My Little Cheap Dictaphone : Small Town boy Banjo en bandoulière, My Little Cheap Dictaphone est arrivé en France à pied et par les petits chemins, ça ne fait aucun doute... Pourquoi aura-t-il fallu attendre si longtemps pour que projet de Redboy n'arrive dans nos bacs alors que la Belgique avait succombé aux titres pop-folk du combo dès ses débuts ? Cuisine de label, succès de Hollywood Porn Stars (dans un style très différent), crise du disque... Allez savoir, pour nous, auditeur ou "chroniqueur", Small town boy aujourd'hui ou en 2006, ça ne change pas grand chose, les compositions sont intemporelles et réchauffent nos oreilles autant aujourd'hui qu'hier, par contre, pour le groupe, ça ne doit pas être évident de venir faire des concerts en France (mais aussi au Portugal, en Espagne et en Suisse où le disque sort aussi avec pas mal de retard) avec de "vieux" morceaux alors que leur présent doit davantage être orienté vers un nouvel opus...
Small town boy reste un recueil de balades éternelles reliant le Nord-Est des Etats-Unis à la Wallonie, des promenades dans la brume avec la promesse d'un peu de repos prés d'un feu de bois. Small town boy rime avec confort quand on se laisser bercer par la chaleur douillette d'un "Crazy to love", par la lenteur relaxante d'un "Day is ending", par la mélancolie d'un "Obviously". Ceci dit, le disque ne fait pas que les tempos freinés, My Little Cheap Dictaphone sait également mettre du rythme et une énergie rock dans son folk ("At the other end of love", "Upside down", "Travel"), une énergie soyeuse comme le nylon des cordes acoustiques ou la petite saturation colorée de "Devil" ou "Cha cha", des sensations qu'ont su exploiter The Tellers (avec qui ils partagent un goût certain pour le ukulélé). Même avec du rythme, My Little Cheap Dictaphone trouve ce qu'il faut pour nous apaiser, comme si Redboy avait besoin de cette forme de calme pour recharger les batteries vidées par Hollywood Porn Stars. L'important, c'est que ça nous fait du bien aussi.