus est. La classe en sommes...