Miegeville - Longue distance "Bonjour je suis mort", c'est par ce titre et ces mots que Miegeville noue le contact, effectivement, la distance doit être longue si elle sépare deux mondes... C'est bien celui des vivants que nous conte un Matthieu en mal d'amour, de fraternité et d'attention. La petite guitare, les mélodies délicates et ce phrasé rappelle immédiatement Agora Fidelio et ce n'est pas pour me déplaire. Le rythme sourd s'oppose à la luminosité des parties électroniques mais avant de les remarquer, il faudra réussir à se détacher de la voix de MilKa, ultra captivante, elle nous unit "Ensemble dans le vent" et tout au long des cinq pistes, pour un peu il faudrait aller lire l'avis de non francophones pour mieux découvrir si cette capacité à nous ensorceler est due aux textes ou aux harmonies... Avec "Volga", pour moi, ce sont les mots qui ont le plus de force, les illusions (le mélodrame) de cette route qui nous mène au bord du fleuve doit permettre de trouver de la force pour se redresser et affronter le futur. Un avenir qui semble radieux après "La fin des combats", insouciant, le poète prêche la passion plus que l'opposition sans que l'on sache s'il est désabusé par la défaite ou libéré par la séparation. Le dernier morceau (oui, il n'y en a que cinq) est bien plus explicite, "10 heures 17", c'est l'heure à laquelle se déclenche un éclair qui va faire exploser quelques secondes plus tard près de 300 tonnes de nitrate d'ammonium rasant l'usine AZote Fertilisants et secouant Toulouse. Là encore le texte est ciselé et mérite que tu t'y attardes pour te replonger dans l'atmosphère de septembre 2001...

Parcours sans faute pour Miegeville qui peut se regarder dans le miroir ou dans l'œil de l'appareil photo sans rougir et en étant fier de son œuvre.