Needlepoint - The diary of Robert Reverie Comme je savais qu'il y serait sensible, j'ai fait écouter The diary of Robert Reverie à mon père, amateur du rock des années 60 et 70 et en particulier de la mouvance psyché/pop/prog. Ça n'a pas manqué il a beaucoup apprécié ce nouvel album de Needlepoint m'interrogeant d'abord sur la date de sortie dudit disque, comme si un tel opus sorti il y a 50 ans avait pu lui échapper. Non, c'est bien une galette toute fraîche (mai 2018) que nous servent les Norvégiens. La filiation avec Caravan lui a semblé être une évidence, c'est une de celles que revendique le groupe, moi j'en avais trouvé une autre, surtout via le chant, celle avec Syd Barrett (Pink Floyd), là encore, les Nordiques sont fans. Ils ajoutent même Robert Wyatt (Soft Machine) et Camel dans leur liste de mentors. Je ne les connaissais pas mais d'après leur aveu, c'est dans ce quatrième album qu'ils ont poussé le plus loin leur amour pour les sixties...

Ce projet de Bjorn Klakegg (compositeur, guitariste, chanteur, créateur du label BJK Music...) respecte les codes du passé avec de jolies couleurs (et pas seulement celle des dessins réalisés par son frère) apportées par les instruments emblématiques que sont l'orgue Hammond (le son des Doors si ça ne te parle pas) ou le piano Rhodes (aussi utilisé par Grateful Dead si ça ne te parle pas non plus) et le jeu délicat sur les percussions (je retrouve un peu l'ambiance de celles du More des Pink Floyd), guitare et basse sont quant à elles saturées juste ce qu'il faut pour donner un peu de grain à l'ensemble et donner davantage d'éclat au chant très clair et mélodieux. Pour encore plus coller à l'époque, le quatuor basé à Oslo donne également dans le concept album, ils nous racontent l'histoire de Robert Reverie dont le nom est lui aussi assez évocateur, on est promené dans son petit monde entre onirisme et jazz-rock, entre songe et pop-prog, entre douceur et mélancolie.

Si tu cherches à faire un saut dans le passé pour te replonger dans une autre époque, The diary of Robert Reverie est une belle opportunité pour (re)découvrir un autre monde (avec le son d'aujourd'hui), l'opus permet autant l'exploration de l'histoire du rock que la poursuite d'autres pistes presque parallèles (folk, jazz, prog, low-fi...).