Matthieu Rosso Red Quartet - No Monster Dans la série "Disques à chroniquer que j'avais perdu de vue", voici le No monster de Matthieu Rosso Red Quartet. Un disque de jazz contemporain et expérimental qui sait résonner au creux des oreilles de votre serviteur et l'attendrir sans trop de souci. Deuxième album de la formation signée sur le label Juste une trace (Artweg, Treponem Pal, Ozma), No monster est l'exemple d'une prise de liberté fleurant le 100%. Un jazz au sein duquel le rock expérimental et technique s'invite en semant le désordre dans un univers qui sent quand même bon l'opération maîtrisée (et ordonnée du coup). Rien de bien nouveau dans le monde des jazzmen endurci, le sax tout en maîtrise de Denis Guivarc'h nous ordonne de revoir toute la discographie de Steve Coleman, et fissa ! ; la basse de Jean-Philippe Morel est constamment au taquet (sauf quand ça s'arrête !) et sait s'abreuver d'effets supersoniques (wah-fuzz sur "Pandora's box") ; les rythmes de Rafaël Koerner sont millimétrés pour servir le propos avec talent tandis que le chef d'orchestre, qu'est le guitariste Matthieu Rosso, navigue entre phrasés délicieux et soli subtils empruntés par moment au free rock et au métal progressif. No monster est un dédale sonore dans lequel il est si bon de se perdre.