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Biographie > Marvin à la plage, Marvin à la ferme, Marvin fait de la noise.

Marvin, c'est un trio de Montpellier composé d'Emilie au clavier/synthétiseur, de Fred à la guitare et de Greg à la batterie. Le groupe sillonne la France mais aussi l'Europe de fond en comble et tourne de manière acharnée pour faire connaître sa musique au travers de concerts électrisés et électrisants. S'ensuit la sortie d'un album auto produit en septembre 2007. Et ensuite ? des concerts, beaucoup de concerts.

Review Concert : Marvin, La colonie de vacances à Tourcoing (mars 2012)

Marvin / Chronique LP > Hangover the top

Marvin - Hangover the top "Roquedur", "Moustache 34", "Conan le bastard", rien que pour ses noms de morceaux, Marvin valait qu'on s'y attarde. Evidemment au vu de la teneur de son premier album, véritable torpille noisy célébrée dans ces pages par Mr.C, Hangover the top se devait également d'être surveillé de très près par nos services. Et comme l'artwork est des plus classes, là c'est carrément au corps à corps qu'on a collé le trio montpelliérain. Lequel ne met guère de temps avant d'entrer de plein pied dans ce virulent brûlot supersonique qu'est Hangover... et ses 9 titres dans le chargeur. Classe.
Electro obsédante, riffing acéré au cran d'arrêt et une débauche d'énergie ineffable, un groove dansant (si si) et des éléments instrumentaux qui gravitent tout autour d'une mélodie souvent efficace, les Marvin font... du Marvin et le font très bien. Cocktail musical très relevé, l'album est un pur condensé de noise-rock turgescente boostée à l'électronique robotique ("Dirty tapping"), avec quelques pointes de math-stoner-rock histoire de ne pas se retenir sur la maestria formelle ("Reste bien tranquille") et une petite louche de bizarreries synthétiques ("Good radiations") dopées par une foudroyante envie d'en découdre ("Fear"). Le résultat désarçonne régulièrement mais mérite assurément le coup d'oeil.
Un objet musical difficilement identifiable donc : des titres fuselés exécutés la fièvre au corps, des guitares dans le rouge mais qui assurent le coup, ça pulse, c'est direct, ça envoie un peu partout et le pire dans tout ça, c'est que les Montpelliérains sont d'une précision redoutable. Et d'une rare constance dans leur manière, unique, de sortir de sentiers battus. Car Marvin, c'est le genre de groupe qui peut faire à peu près tout ce qu'il veut avec ses instruments pour peu qu'on lui laisse toute latitude artistique pour le faire. Et avec Hangover the top, c'était évidemment le cas, du coup ça se ressent tout au long des neuf morceaux qui le composent. Rythmique effrénée, technicité de pointe, vocoder bien utilisé et inventivité de tous les instants formant ici un ensemble d'une remarquable cohérence... énergisant.

Marvin / Chronique LP > Marvin

Marvin - Marvin A l'instar du village d'irréductibles gaulois dans une célèbre bande dessinée, la ville de Montpellier semble bénéficier d'une potion magique qui circule dans les locaux de répétitions et favorise l'éclosion de groupes pétris de talents (la potion "travail" me dira l'autre). On connaissait déjà les Eyeless au rayon métal burné et les Lunatic Age dans un registre définitivement plus subtil (sic). La ville sudiste compte également les talentueux Goodbye Diana et les dynamisants Servo dans une veine "rock indé". Et voici que voilà les atypiques Marvin, un trio rock noise instrumental dopé à l'énergie brut renouvelable.
Marvin pourrait être le nom d'un boxeur de seconde zone dans un film de Tarantino mais c'est surtout un groupe de premier ordre qui collectionne les excellents morceaux autant que le sus-nommé boxeur pourrait collectionner les roustes et les mandales en pleine poire. Marvin, c'est une sorte de ménage à 3 entre des instruments à la forte personnalité : une batterie terriblement nerveuse et bavarde mais jamais dans la démonstration, une guitare frondeuse capable d'asséner des riffs simples mais accrocheurs en diable et un clavier/synthétiseur jouasse qui vient régulièrement faire les médiateurs dans ses interventions et les (d)ébats parfois sacrément houleux. Et comme dans tous les ménages, parfois ça hausse le ton, ça bastonne même souvent ("Discudance", "Vocomurder"), il arrive aussi que ça se calme singulièrement ("Noise for findlay") et que la nouba et l'esprit festif prenne le dessus ("Discose", "Belarga") mais c'est toujours pour mieux revenir et en découdre de nouveau ("Noise olympique"). Un disque de Marvin, c'est un peu comme si on avait fait valdinguer une collection de vinyles par la fenêtre pour les retrouver par la suite en mille morceaux sur un trottoir malpropre : un petit bout d'un disque de Shellac par-ci, un morceau de galette de Jesus Lizard par-là, un complément d'électro et de bidouillages divers incorporés avec goût qui leur permettent de côtoyer cet hypnotisme cher au Battles. (Et encore beaucoup d'autres références, à vous de chercher.) Le résultat : 9 titres, 9 raisons de se procurer rapidement l'album via leur MySpace. A découvrir de toute urgence sur cd mais surtout en concert où le groupe excelle : Marvin en live c'est de la sueur par hectolitres et de l'énergie à revendre par palettes.