Marty Went Back

Marty Went Back / Chronique LP > Genials

MARTYWENTBACK-Genials Si tu aimes le retour vers le futur et les références musicales des années 90 (soit 99,9% du lectorat W-Fenec), alors tu peux embarquer dans la DeLorean avec nos trois gonz. Ils viennent de la ville rose et ont décidé d'en mettre dans leur logo, dans ta vie, dans leurs chansons, et par les temps qui courent, assez sombres, on en a bien besoin. Passé de power duo à power trio pour ce deuxième album (après 1985 sorti en 2020), en recrutant pour l'occasion un ours des Pyrénées [sic], la formule n'a pas changé d'un iota, si ce n'est une production encore plus efficace, avec l'enregistrement/mix confié au local Mathieu "Zuzu" Zuzek et le master au lyonnais Alexandre "Boule" Borel. Bien leur en a pris car le résultat est absolument Genials (pour ne pas dire génial) de bout en bout. Sens de la mélodie ("Joe's stories"), rythmique entraînante ("Confused"), refrains catchy ("Bummer" = tube), paroles fun ("Styling gel", "Sports"), si on ne tient pas là l'album de l'été, on en n'est pas loin. Pensez à Weezer flirtant avec les Pixies, comme aime le faire Johnny Mafia, et j'en veux pour preuve les cris sur "Welcome" et le chant de "Bad luck", dignes de ce bon vieux Franck Black. Si l'ambiance est plutôt légère, Marty Went Back sait aussi se faire plus sérieux, mélancolique comme dans "Slow day", tout aussi percutant que les autres titres. Bref, rien n'est à jeter et on comprend alors aisément pourquoi plusieurs labels ont souhaité participer au projet Genials (qui n'aurait pas démérité de s'intituler 1995). À toi de jouer maintenant.

Publié dans le Mag #66

Marty Went Back / Chronique LP > 1985

Marty Went Back - 1985 Quand le story telling est aussi soigné et omniprésent, j'ai tendance à me méfier. Ici, les deux Toulousains ont tout misé sur la pop culture et "Retour Vers le Futur" puisque le nom du groupe annonce le retour du héros de la trilogie : Marty Went Back. Direction les années 80 et plus précisément 1985 pour revivre l'année de sortie du film, pour cela le duo s'est équipé d'un immonde sac banane fluo, d'un T-shirt qui plaira aux nostalgiques de la mire et d'un autre superbe teesh en l'honneur de Star Wars (même si en 1985 est surtout sorti La bataille d'Endor, la suite du spin-off tout pourri sur les ewoks) et en voiture Simone. Ou pas car pour l'heure, l'auto-stop ne semble pas trop fonctionner... Et musicalement ? On a le droit à un rock retro-futuriste ? Non, à un truc qui n'a pas vraiment d'âge, des riffs saturés, des mélodies électriques chargées en effets (alors que la voix claire peut se faire très belle, "I'm not going back"), un peu de dynamisme punk, un peu de folie psychédélique, quelques tonalités nonchalantes à l'anglaise, des élans grunge non contrôlés ("Lifetime" !!! Les mecs adorent Nirvana) et une atmosphère générale noise-garage à la cool. S'il faut faire les comptes, on trouvera plus d'influences venues des années 60, 70 et 90 que des années 80 (ouf) donc il faut bien séparer l'histoire qu'on nous raconte (et qu'on répète) de la production de Joe Boyle et Tim Aberdeen (digresser sur les pseudos prendraient trop de temps). 1985 sonne comme un patchwork de bons sons piochés un peu partout mais garde une certaine ligne directrice histoire qu'on ne se perde pas dans les couloirs du temps. A noter que l'absence de batteur ne nuit pas à l'ensemble, faudra juste vérifier que ça marche toujours en live où la superposition de couches d'instru risque d'être plus complexe qu'en studio... Finalement, le délire eighties ne fait donc que rarement surface, si ce n'est dans les visuels comme l'artwork ou les clips ("Bus 671" en mode jeu vidéo, "Chicken skin" kaléïdoscopé, "Bubbles" et sa collection d'images cultes). Alors, oui, il y a beaucoup de références à "Retour Vers le Futur" mais il fallait au moins ça pour honorer Marty Mc Fly, après tout, c'est à lui qu'on doit l'invention du rock'n'roll, non ?

Publié dans le Mag #44