Martine

Interview : Martine, Gisèle Pape vs Martine fait du rock (mars 2025)

Martine / Chronique LP > Devenir

Martine Devenir Et voilà qu'arrive le hurlement de Martine, un duo de punk électronique qui semble tout droit sorti d'un univers parallèle où les machines sont aussi enragées que les humains. Non, ce n'est pas une remake du personnage de notre enfance, mais plutôt une version 2025 de la rébellion en version bruitiste. Martine, dans son propre rôle, chante sa rage et la balance dans un boucan que même les murs de la révolte n'ont pas vu venir.
Oubliez les clichés de Martine à la plage, Martine, alias Marie Claude Martine, est la cheffe d'une révolte sonore. Guitariste, chanteuse, compositrice et aux machines, elle est accompagnée par Thomas Robin, à la basse et aux chœurs. Ensemble, ils livrent un électro-punk qui défonce tout sur son passage, genre, rien n'échappe à la violence de leurs amplis. "Hurle", "Parasite", "Vivement la misère"... c'est de la musique pour se défouler. Pour comprendre ce qui ne va pas dans ce monde et le dire en chanson. D'un coup de basse écrasante, Martine te secoue, te chope par les tripes et t'éclate la tête avec des riffs qui pissent le bruit.

Ce n'est pas l'album à écouter tranquille en faisant son yoga car il est certifié "haine sonore". Mais ça tombe bien, la haine est au centre de tout, dans des morceaux comme "Consumé par la haine", où la basse gratte le fond des fosses comme un canif rouillé. C'est grunge, sale, et franchement libérateur. La danse comme ultime forme de résistance. Martine, ce n'est pas juste un album. C'est un coup de pied dans le ventre, une éruption hardcore de punk électronique dont la verve se déverse sans compromis. Des titres forts, un son abrasif, des paroles qui tapent là où ça fait mal. C'est comme une manifestation sonore, une protest song post-apocalyptique où tout crame et où la seule issue reste la danse, même si c'est dans la boue et sous les flammes.

Voilà, la naïveté est morte. Martine est vivante, et elle hurle : "Dansons". Alors, même si ça ressemble à un pogo déglingué, je t'assure que ça fait du bien.

Publié dans le Mag #65