Matt Pryor - May day Quand le vocaliste/guitariste de The Get Up Kids et The New Amsterdams s'échappe en solo le temps d'une douzaine de compos folk/pop/rock/indie de premier choix, cela donne un album d'une simplicité confondante, d'une classe folle et en même temps l'écho évident d'un plaisir pur et immédiat de mélomane. T'en veux encore ? Bon, on développe donc. Les morceaux s'enchaînent merveilleusement dès le départ ('Dont' let the bastards get you down", "The les are keeping me here"), Matt Pryor joue la carte d'une musique à la fois aérienne et lumineuse, fleurant bon l'americana des lointaines contrées américaines mais surtout, le fait avec une élégance rare.
Evidemment, rien de bien original là-dedans, l'idée et même clairement de ne pas trop s'éloigner des standards du genre, de certains codes présupposés sur cette scène musicale pour écrire ses propres chansons et ainsi se distinguer (ou pas). Mais ça, en excellent songwriter qu'il est, Matthew assure et le prouve avec "Where do we go from here", "Like a professional" et surtout un "Polish the broken glass" en forme de tube imparable au classicisme feutré. Rien pour ce titre, l'album vaut le coup et si quelques autres sonnent un peu trop "faciles" (on pense à "Unhappy is the only happy that You'll ever be" ou "Your new favorite" notamment), certaines pistes de May day sont de vraies pépites et nous font aisément succomber encore quelques fois, en témoigne le très beau "As lies go... this one is beautiful".
Cette capacité qu'a Matt Pryor a rebondir après un morceau en deça de ce dont on le sait désormais capable n'est pas la moindre des qualités de son deuxième effort solo, et l'américain ne se prive pas de le démontrer avec l'épuré "I was a witness". Si bien qu'au moment de boucler la boucle, "What my tired eyes would view" vient nous convaincre qu'il ne faut finalement pas toujours grand chose pour écrire de beaux albums... pour peu que l'on en ait le talent.