Marvin - Marvin A l'instar du village d'irréductibles gaulois dans une célèbre bande dessinée, la ville de Montpellier semble bénéficier d'une potion magique qui circule dans les locaux de répétitions et favorise l'éclosion de groupes pétris de talents (la potion "travail" me dira l'autre). On connaissait déjà les Eyeless au rayon métal burné et les Lunatic Age dans un registre définitivement plus subtil (sic). La ville sudiste compte également les talentueux Goodbye Diana et les dynamisants Servo dans une veine "rock indé". Et voici que voilà les atypiques Marvin, un trio rock noise instrumental dopé à l'énergie brut renouvelable.
Marvin pourrait être le nom d'un boxeur de seconde zone dans un film de Tarantino mais c'est surtout un groupe de premier ordre qui collectionne les excellents morceaux autant que le sus-nommé boxeur pourrait collectionner les roustes et les mandales en pleine poire. Marvin, c'est une sorte de ménage à 3 entre des instruments à la forte personnalité : une batterie terriblement nerveuse et bavarde mais jamais dans la démonstration, une guitare frondeuse capable d'asséner des riffs simples mais accrocheurs en diable et un clavier/synthétiseur jouasse qui vient régulièrement faire les médiateurs dans ses interventions et les (d)ébats parfois sacrément houleux. Et comme dans tous les ménages, parfois ça hausse le ton, ça bastonne même souvent ("Discudance", "Vocomurder"), il arrive aussi que ça se calme singulièrement ("Noise for findlay") et que la nouba et l'esprit festif prenne le dessus ("Discose", "Belarga") mais c'est toujours pour mieux revenir et en découdre de nouveau ("Noise olympique"). Un disque de Marvin, c'est un peu comme si on avait fait valdinguer une collection de vinyles par la fenêtre pour les retrouver par la suite en mille morceaux sur un trottoir malpropre : un petit bout d'un disque de Shellac par-ci, un morceau de galette de Jesus Lizard par-là, un complément d'électro et de bidouillages divers incorporés avec goût qui leur permettent de côtoyer cet hypnotisme cher au Battles. (Et encore beaucoup d'autres références, à vous de chercher.) Le résultat : 9 titres, 9 raisons de se procurer rapidement l'album via leur MySpace. A découvrir de toute urgence sur cd mais surtout en concert où le groupe excelle : Marvin en live c'est de la sueur par hectolitres et de l'énergie à revendre par palettes.