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Biographie > The National (Anthem)

Originaire de Cincinnati, Ohio mais désormais basé à NYC, toujours aux USA donc, The National évolue depuis ses débuts, en 1999, dans un registre indie-rock/post-punk qui en fait l'un des fers de lance de cette scène outre-Atlantique. En douze ans de carrière le groupe, qui a connu comme beaucoup d'autres quelques remous au sein de son line-up a sortir cinq albums studios : The National (2001), Sad songs for dirty lovers (2003), Alligator (2005), Boxer (2007) et High violet (2010), ainsi que deux EPs (Cherry tree (2004) et The Virginia EP en 2008) et une flopée de singles. Outre sa carrière musicale, The National s'est également distingué aux USA par ses engagements politiques (en faveur de Barack Obama, la liberté du Tibet etc...) et ses participations à de très nombreux concerts organisés par des fondations caritatives.

The National / Chronique LP > High violet

The National - High violet Lettre posthume à Victor Hugo

Mon cher Victor,
Je sais que vous continuez à nous observer de votre œil acerbe et bienveillant de là où vous êtes et cette sortie ne vous a sans doute pas échappé tant elle illustre à merveille votre maxime qui ne l'est non moins : "la mélancolie, c'est le plaisir d'être triste". Je rajouterais même que ce quintet musical esquisse en musique la richesse du romantisme que vous définissiez de votre plume au travers de vos nombreux récits.
Le romantisme, donc : cet exacerbation des sentiments, cet état à vif, à la fois ouvert aux mille et une merveilles du monde comme à sa laideur insondable.
De la douleur et de la douceur avec des petits morceaux de joie désabusée dedans en somme.

Pour en venir à l'œuvre en question, il s'agit d'un bloc compact, fluide et homogène.
C'est un cocon de soie dans lequel on se régénère.
C'est une tasse de thym et de miel savourée au pied d'un feu de cheminée un froid jour d'hiver passé sous le fin et persistant crachin de la misère humaine.
C'est un ami sincère qui vous réconforte sans apitoiement mais avec chaleur de la perte récente d'un proche.
C'est un plaidoyer de la belle souffrance, celle que l'on accepte, celle qui nous rapproche, nous humanise et nous fait murir tel un grand vin.
C'est un baume du tigre qui libère les émotions.
C'est un modèle, un grand frère élégant et raffiné qui vous apprend à libérer vos sentiments, à être un homme, un vrai, de ceux qui ne se cachent pas pour pleurer mais qui s'assument.
C'est une aura protectrice, c'est une sagesse héritée du fond des âges, c'est la relativité.
C'est un paysage d'automne avec ses beaux soleils mourants et ses feuilles lacrymales, ses petits vieux sur leurs bancs, qui contemplent les vestiges de leurs anciennes vies, ses escadrons d'oiseaux qui migrent vers des temps plus cléments, et la vie qui se ralentit, entre en hibernation.
C'est un souvenir émouvant que l'on savoure avec une pointe d'amertume.
C'est une carapace que l'on ôte pour mettre son âme à nu, faire vibrer sa chair et en ressortir grandi.

Voilà, mon ami, je ne sais jamais trop comment terminer mes lettres, alors je dirai juste que j'ai pris plaisir à partager avec vous et j'espère vous avoir touché avec mes écrits. Coulez-vous donc un bain de cet hydromel doux aux oreilles, c'est un conseil d'ami.

Veuillez agréer très cher, l'expression exaltée de mon admiration et de mon respect véritable.