MLCD - the tragic tale of a genius Depuis 2006 My Little Cheap Dictaphone a roulé sa bosse et au gré des aventures qui ont suivi Small town boy et a emmagasiné des idées, des tonnes d'idées... Et si on peut jouer avec pas mal d'instruments dans le registre pop-folk, Redboy et les siens ont décidé de faire tomber toutes les barrières pour se lancer dans la création d'un véritable album d'opéra-pop ! S'ils ont vu grand, ils ont un peu raccourci leur nom, mettant davantage en avant l'acronyme MLCD, plus facile à prononcer mais qui n'est pas plus à l'image de la mue du combo que ne sont l'idée de petit dictaphone pas cher à l'écoute de l'oeuvre magistrale qu'ils livrent.
Sorti il y a déjà plusieurs mois en Belgique, ce The tragic tale of a genius est distribué chez nous par Athome depuis le 18 janvier et les amateurs avertis de trouvailles musicales ne sont pas près d'en avoir fait le tour... On pourrait s'étendre sur la durée, les lieux et les personnes derrière la création de cette tragique histoire d'un génie, on pourrait tenter d'analyser les apports de Jonathan Donahue (Mercury Rev ou pour moi Mercury (fais de beaux) Rev), de Ralph Mulder (les trop méconnus Alamo Race Track) et de Pall Jenkins (The Black Heart Procession) mais d'autres le feront mieux que moi qui ne mettrais en avant que la simple beauté des chansons.
Après une "Overture" et quelques frissons nous plongeant dans un univers plutôt inquiétant, My Little Cheap Dictaphone commence à nous narrer sa petite histoire avec comme arme principale le piano, doux et enjoué, il est secondé par tout un orchestre apportant à la fois sons cristallins et brises chaleureuses, la guitare ne fait son apparition que sur le rythmé "He's not there", titre tourbillonnant qui a tout du tube planétaire ! Sur sa mélodie se greffent arrangements et instrumentations grandéloquentes (mixage de "grandes" et "éloquentes" à ne pas confondre avec le grandiloquent ou le grandguignolesque, genre toujours évité par les Belges), tout y est nécessaire et à la fois dispensable, ne garder que le rythme et le chant et vous gardez en tête le tube, le morceau existe et est sublime avec ou sans ce qui lui donne tout son relief au coeur de l'album. Les ajouts philarmoniques servent à nous transporter immédiatement dans le monde créé par MLCD, ce monde féérique où leur génie a quelques ennuis. Les folk songs à jouer au coin du feu se sont transformées en musiques colorées nous plongeant totalement ailleurs. Sur CD, ce voyage est impressionnant, je n'ose l'imaginer sur scène avec les vidéos, les acteurs de théâtre et autres joyeusetés qui doivent donner un plus grand volume encore à certains passages comme l'épique "Shine on", la base brit-pop de "In my head", le triste "No self esteem" ou le phénoménal final "Face to face" qui semble inarrêtable.
The tragic tale of a genius est génial, tout "simplement", de bout en bout, les orchestrations mettent en lumière la qualité d'écriture d'un groupe qui ne se lasse pas de nous éblouir.