moleskin_generator.jpg Solidement ancré dans l'esprit des 70's (Led Zeppelin et Pink Floyd en tête) mais avec une griffe stoner rock plutôt affirmée, Moleskin est tout au long de Generator, à la croisée des chemins entre les grands déserts du mouvement initié par Kyuss et les ambiances psychées de leurs glorieux modèles. Avec 6 titres sous le coude et après une bonne rasade de whisky, nous voilà embarqués avec le groupe francilien aux influences US pour une virée éléctrique et furieusement rock'n roll à travers les longues lignes droites de la fameuse route 66. D'entrée de jeu, "Twilight fever" lache une première mine sur la platine. Guitares acérées, batterie ultra-vitaminée, production nickel chromée et chant plutôt efficace dans ses inflexions de voix allant vers les aigüs, le groupe la joue décomplexée, cool et plutôt sûr de son fait. Pas forcément à tort d'ailleurs. Car dans une veine stoner-psyché grunge, Moleskin se fend d'un premier titre efficace qui a la qualité principale de nous débrider sauvagement les enceintes et les tympans.
On cite en vrac, Soundgarden, Pearl Jam ou Hermano, le combo se fait plaisir et comme celui-ci est partagé, en rajoute une couche avec "A voice in my head". Titre psychotrope, au groove sidéral aux relents légèrement QOTSA, break salvateurs, solis de gratte complètement branché années 70, les Moleskin nous prouvent qu'une fois l'effet de surprise passé, ils continuent d'assurer des compos de très bonne facture. Suivent "Out of control" et "Scream my name", deux nouveaux titres où le groupe se rapprochent lentement mais sûrement de la scène stoner rock scandinave (Dozer, Generous Maria en tête), avec toujours un sens du riff particulièrement affiné et une section rythmique qui dérouille. Refrains ultra-efficace, instrumentations ultra-carrées et groove sidéralles franciliens dévorent le bitume et donnent dans un rock burné et plutôt bien gaulé (le final "Blind enough"). En guise de final, le groupe nous livre le climax de ce Generator, un morceau psychédélique à souhait où sans maîtrise formelle impeccable, la sortie de route ne serait pas bien loin. Aux guitares qui tournent en boucle et aux atmosphères caniculaires à souhait, avant un final purement rock, débridé et qui par dans tous les sens. Moleskin en met partout et se paie une tranche de rock ensablé, hormoné et carrément jouissif. Solide et plutôt efficace dans son genre.