Maserati - Enter the mirror Notre cher Aurelio avait su en parler mieux que quiconque sur nos pages durant la précédente décennie. Votre serviteur a la lourde tâche de reprendre le flambeau, à savoir parler de Maserati et, qui plus est, de son nouveau-né : Enter the mirror. En vérité, je découvre seulement maintenant et de façon attentionnée le travail sonore de ces post-rockeurs américains, et je ne vous ferai pas le coup assez dégueulasse de faire semblant de connaitre la discographie du quatuor pour aborder cet album. À vrai dire, ce n'est pas plus mal au final, la vision proposée sera sans a priori. Historiquement parlant, Maserati fête ses 20 ans cette année et n'avait plus rien sorti depuis 2015 et Rehumanizer, et pour fêter cet événement et son grand retour, le groupe a sorti une artillerie space-rock instrumentale avec ce petit quelque chose de vintage 80's qui fait du bien là où il passe. En effet, Enter the mirror a la particularité de s'être inspiré du jeu de batterie de Phil Collins (on ne peut plus eighties donc) et des effets chorus de guitares qu'on trouvait majoritairement aussi durant cette période et notamment dans la grande période des Australiens d'INXS. Tout un programme.

"2020" inaugure le disque avec ses vibrations stellaires, nous invite dans un monde où les frontières sont invisibles, et vient s'échouer sur la boucle d'"A warning in the dark". Ce morceau electro-rock très Moroderien dans l'esprit nous invite à une danse hypnotique dans laquelle les voix sous vocoder nous guident. C'est de toute beauté mais le réveil se fait brutal avec "Killing time" et son introduction très Ministry. On change de décor, le rythme martelé s'accélère et les guitares projettent leurs notes dans l'espace. "Der honig", le morceau qui suit, est la démonstration d'une bonne chanson instrumentale, progressive à souhait avec ses irrégularités et une séquence particulièrement intéressante de "questions-réponses" entre les cordes et les claviers. "Welcome to the other other side", quant à lui, nous rappelle ô combien nous aimons nous délecter des atmosphères tendues et surpuissantes que procurent l'électro-rock. D'ailleurs, "Empty" n'est pas en reste sur ce registre, un morceau qu'aurait très bien pu délivrer Le Prince Harry avec Perturbator en invité spécial. Enfin, la luminosité cosmique de "Wallwalker", titre propice aux dancefloors, vient clore cette excellente œuvre de 40 minutes mixée par l'orfèvre musical John Congleton (Baroness, Explosions In The Sky, Swans). Comme dans un parc d'attractions, Enter the mirror est à peine terminé qu'on a déjà envie de se frotter de nouveau à cette expérience hautement sensorielle et immersive.