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Nehr est un trio rock formé en 2005 par une bassiste chanteuse (Audrey Henry), un batteur (Jef Ertle) et un guitariste (Julien Guerreau). "Trip rock" aux textes français mais aux influences anglo-saxonnes (Tool, Smashing Pumpkins, Radiohead), ce trio originaire de l'Essonne débute par une démo puis sort un maxi de 6 titres en 2007. Agissant en autoproduction avec l'association Mes Autres, Nehr sort son premier album, Nerfs, en janvier 2009 et disponible en numérique depuis début octobre. Notons que ce groupe se produit sur scène à la fois en set acoustique et électrique. Après avoir défendu bec et ongles sur scène leur premier album, le trio s'est remis au travail en 2010 pour sortir en digital, dans un premier temps, leur second opus intitulé Transe moderne. L'année suivante, ce dernier (re)voit le jour en format CD.

Nehr / Chronique LP > Transe moderne

Nehr - Transe Moderne Après la tournée de 70 dates qui a suivie la sortie de Nerfs en 2009, le trio rock Nehr n'a point voulu se reposer sur ses acquis. Stakhanovistes et DIY dans l'âme, les Essonniens n'avaient en tête que de poursuivre rapidement sur l'élaboration d'un deuxième album. C'est avec l'aide de Grégory Jurado, directeur des Cuizines, salle de concerts située à Chelles, qu'Audrey, Julien et Jef ont bénéficié de ses locaux pour répéter, enregistrer et peaufiner ce qui allait être Transe moderne. Et comme le trio ne dépendait que de lui-même pour mettre en boîte son nouveau bébé, auto-production oblige, l'album fut disponible rapidement en digital dès octobre 2010.

Transe moderne poursuit cette tradition de la passion exaltée pour la création, celle qui mêle les mots de notre vertueuse langue à la musique rock. Dis comme ça, certains oseraient crier au scandale tant l'alchimie entre les deux mondes s'est souvent révélée casse-gueule et insupportable. Il n'en est point pour Nehr qui, s'il avait opté pour la langue de Shakespeare, aurait surement sonné comme un groupe quelconque. D'ailleurs, la seule chanson concernée ("Curious philosophy") s'en sort grâce à ses structures alambiquées et extatiques. Le chant est un véritable instrument au sein de cette formation, Audrey maniant les notes avec grâce et maniérisme le tout avec une aisance naturelle face aux différentes rythmiques composant ce 14 titres. Tantôt tourbillonnant, tantôt lancinant.

Comme ses prédécesseurs, Transe moderne a des idées, beaucoup même, à tel point que les premières écoutes peuvent se traduire par une indigestion malgré la beauté de son contenu ("Veines", "Aurore" ou encore "Loin de là"). C'est tout le paradoxe du trio qui peut par moment charger son disque en tension puis passer dans la minute en mode acoustique ou finir par s'enfermer dans une bulle électronique. Assez déstabilisant pour une œuvre complexe et simple à la fois issues d'influences qui le sont toutes autant (Tool, Nine Inch Nails, PJ Harvey). Insaisissable, angoissant et hypnotisant, ce disque (disponible depuis octobre 2011) porte finalement son nom à merveille.

Nehr / Chronique LP > Nerfs

Nehr-Nerfs Le mot "nerf" hante Nehr. C'est assez rare pour le souligner mais c'est bien la première fois que je constate la présence du même mot dans deux titres d'albums d'un artiste (le premier EP sorti en 2007 s'intitulait Regarde mes nerfs). Pour couronner le tout, la formation francilienne porte le même substantif mais orthographié différemment. Ouf ! Je m'en serais presque choppé une crise... de nerfs. Mais quel lien y-a-t'il donc entre ce trio et l'organe ? Loin de moi l'idée de lancer un débat surtout que le sujet ici est purement musical. Si Nehr se donne à cœur joie dans le "nerveux" sur certains passages, il n'en reste pas moins avant tout un groupe rock qui varie les atmosphères aussi bien calmes que tempétueuses. Trip rock comme ils aiment si bien se décrire, terme qui pour le commun des mortels n'est que broutille et insignifiance, la musique des Essonniens a le mérite d'interpeller. Chantées adroitement en français par Audrey, également occupée à la basse, les compositions de Nehr oscillent entre successions de rythmes entrainants et plus ou moins tribaux inspiré par un Danny Carey (Tool) sans sa quinzaine de toms et des guitares à la fois incisives, mélodieuses et aériennes. Le son de la basse rond et puissant donne de l'ampleur à la poésie de madame plutôt bien construite pour le coup. En effet, là où beaucoup de formations françaises tentent tant bien que mal à mettre en valeur des textes dans la langue de Molière, Nehr passe l'obstacle de l'insipide et de l'irritation. Mais comme tout album à forte personnalité, la mise en bouche n'est pas aisée. Un temps d'adaptation est recommandé pour apprécier cette œuvre à sa juste valeur, le chant - contrairement à la musique - n'étant pas totalement accrocheur au départ. Une fois ce cap passé, comment ne pas se délecter d'un "rester", titre aux saveurs orientales et aux effusions post-rock ou d'un "Communiquer" très Toolesque et à la voix sombre et sensible ? C'est après une heure d'enregistrement entrecoupée de trois interludes que Nehr nous quitte avec "Sous ta peau" et un premier album surprenant totalement fait par leurs soins. Et rien que pour ça, ils méritent que l'on aille les voir en concert pour qu'ils nous jouent un air.