My Own Private Alaska - MOPA (Réédition) Exercice de style : chroniquer une deuxième fois un disque déjà décrypté dans ces mêmes pages un an et demi plus tôt. Stérile, absurde ? Peut-être. Ou pas. En dix-huit mois, My Own Private Alaska a muri dans la mémoire, le groupe est resté sous les feux de l'actualité, les critiques positives et négatives se sont empilées, nourrissant de fait notre propre analyse du phénomène, la réédition du premier EP du groupe était donc l'occasion idéale pour appréhender une deuxième fois le cas MOPA. Avec beaucoup de recul.
L'histoire est connue maintenant : un trio de musiciens chevronnés qui montent un projet un peu en marge, hors des cadres habituels du rock, du metal ou de leurs dérivés, un premier EP qui a la particularité d'être distribué dans un boîtier DVD et là, un producteur renommé (Ross Robinson) qui contacte les membres du groupe directement pour leur proposer de produire leur album. Disque qui se fait du reste attendre depuis quelques mois et qui permet justement au label Suisse Division Records (ASIDEFROMADAY, Forceed, Kehlvin, Seethings, Shelving, Unfold) de sauter sur l'occasion de rééditer la première bombe du groupe. Le tout livré dans un digisleeve classieux et élégant avec un nouvel artwork mais un tracklisting rigoureusement respecté. Session de rattrapage pour retardataires.
Les arpèges de claviers qui coulent sur un piano dirigeant la mise en scène, des hurlements que le vocaliste égrène comme autant de coup de boutoirs screamo-rock, une batterie qui joue les arbitres entre les deux, MOPA dévoile ses éléments musicaux avec un sens aigu de la dramaturgie. Abrasif et cathartique, le résultat est toujours aussi bluffant, les "3 sitting guys" comme ils se décrivent eux-mêmes, mettent de l'intensité dans des compositions déjà chargés en émotions brutent et se livrent complètement, sans complexe ni fausse pudeur. Les My Own Private Alaska mettent tout ce qu'ils ont dans leurs morceaux et ça ressent dès "Die for me" pour ne plus nous lâcher avant la fin. "First steps" conclue le disque et on ressort de l'expérience avec, à peu de choses près, la même impression que la première fois. Celle d'avoir assisté à l'avènement d'un "truc" véritablement énorme. Saisissant.