Nehr-Nerfs Le mot "nerf" hante Nehr. C'est assez rare pour le souligner mais c'est bien la première fois que je constate la présence du même mot dans deux titres d'albums d'un artiste (le premier EP sorti en 2007 s'intitulait Regarde mes nerfs). Pour couronner le tout, la formation francilienne porte le même substantif mais orthographié différemment. Ouf ! Je m'en serais presque choppé une crise... de nerfs. Mais quel lien y-a-t'il donc entre ce trio et l'organe ? Loin de moi l'idée de lancer un débat surtout que le sujet ici est purement musical. Si Nehr se donne à cœur joie dans le "nerveux" sur certains passages, il n'en reste pas moins avant tout un groupe rock qui varie les atmosphères aussi bien calmes que tempétueuses. Trip rock comme ils aiment si bien se décrire, terme qui pour le commun des mortels n'est que broutille et insignifiance, la musique des Essonniens a le mérite d'interpeller. Chantées adroitement en français par Audrey, également occupée à la basse, les compositions de Nehr oscillent entre successions de rythmes entrainants et plus ou moins tribaux inspiré par un Danny Carey (Tool) sans sa quinzaine de toms et des guitares à la fois incisives, mélodieuses et aériennes. Le son de la basse rond et puissant donne de l'ampleur à la poésie de madame plutôt bien construite pour le coup. En effet, là où beaucoup de formations françaises tentent tant bien que mal à mettre en valeur des textes dans la langue de Molière, Nehr passe l'obstacle de l'insipide et de l'irritation. Mais comme tout album à forte personnalité, la mise en bouche n'est pas aisée. Un temps d'adaptation est recommandé pour apprécier cette œuvre à sa juste valeur, le chant - contrairement à la musique - n'étant pas totalement accrocheur au départ. Une fois ce cap passé, comment ne pas se délecter d'un "rester", titre aux saveurs orientales et aux effusions post-rock ou d'un "Communiquer" très Toolesque et à la voix sombre et sensible ? C'est après une heure d'enregistrement entrecoupée de trois interludes que Nehr nous quitte avec "Sous ta peau" et un premier album surprenant totalement fait par leurs soins. Et rien que pour ça, ils méritent que l'on aille les voir en concert pour qu'ils nous jouent un air.