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Biographie > My Vitriol

La presse anglaise ne parle qu'en plus grand bien d'eux depuis quelques mois déjà. Alors quand on connaît la férocité des propos de celle-ci à l'égard de certains groupes d'outre-Manche, il était temps pour nous de s'attarder un peu sur ce groupe Londonien et leur première galette Finelines, disponible dans nos bacs depuis 1 mois (2001). Seth, Som, Ravi et Carolyn sont carrément annoncés comme le futur du rock anglais ! L'année suivante, le groupe poursuit sur sa lancée et ressort son premier album en l'accompagnant cette fois d'un deuxième CD compilant les démos et autres raretés du groupe : Finelines / Between the Lines, puis alors que l'on groupe capable de règner durablement sur le Royaume-Uni, c'est le trou noir. Et My Vitriol d'accéder peu à peu au rang de culte, après un seul et unique véritable album. Mais qui restera uniquement. Du moins c'est ce que l'on pense pendant longtemps.
Puis vient ce moment où une rumeur fantaisiste puis de plus en plus persistante commence à se propager sur le net fin 2005, le groupe serait de retour et préparerait un nouvel album. La rumeur se transforme en info lorsque le groupe annonce officiellement être en train de plancher sur ledit album courant 2006 et balance même quelques démos via sa page myspace. Doucement, le buzz prend forme et My Vitriol toujours soucieux de cultiver sa hype sort alors un "collected live recordings" intitulé Cast in Amber à l'automne 2006, mais en édition limitée, l'objet n'étant dispo que via son site officiel. Et pendant ce temps, la sortie du tant attendu deuxième effort du groupe se fait attendre...

Interview : My Vitriol, Interview de My Vitriol (mars 2001)

My Vitriol / Chronique EP > A pyrrhic victory

my_vitriol_a_pyrrhic_victory.jpg Après un premier album, réédité dans une édition double CD (Finelines / Between the Lines), un "live recordings" en édition limitée (Cast in Amber), un single sorti sous un pseudo il y a quelques semaines, voici que My Vitriol active le mouvement et livre au début de l'été un EP en forme de préambule au futur album... qui ne sera, rappelons-le, que leur deuxième. Où comment faire naître un buzz autours d'un groupe via une stratégie marketing savamment orchestrée. Cela dit, les natifs de Bristol ont déjà montré qu'ils en valaient la peine et ce n'est pas ce A pyrrhic victory qui viendra démontrer le contraire. Un premier single, déjà dispo depuis quelques semaines sur iTunes et My Vitriol enclenche la marche avant avec "War of the worlds". Un single purement émo-rock aux guitares lascives et à la mélodie ténue, efficace et entêtante. Entre pop émotionnelle gracile et instrumentations rock soignées, le groupe retrouve ce qui faisait la force des "Grounded", "Moodswings" ou "Always your way" de leur premier effort.
Un seul morceau et les My Vitriol occupent déjà le terrain. Un second titre plus pop, et ambiancé plus tard ("Lord knows how I've tried") et le groupe joue dans la cours des Coldplay, Dredg et autres AaRON... Mélancolie à fleur de peau, refrain cathartique, atmosphères noctambules baignant dans un spleen déchirant, voilà un deuxième single gorgé d'effets à l'intensité émotionnelle incomparable. Sublime. Pourtant, un peu lunatique pour le coup, le quartet de Bristol ne poursuit dans la même veine et se fend alors d'un "Toy soldier", très innoffensif, bassement émo et tristement quelconque. Le coup de la panne de la part d'un groupe qui pour beaucoup, à pas mal de choses à prouver pour démontrer qu'après un coup de génie et cinq ans d'absence, il est toujours capable des mêmes fabuleux éclairs émo-rock qu'auparavant. Un petit coup d'épée dans l'eau que My Vitriol s'applique à corriger avec le quatrième et dernier morceau de cet EP : "ElectroWar" (The Son of Robot remix). Un titre éléctro-rock en grande partie instrumental aux arrangements raffinés et aux ambiances hypnotiques. Une mélodie simpliste mais qui se visse instantanément dans notre esprit, une rythmique enlevée et des choeurs envoûtants. Basique, urgent, mais tellement efficace... En attendant forcément la suite...

My Vitriol / Chronique EP > A secret society

my_vitrio_a_secret_society.jpg Depuis 2002, date de la réédition en double CD de son premier et à ce jour seul album (Finelines / Between the Lines), et jusqu'à l'an dernier, c'était silence radio du côté de My Vitriol. Un album devenu culte au fil des années et puis plus rien, sinon l'assurance supposée que le groupe ne s'était pas séparé et quelques concerts donnés Royaume-Uni de manière épisodique. Puis surprise, au printemps 2005, le groupe annonce par la voix de son site internet qu'un deuxième album est en préparation. A l'automne, une démo inédite fait son apparition sur la page Myspace des natifs de Bristol, puis de nouveau silence sur la ligne. Pendant un an, le groupe se fera encore une fois très discret et finalement les choses s'activent sérieusement fin 2006. My Vitriol sort via son site internet un album live Cast in Amber et annonce un single pour le printemps 2007.
Au printemps, alors que le single est finalement repoussé au mois de juin, le label anglo-saxon Org Records propose au groupe de sortir un single inédit, dans le cadre de ses Org-an-ised Single Series, le tout, sous le pseudonyme de A Secret Society. Limité à un millier d'exemplaires, uniquement en commande via le site du label, l'objet n'est que la troisième sortie d'un groupe qui a su se faire particulièrement rare pour mieux paufiner son art. Premier des deux morceaux présents sur ce single, "This time" nous renvoie aux heures de Finelines soit près de six ans en arrière. Les guitares sont toujours aussi puissantes, les arpèges flamboyants et exaltantes, rythmiques percutantes et chant en parfaite communion avec les instruments, My Vitriol ou plutôt A Secret Society n'a rien perdu de sa capacité rare à composer des mélodies qui viennent se visser instantanément dans notre esprit. Single idéal d'un groupe qui n'a plus montré grand chose depuis plusieurs années, "This time" a quelque chose d'évidemment rassurant à l'heure où le groupe annonce son grand retour discographique. Deuxième morceau de ce single, "It's a shame about ray" est une reprise urgente et ultra-efficace des Lemonheads. Là encore, My Vitriol assure plus que le minimum syndical parvenant à respecter l'essence de l'original tout en insufflant suffisamment de personnalité à cette face-B pour que personne ne puisse remettre sa pertinence en question. Après un long silence, le gang de Bristol ne semble rien avoir perdu de ce qui faisait sa force au début des années 2000. A suivre donc le plus rapidement possible...

My Vitriol / Chronique LP > Cast in Amber

my_vitriol_cast_in_amber.jpg Quatre ans..., c'est ce qu'il aura fallu attendre pour avoir droit à une nouvelle offrande de My Vitriol. Et encore il ne s'agit "que" d'un live et dispo en édition limitée qui plus est. Dans le genre culte d'ici deux à trois ans, on ne fait pas mieux. Mais en même temps, on a droit à un bien bel objet avec ce Cast in Amber. Onze titre (seulement.) mais une set list parfaite blindée jusqu'à la moëlle par les nombreux singles et hits ultimes que le groupe a pondu lors de ses débuts discographiques. Un son à la hauteur de la qualité des compositions du groupe, des titres qui s'enchaîne à merveille et un groupe qui démontre sans discussion possible que ses morceaux, déjà bétons en studio, sont également taillés pour le live. Et des titres tels que l'énorme "Deadlines" d'intro ou "The Gentle art of choking" de gagner en puissance et intensité ce qu'ils perdent en spontanéité.
My Vitriol a enregistré ce live lors de son passage à la Ilsington Academy en Janvier 2005 et dire que le groupe a largement eu le temps de rôder les titres (tous déjà présents sur Finelines ou Between the Lines) relève de la gageure. De "Grounded" à "Ode to the red queen", les anglais alignent les tubes absolus et n'ont pas besoin d'en faire des tonnes pour conquérir l'auditeur. Des mélodies enjôleuses ("Infantile", "Cemented shoes"), des riffs puissants et entêtants (l'excellent "Moodswings", "Tongue tied"), le groupe est revenu sous les feux de la rampe après une longue absence et semble prêt à en découdre. Et hop, transition, on jette une oreille plus qu'attentive sur l'intriguant bonus de ce Cast in Amber.
Rien moins qu'un sampler démo de ce à quoi ressemblera le deuxième album du groupe. Et s'il est toujours délicat de se faire une idée précise de ce à quoi peut ressembler un disque en n'en écoutant en avant-première qu'à peine plus de six minutes, ce que l'on peut dire après la découverte de ce sampler, c'est que My Vitriol semble avoir gagné en matûrité. Les quelques extraits qui nous sont proposés semblent tous être dans la logique du "pareil qu'avant mais en mieux". A savoir : plus puissant, plus rageur, mieux maîtrisé qu'auparavant, toujours aussi inventif alors que les mélodies paraissent bien plus travaillées qu'auparavant. En clair, ce sampler est plus qu'alléchant et ce petit aperçu de ce à quoi devrait ressembler le prochain effort a largement de quoi attiser notre curiosité. En espérant que ledit album ne se fasse pas trop attendre.

My Vitriol / Chronique LP > Finelines / Between the lines

my_vitriol_finelines_between_the_lines.jpg >Flashback 5 ans en arrière, nous sommes en 2001 et sort Finelines, premier album de My Vitriol. Un disque bardé de singles monstrueux qui met une grosse mandale derrière la nuque des amateurs purs et durs de rock alternatif anglo-saxon. Le groupe vient de poser une mine sur la scène rock internationale et Infectious Records, flairant le potentiel énorme du groupe, décide de capitaliser sur le succès de Som Wardner et sa bande pour en remettre une couche l'année suivante. Finelines / Between the Lines voit donc le jour en 20002. Réédition retravaillée avec un nouveau mixage, doublée d'une seconde galette compilant B-sides, démos et autres raretés de My Vitriol, l'objet sent à plein nez l'opportunisme commercial. Et pourtant.
Avec ce type de réédition gorgée de bonus, c'est toujours la même histoire, on a les die-hards fans collectionneurs qui se précipitent dessus pour tout posséder de leur groupe fétiche. et les autres qui passeront la main parce qu'ils se sont déjà procurés Finelines l'année précédente et qu'ils n'ont pas envie de délier les cordons de leur bourse pour si peu. On peut comprendre. Mais dans le même temps, l'éclectisme qui caractérisait le tracklisting de son premier effort laisse à supposer que les raretés peuvent avoir leur intérêt. Car le groupe a su composer des titres tantôt facilement commerciaux (le très indie pop "Grounded"), tantôt plus rock abrasif ("Losing touch", "Under the wheels"), quand ils ne versent pas dans un rock alternatif tellurique aux tendance métalliques de premier choix ("C.O.R"). Alors qui de ces démos, faces B et titres inédits ?
Il y a du très haut niveau, comme du relativement oubliable. Une pépite instrumental en intro ("Deadlines"), des brûlots rocks aux guitares incisives ("Moodswings", "Wait a minute") des pop-songs précieuses aux atmosphères feutrées ("Spotlights"), comme des titres plus quelconques et dont on comprend pourquoi ils ont été au départ écarté du tracklisting de l'album (Oh father, Another lie). Ce Between the lines recèle également quelques morceaux acoustiques, dont le single "Always your way", mais également le merveilleux "Windows & walls" et son clavier enchanteur. Encore une fois, le maître mot caractérisant l'oeuvre de My Vitriol semble être l'éclectisme. Cette étonnante faculté à pouvoir passer d'un genre à l'autre sans jamais céder à la facilité, à livrer des compositions au potentiel commercial indéniable un instant, et se fendre d'un titre aux arrangements plus expérimentaux l'instant d'après. Sans doute l'inspiration et le talent rare d'un groupe dont la confirmation tardera pourtant à venir.

My Vitriol / Chronique LP > Finelines

My Vitriol : Finelines Il faut reconnaître à ces quatre enervés de la six cordes une mâturité impressionnante pour un premier jet. En effet Finelines est un vrai album de rock. Comprenez par là que les compositions sont de haute facture, énervées, la voix divinement posée au gré des mélodies, et, grande surprise, la maîtrise des effets omniprésents sur les guitares de Som et Seth est tout simplement monstrueuse. Ces effets qui, aux premières écoutes, pourraient vous faire croire que la production est trop polie, voire lissée, sont finalement un des atouts majeurs de My Vitriol. Le delay, omniprésent sur la guitare tantôt mélancolique, tantot rageuse de Seth, couplé aux formidables compositions de Som nous plongent dans un pur moment de bonheur. C'est le son My Vitriol....
Alors futur du Rock anglais ? Je dirais plûtot, futur du rock tout court, car ici on a plûtot a faire à une production (de Chris Sheldon) à l'américaine. Et c'est là, une fois de plus, l'excellent point que l'on accordera a My Vitriol. Là où de nombreux groupes anglais sonneront irrémédiablement pop anglaise, la production de ce premier album nous fera plus lorgner vers Dinosaur Junior ou les Foo Fighters plûtot que de se contenter uniquement de comparaisons faciles avec My Bloody Valentine. Avec ses 16 titres toutes guitares dehors, cet album de My Vitriol, où planent les ombres de Billy Corgan (Smashing Pumpkins) et Thuston Moore (Sonic Youth), est tout simplement magnifique, plein de fraîcheur et, tout en étant assez novateur, ralliera a sa cause tous les amateurs de power pop. Chino des Deftones ne s'est pas trompé en leur annoncant beaucoup de succès, loin de là…Restait à voir la bête en live, pour confirmer tout le bien que l'on pense (déjà) de My Vitriol...