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La première mouture de McLusky voit le jour dans les années 90 à Cardiff quand Andy Falkous (chant et guitare) et Matthew Harding (batterie) se font virer d'une salle de spectacle locale, le Blackwood miners institute, pour s'être présenté habillé.en mineurs. Ils embauchent une connaissance de Matthew à la basse (Geraint Bevan) et forment un groupe nommé Best en hommage à Peter Best, premier batteur des Beatles. Best donnera quelques concerts mais c'est surtout un concert avec le groupe Myrtle qui sera déterminant puisque leur bassiste (Jon Chapple) deviendra par la suite le bassiste de Best. Une démo nommé Benedict EP voit le jour et permettra au groupe de signer sur un label londonien : Seriously groovy. De cette collaboration naîtra un single 3 titres nommé Huwuno (1999). Cette même année, le groupe opte pour un nouveau nom, McLusky, et sortira l'année suivante son premier album : My pain and sadness is more sad and painful than yours, un concentré de rages et de décibels. Le rythme des sorties s'accélère pour le groupe : en 2002, McLusky publie un second album nommé Do Dallas qui connaîtra un succès plus conséquent et des chroniques plus que positives. Jack Egglestone remplace Matthew Harding à la batterie. Sur sa lancée et deux après, The difference between me and you is that i'm not on fire connaîtra également des critiques plus que positives mais les tensions dans le groupe sont grandissantes, notamment entre Falkous et Chapple. L'aventure McLusky se clôt en 2005 après 9 ans d'existence. La compilation Mcluskyism (2006) viendra sceller la discographie du groupe : elle consiste en trois CD qui rassemble un Best of, des faces B, des lives et des morceaux rares.
Les membres de McLusky semblent aujourd'hui totalement refuser l'idée d'une réformation, les tensions étant encore palpables lors d'interview des membres du groupe. De plus, les préoccupations sont désormais ailleurs, Andy Falkous et Jack Egglestone se sont depuis investi avec le groupe Future of the left ( qui a sorti son album Curses en 2007) tandis que Chapple a un projet nommé Shooting at unarmed men et vit désormais en Australie.Loin, très loin, au grand bonheur de Falkous.

McLusky / Chronique LP > The difference between me and you is that I'm not on fire

McLusky - The difference between me and you is that I'm not on fire (x)Pixies + (y)Shellac = McLusky : une équation à deux inconnu(e)s qui résume finalement assez bien ce que sont les McLusky, un compromis génial entre deux groupes à forte personnalité. Et si c'est clairement le facteur x qui a pris le dessus sur Do Dallas, le second album du trio, c'est définitivement le facteur y que les McLusky ont laissé croître sur ce troisième album au titre déjà anthologique : The difference between me and you is that i'm not on fire.
Do Dallas célébrait le mot "frontal" dans toute sa diversité et ses déclinaisons, The difference... semble dores et déjà s'inscrire dans le changement avec un "Without msg i am nothing" saignant et ravageur mais différent de ce que l'on a connu de McLusky : un rythme disloqué et un riff désossé, une basse bien volumineuse et abrasive, un flux d'énergie qui semble plus canalisée, des onomatopées grinçantes et un Andy Falkous toujours aussi mordant : pas de doute, le groupe a évolué. Le groupe semble avoir progressé dans la maîtrise des instruments et a voulu en faire profiter sa musique en proposant une mixture à la fois plus personnelle et ambitieuse : les morceaux sont globalement plus réfléchis et complexes, le groupe s'autorise à explorer des étendues plus nuancées en terme d'énergie. La débauche d'électricité constante qu'était Do Dallas laisse place à un tempérament changeant. Une trajectoire légèrement modifiée qui se confirmera sur "She will brings you happiness" et le cinglant "Your children are waiting for you to die" : des titres ou les gallois s'essaient à l'accalmie avec brio mais c'est toujours pour mieux remettre une plâtrée de titres agressifs en diable avec par exemple un "Kkkitchens what were you thinking ?" et sa basse pilonnée ou un "Icarus Smicarus" et son refrain onomatopéique. Caresser l'auditeur dans le sens du poil, c'est probablement pas dans les habitudes des McLusky qui font probablement ce qu'ils veulent de leur musique. "Forget about him I'm mint" est d'ailleurs révélateur de la liberté artistique que s'est octroyé le groupe : guitare acoustique et rythme hispanisant, une trompette qui vient renforcer cette couleur exotique, à la fois terriblement surprenant et rafraîchissant dans ce bloc rocailleux qu'est The difference.... Le McLusky de Do Dallas n'était qu'un vulgaire bagarreur des rues : certes puissant mais manquant cruellement de diversité dans ses attaques. Celui de The difference... s'est entraîné quelques mois dans une salle de sport avec l'aide d'un coach expérimenté (Steve Albini, le son est énorme, encore une fois), il a pris du muscle et a gagné en technicité. Le résultat, c'est un disque de rock abrasif totalement barge et jouissif.
The difference... est une excellente galette d'un groupe arrivé à maturation. Les McLusky ont par la suite décidé de se séparer après une énième gueulante interne. Il est difficile de regretter leur split tant on sent qu'ils sont arrivés au sommet d'une formule avec The difference.... N'oubliez pas de suivre les nouvelles péripéties d'Andy Falkous avec les timbrés de Future of the left. Là encore, c'est un groupe dont la musique mérite l'attention.