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Pop core rouge, voilà ce que veut que l'on retienne d'eux les MyPollux, une couleur qui cache des histoires et un style qui se veut ouvert et accessible (le terme "métal" ferait-il peur ?). C'est autour de Lussi (chant) et de Max (batterie) que se monte le groupe à partir d'octobre 2001. Quand Karim (guitare) et Maxime (basse) intègrent la formation, les concerts s'enchaînent et une première démo (5 titres) s'écoule à 500 exemplaires autour de Nancy. Aujourd'hui, Yann a remplacé Karim et Florent a pris la relève de Maxime. A l'été 2003, ils se lancent dans la construction d'un album, il sort de manière autoproduite en octobre 2004 (dispo chez musicast), ce Trouble amarante bénéficie de l'expérience live du groupe qui a déjà croisé la route de X-Vision, Jorane, Guano Apes, Mass Hysteria, Oomph!, Enhancer et très récemment de Watcha et Pleymo (au Zenith de Paris...).
Signé chez On Music, un label de Warner France (avec Blankass...), MyPollux sort Contraires en 2006... Parmi les nombreux concerts qu'ils donnent, trois sont plus riches en souvenirs, ceux où ils ouvrent pour KoRn !

Interview : MyPollux, My interviux (oct. 2007)

MyPollux / Chronique LP > Dédales

MyPollux - Dédales Troisième album de la vie de MyPollux, celui de l'entrée dans l'âge adulte, les poupées et le thème de l'enfance sont de l'histoire ancienne, Dédales est plus axé sur la haine, la colère, l'innocence trahie, un panorama des tourments de l'âme... dans des textes sombres et aux interprétations multiples. Les mots sont toujours choisis avec soin mais Lussi joue bien moins avec eux pour nous faire sourire ("L'emprise") et les refrains moins guillerets et animés d'une dynamique plus sombre réfrènent les envies de chanter. L'écriture reste très poétique mais comme les guitares et certains éléments de batterie (les toms notamment), c'est très sombre, le labyrinthe musical dans lequel évolue MyPollux ressemble à celui de l'artwork : austère, peu engageant et manquant de clarté, ce dédale est loin des labyrinthes végétaux ou d'être un jeu, il est donc bien plus proche de ses origines mythologiques. Je me fais ici une joie de rappeler que Dédale est l'architecte athénien qui fut chargé de construire un endroit où on enferma le Minotaure, il y fut lui aussi enfermé et ne put en sortir que par la voie des airs (avec son fils Icare), la légende veut que seules 3 personnes soient sortis de ce fameux "labyrinthe". Bref, Dédales (au passage, rien à voir avec Dédales) est plutôt obscur et si les architectures de l'album sont moins complexes que les plans du lieu, elles sont toutes aussi efficaces. Le son est moins clinquant que sur Contraires mais là encore, colle assez bien à l'atmosphère, bravo donc à Yann, le guitariste, qui a géré l'enregistrement et le mixage.
MyPollux vieillit et évolue, la "fraîcheur" a fait place à la "noirceur", et si ce Dédales est moins marquant que l'album précédent c'est aussi qu'il ne bénéficie pas de l'effet de "surprise". A moins que tu ne les découvres que maintenant...

MyPollux / Chronique LP > Contraires

MyPollux : Contraires On avait prévenu, il fallait suivre l'histoire de MyPollux ! En à peine 2 ans, ils sont passés du statut d'espoir autoproduit sortant un premier album à groupe signé à ne pas contourner avec sous le bras un excellent nouvel album ! Si Trouble amarante laissait entrevoir de nombreuses qualités, elles sont toutes sublimées par Contraires ! La force des mélodies, le tranchant des guitares, la puissance des rythmiques, les artworks rougeoyants, tout a de la classe et on se retrouve vite piégé à écouter en boucle la galette (et à massacrer à tue tête quelques refrains, désolé Lussi...).
Je ne veux pas grandir, le leitmotiv des MyPollux se place dès "Ego" (il était présent sur Trouble amarante et on le retrouve sur un "Contrego" où piano, cordes et choeurs s'unissent pour nous inquiéter) plantant le décor avec un théme récurrent, celui de l'enfance. Mais les premiers riffs de "Chrysalide" tiennent plus du Pan (la déflagration) que de Peter (et son syndrôme), ce titre, le meilleur de l'album selon moi, met en valeur toutes les qualités du combo, notamment sa capacité à nous ensorceler par sa voix que les instruments laissent nous sussurrer délicatement à l'oreille (Toutes tes pupilles ont une saveur pailleté...) avant qu'un effet nous encercle et qu'une deuxième couche ne nous mette à genoux, les guitares s'éclatent pour faire la jonction et viendront se jouer de nous lors du deuxième refrain, et pour ceux qui ne seraient pas encore conquis, Lussi se lache un peu avant la fin dans un passage assez violent qui me force à la comparer à Candice (Eths), une impression confirmée par un "Par défaut" halluciné et hallucinant de par l'ampleur du spectre vocal. Très métal dans le son général, le chant reste cependant ultra accessible, les réfractaires aux grosses voix ne sourcilleront même pas lors des choeurs de Joe (Gojira) sur "Coffre à souhaits", sa présence étant encore plus discrète que celle de Bob de Watcha sur le "Leïloqô" de Trouble amarante.
Exit l'anglais, tout Contraires est en français, que vais-je donc bien pouvoir trouver à redire sur l'opus ? Allez, une petite pique sur un titre de chanson pas franchement inspiré : "Qui dort dîne" (le titre, pas la chanson), si on ne connaît pas l'histoire de l'adage (cf les commentaires), le Qui dort dîne tombe comme un cheveu sur la soupe (même si dans les deux sens du terme, il n'y a pas de soupe...). Dommage car les autres libertés que MyPollux s'octroie avec les mots sont plutôt rafraichissantes, telle cette nouvelle version du Marabout / Bout de ficelle sur "Notre nouveau monde". Enfin, c'est un détail histoire de pinailler et de ne pas s'avouer vaincu sans se défendre aprés la délicieuse harmonie imitative Toutes mes papilles semblent papilloner...
Pop et métal n'ont que rarement fait aussi bon ménage, faisant aussi parfois le ménage et c'est ce petit manège qui m'enchante !

MyPollux / Chronique LP > Trouble amarante

mypollux : trouble amarante Sur des bases de rock dur voire métal, poser un chant féminin à la fois énergique et délicat n'est jamais évident, sur ce premier album MyPollux évite les écueils et s'en sort avec brio. Sans que les instruments n'apportent une quelquonque révolution dans le rock, leur mariage avec le chant de Lussi est trés réussi et fait de Trouble amarante un album trés plaisant. Le chant est essentiellement en français, quand il passe à l'anglais, on pense irrémédiablement à Guano Apes, l'énergie, les intonations et les relances de "I don't care" sont de cet acabit (donc d'un trés bon niveau !) mais le groupe perd alors de sa personnalité. C'est en effet en français qu'il est plus à l'aise et nous charme avec ses textes et ses ambiances ("Nuit blanche", "Madame est tranquille", "L'éclat"...), la basse nous surveille, les guitares nous enrobent ou nous érodent, la batterie cadre le tout, il ne reste qu'à se laisser emporter dans les histoires du groupe. L'ensemble tient trés bien la route malgré quelques maladresses, ne fallait-il pas clore l'album avant "Eclipse de sommeil" ? Et mettre le "(si je m'endors)" en bonus quelque part... Si MyPollux a fait parler de lui, c'est entre autre grâce à la participation de Bob de Watcha sur le titre "Leïloqô", cette chronique n'échappe donc pas à l'étude de cas... Langue étrangère, orchestration symphonique, piano, ça commence doucement, El Butcho se fait discret, protecteur et la machine à rythmes se met en route, dynamise le titre qui se recalme trés vite, ceux qui espéraient un morceau nu-rock-métal avec du haut débit en sont pour leurs frais, ceux qui n'attendaient rien profitent de ces instants de douceur...Sans réinventer quoi que ce soit, MyPollux apporte sa dose de groove, d'énergie, de funk, de trip expérimental dans un pop-core charnel et charmeur, à suivre...