MLCD Si on commençait par le début ? J'ai l'impression qu'au départ, My Little Cheap Dictaphone était un groupe sans vraiment d'autre ambition que de se faire plaisir et d'écrire de bonnes chansons. Aujourd'hui, vous êtes devenus un groupe très important, vous aviez pensé devenir aussi "gros" ?
Se faire plaisir et d'écrire de bonnes chansons est toujours parmi nos priorités, mais on a toujours vécu notre musique et le groupe à fond, à 100% et à plein temps. Avec l'expérience, on a toujours envie d'aller plus haut et de pouvoir aller vers de nouvelles choses..

Le fait que le nom mis en avant soit désormais MLCD, c'est pour faciliter la communication ? Pour gagner du temps dans les interviews ?
Pour simplifier en effet, le nom My Little Cheap Dictaphone était surtout utilisé en Belgique, mais même ici on a souvent dit MLCD pour faire plus court... Quand on a commencé à sortir et tourner de plus en plus à l'étranger on a mis le MLCD en avant.. Aussi, le coté "cheap dictaphone" ne colle plus toujours à notre musique assez arrangée...

Avant d'enregistrer ce nouvel album, vous avez donné des concerts au Canada ou en Angleterre, comment avez-vous été reçu là-bas ?
Très bien, on adore ces pays. Les conditions pour y tourner ne sont pas toujours faciles, mais au fur et à mesure qu'on y retourne, l'engouement est de plus en plus important. On a fait 3 tournées au Canada pour le dernier album et la dernière était sold out. L'accueil presse qu'on a eu en Angleterre nous a aussi ouvert des portes sur de nouveaux pays.

La pochette montre une partie de l'univers, vous êtes parti d'un musicien étendu sur scène puis passer par le groupe avec ses instruments et les contours d'une ville... On s'éloigne de plus en plus... Pourquoi ce choix ?
On a voulu mettre en avant le coté atmosphérique, rêveur et spatial de l'album, où il est beaucoup question d'évasion, de voyage, de questionnement.

La composition s'est faite en Provence, à quel point les morceaux étaient écrits en arrivant là-bas ? Est-ce que le lieu a influencé l'écriture ?
On a jammé énormément là-bas, l'idée était de partir à 5, vivre ensemble non stop, faire de la musique quand on avait envie, selon nos inspirations et nos discussions. On voulait composer l'album à 5 et partir en retraite en se coupant du monde est un bon moyen pour ça. Il y avait une certaine sérénité dans ce mas, ou dans nos balades nocturnes, notamment dans le cimetière, qui ont définitivement eu un impact sur nos compos.

A l'écoute, les apports du producteur Luuk Cox et de "l'arrangeur" Manu Delcourt semblent très importants, vous aviez pensé à tout ce qu'ils apporteraient ? Quelle place ont ces ajouts au moment de composer à la guitare ? Vous prévoyiez "là, on aura tel ou tel truc en plus" ?
Manu, notre nouveau guitariste parisien, nous a rejoint en Provence au début pour donner un regard extérieur à tout ce qu'on accumulait comme idées. Puis on a jammé avec lui et sa participation à l'album est devenue évidente. La production et les arrangements, avec Luuk Cox, c'était différent. Tout était possible, on remettait souvent les choses en question, on tentait des choses, on explorait des nouveaux instruments, on retournait parfois complètement la chanson pour la pousser le plus haut possible.

Entre les arrangements et les sons, le titre "Change in my heart" me fait beaucoup penser à l'ambiance de l'album You all look the same to me d'Archive, c'est une référence pour vous ? Vous avez des albums "modèle" pour expliquer ce que vous voulez en terme d'arrangements et de productions ?
Non, nous ne sommes pas fan d'Archive. On a en fait essayer de ne pas écouter de musique, ni de référence pendant l'enregistrement et le mixage de l'album. On avait envie de sortir notre son "à nous".

My Little Cheap Dictaphone - The smoke behind the sound
Le clip de "Fire" est un vrai court-métrage, c'est rare d'avoir une telle qualité pour un clip, vous avez fait appel à un jeune réalisateur (Nicolas Guiot), comment s'est préparé ce clip ? Vous aviez des idées très précises ou avez "laissé faire" ?
C'est le résultat de pas mal d'échanges, et de son interprétation du texte et la tension montante de la musique. L'important est de savoir qu'on veut travailler ensemble, après, entre passionnés, on se comprend et on fonce tête baissée. Ce clip était une belle aventure, on est parti avec une équipe de 3 personnes, en plus de Pauline Etienne et moi, pendant 2 nuits pour un tournage à l'arrache et sans autorisation à Londres.

C'est donc Pauline Etienne qui tient le rôle titre, c'est une jeune actrice belge souvent récompensée pour son travail, c'est facile de la faire jouer dans un clip ?
Je pense qu'elle avait envie de travailler avec Nicolas Guiot, un cinéaste très intègre et qui a fait un superbe court métrage "Le cri du homard" pour lequel il a eu le César et le Magritte 2013 du meilleur court-métrage, Et elle m'a dit avoir beaucoup aimé la chanson... J'ai été ravi qu'elle remporte le Magritte de la meilleure actrice cette année.

Vous avez travaillé pour le théâtre, ce serait presque logique que de vous voir écrire des musiques de film, quel genre de projet vous intéresserait ?
Absolument ! La musique pour le "Romeo et Juliette" d'Yves Beaunesne, on a pris ça comme l'écriture d'une BO pour un film. On rêverait de se mettre au service des images d'un long métrage.

Vous faites bien sûr partie du collectif JauneOrange, quelles relations avez-vous avec les autres groupes du collectif ?
Liège est comme un petit village, on se connaît tous, il y a des musiciens en commun dans plusieurs groupes, on répète et sort dans les mêmes endroits. La philosophie de JauneOrange a toujours été "L'union fait la force" et la volonté que les groupes les plus médiatisés mettent en lumière les jeunes poussent, qui sont vraiment très dynamiques ici.

Cet été, vous jouerez dans de nombreux festivals, il y en a un que vous attendez plus qu'un autre ?
Oui, on va en faire une bonne dizaine, on ne sait jamais prévoir, parfois il y a de belles surprises. En tout cas, on essaye de toujours donner le meilleur de nous-mêmes partout, et d'aller chercher le public en mouillant la chemise. On a un super visuel, avec décor, vidéos, lights, on espère pouvoir captiver les gens et les faire rentrer dans notre univers...