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Megafaun a été créé à Durham en Caroline du Nord par les frères Brad et Phil Cook et Joe Westerlund. A la base, tout ce beau monde vient du Wisconsin. A l'époque, le trio ajouté de Justin Vernon (aka Bon Iver) formait DeYarmond Edison. Mais ce groupe splitte après deux albums et un EP en 2006. Le chanteur, après être tombé sévèrement malade, est obligé de se reposer un moment puis finit par entamer une carrière solo. Les autres, en 2007, sortent sous le nom Megafaun, un premier opus intitulé Bury the square. Cet album aux saveurs folk remarqué les fait tourner et rencontrer tout un tas de personnes dont Akron/Family et Dreyblatt. En 2009, sort Gather, form & fly, un savoureux mélange de blues et de folk, deux éléments de la musique traditionnelle américaine. Le trio ne s'arrête pas en si bon chemin et livre un mini-LP Heretofore en 2010 puis sortir son troisième LP éponyme en septembre 2011, toujours sur l'étiquette Crammed Discs.

Review Concert : Megafaun, Eldorado Music Festival # 3 (Sept. 2011)

Megafaun / Chronique LP > Megafaun

Megafaun - Megafaun A la sortie de ce nouvel album éponyme de Megafaun, le songwriter Bon Iver, ancien compère du trio dans DeYarmond Edison, n'y est pas allé par quatre chemins en avouant avoir pleuré comme une madeleine en l'écoutant. C'est justement dans son studio à Fall Creek dans le Wisconsin, sur leur terre natale, que les frères Cook ont autoproduit, avec le batteur Joe Westerlund, ces 15 titres d'une rare beauté, pour aller dans le sens du très récent double Grammyisé. Il faut dire que nous étions déjà convaincus par l'excellent Gather, form & fly, sorte d'OVNI folk-psyché sixties au goût de terroir bio ricain, qui nous avait ouvert les portes de ce phénomène musical, stakhanoviste dans l'âme, qui plus est, avec pas moins de quatre albums en autant d'années à son compteur.

Ce Megafaun démontre une nouvelle fois les ambitions du trio qui vient là repousser les limites de la musique américaine traditionnelle en y ajoutant cette touche singulière mêlée d'une classieuse extravagance. Moins bucolique qu'auparavant (quoique), ce quatrième opus se révèle davantage rock indé tirant tant vers la pop-folk d'un Midlake que vers les racines évidentes d'artistes ayant œuvré dans les 60's-70's tels que Grateful Dead ou Crosby Stills, Nash & Young. Sur ce nouveau disque, Megafaun joue son vatout en alternant les formats (plus de 8 minutes pour un "Get right" monotone, à peine 2 pour l'halluciné "Serene return"), en variant les rythmes (entre low et mid-tempo sans compter les bidouillages électro déstructurés) et en multipliant les styles (indie-rock, pop, country, jazz, blues, folk) avec agilité et brio.

De plus, l'excellente production de cet album, propice aux petits détails sonores et aux succulents arrangements, sans forcément tomber dans l'opulence, permet de mettre en valeur les sublimes mélodies que contiennent ses chansons (on pense d'instinct à "Hope you know", "Kill the horns", "State/Meant" ou "We are the lights"). En somme, de par leur style musical, ces gars du cru réussissent un tour de force en instaurant une certaine plénitude tout en arrivant à se renouveler. Chapeau bas !

Megafaun / Chronique LP > Gather, form & fly

Megafaun - Gather, form & fly Le jeu de mot est bien trouvé : cette faune si chère au folk, musique suscitant le rassemblement des gens, ceux du peuple, et dans laquelle le côté rustique en fait tout son charme. Une métaphore qui en dit long sur l'état d'esprit des américains de Megafaun. Originaire du Wisconsin et ayant traversé une partie des States, ce groupe de trois personnes (deux guitaristes et un batteur) tous issus du regretté DeYarmond Edison, a réussi à capter l'énergie des différents lieux fréquentés pour le retranscrire en chanson(s). Si bien que ce deuxième album au titre évocateur nous fait voyager à travers les paysages sonores bucoliques et expérimentaux. Empruntant des éléments de la musique de Peter Seeger et de Phil Ochs tout en y ajoutant les influences de Crosby, Stills, Nash & Young, Megafaun n'hésite pas à varier les plaisirs et laisser les ambiances s'installer. De la délicate "Bella Marie" aux cordes cristallines à la banjoïsé remplie d'amertume "Tides", Gather, form & fly recèle de beaux bijoux à l'instar de "The fade", ballade sixties poignante et remplie d'allégresse ou la très lourde et bluesy "Solid ground" qui sent bon l'Amérique profonde. Sous leurs faux airs de cowboys à la barbe longue, les frères Cook, guitares à la main, ont l'arsenal pour provoquer des atmosphères à la fois étonnantes et saugrenues tel "Impressions of the past", titre sans construction logique où l'on a affaire à une éternelle introduction entrecoupée de grincements et de sons étranges. Et pour faire un nouveau parallèle avec le nom Megafaun, les voix des frangins sont en phase avec les mélodies qu'ils balancent. Les unissons et les chœurs, en totale harmonie, embellissent les tentatives folk, blues, country voire pop du trio, sans tomber dans le superflu. Parsemé d'une ambiance pluvieuse et de bidouillages divers, l'hymne "Darkest hour" en est un parfait exemple. Gather, form & fly est un condensé de joie, de tristesse, d'amour et de perturbation mais également un bel hommage rendu à la musique de leurs aînés. Nul doute que si ils étaient encore en vie, ceux-ci seraient les premiers à les applaudir.