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Biographie > Monk s'est marié ?

L'histoire de The Married Monk remonte au début des années 90 ! A Cherbourg, Christian Quermalet (qui a officié comme bassiste dans Les Tétines Noires, l'ancêtre de LTNO) croise la route de Philippe Lebruman et aprés quelques péripéties (études, voyage à Londres...) se retrouvent et enregistrent en 1993 There's the rub, autour de ces deux-là le line-up n'est pas trés stable et en attendant l'arrivée de Jean-Michel Pires, ils auront le temps d'enregistrer quelques EPs, deux autres albums (The Jim side en 1996 et R/O/C/K/Y en 2001), de jouer aux Transmusicales de Rennes et de servir de backing band à Yann Tiersen (1999)... Pas mal de chemin jusqu'à ce The belgian kick, quatrième opus qui sort au milieu du mois d'avril 2004...
2008, leurs mélodies particulièrement bien senties reviennent dans ma vie avec Elephant people.

The Married Monk / Chronique LP > Headgearalienpoo

The Married Monk - Headgearalienpoo Pure coïncidence mais belle coïncidence qu'en ce printemps 2018, deux groupes cultes reviennent sur le devant de la scène, d'un côté Les Tétines Noires qui donnent des concerts pour fêter la réédition de ses albums, de l'autre The Married Monk qui vient de sortir un nouvel opus après 10 ans de silence. Et alors ? Le génial Christian Quermalet, principal compositeur de The Married Monk a été bassiste, trois années durant, des Tétines, c'était la fin des années 80, une autre vie... Et ces jours-ci, une nouvelle vie recommence alors qu'on pouvait imaginer les deux groupes rester dans leurs placards respectifs... Depuis l'album concept Elephant people paru en 2008, Christian s'était fait discret, on avait juste frissonné à l'idée de revoir son groupe en 2012 mais après quelques concerts, le leader est retourné à Lyon, loin de ses comparses et des possibilités d'un véritable retour. Pour autant, il a continué de composer... En 2016, à l'occasion de la réédition en vinyle de The belgian kick (juste un des meilleurs disques des années 2000), la flamme de l'espoir s'est rallumée et la rencontre avec le tromboniste Thomas Rocton (Orchestre National de Lorraine, Alone With King Kong, Toxic Kiss...) ravive The Married Monk qui peut de nouveau voir la vie en rose.

Headgearalienpoo, head gear alien poo, tête vitesse étranger caca, face matos extra-terrestre crotte, non, on ne va pas chercher à traduire ou comprendre ce titre, au mieux on posera la question aux intéressés, on n'en tirera aucune conclusion, si ce n'est qu'il sonne pas trop mal. Idem pour l'artwork, toujours soigné chez The Married Monk, il renvoie à la douceur, la délicatesse, la légèreté... Là, on se rapproche de leur idée directrice quand il s'agit d'écrire des pépites pop. Tendu, électronique, un peu froid, "Obnoxious one" ouvre l'opus sans être aussi "odieux" qu'annoncé, dès que la voix de Christian, toujours un poil trafiqué, fait surface, on est plongé dans l'histoire. Quelques bidouillages reprennent le dessus (les fans du Radiohead alambiqué apprécieront), le morceau s'arrête sur un souffle mais ne reprendra pas à la fin de l'album, "The obnoxious two" n'étant pas vraiment un prolongement du premier, laissant davantage s'exprimer la distorsion qui, comme les bidouillages, s'évapore pour laisser l'espace au chant clair histoire de transformer le morceau en tube intersidéral. Une des forces des MM, c'est leur facilité à dégoter des gimmicks mélodiques qui percutent et allument les neurones du bonheur dans le cerveau, les premières secondes de "Gravity" correspondent exactement à cela, le son, le rythme, le chant, les arrangements tout colle à la perfection et enchante l'atmosphère. Que le tempo s'accélère ("10.16 saturday night" ou " Bomb on blonde" dominés par la guitare) ou se ralentisse ("Love commander strikes again" dominé par le piano), la magie opère à chaque fois, l'univers du trio squatte toutes nos pensées, vampirise notre esprit à tel point qu'il ne reconnaît pas The Cure et son "Siamese twins", pas plus qu'il n'avait imaginé que "Bus" soit également une cover (de Dogbowl), non, dans Headgearalienpoo tout porte la marque de The Married Monk. Ils sont exceptionnels. Encore.

The Married Monk / Chronique LP > Elephant people

the married monk : elephant people The Married Monk est un groupe discret (beaucoup trop) mais travailleur. Alors que les mélodies de The belgian kick vont fêter leurs 4 ans, le groupe refait surface en composant la musique d'un spectacle multimédia ayant pour sujet les "monstres" de foires. Les titres, textes et autres illustrations sont donc toutes tournées vers ces phénomènes qu'ils soient illustres (Joseph Merrick aka Elephant man, le télévisualisé Vincent McDoom) ou plus méconnus (les étonnants Jean et Jacques Libbera, la sexy myopathe Delphine Censier, Fedor Jeftichew(bacca), la barbue Clementine Delait...). Les titres sont livrés dans une jolie boîte très sombre mais jette un oeil sur les divers artworks proposés à l'intérieur ainsi que la déclinaison (Marilyn Mansonnienne) du logo de The Married Monk pour bien t'imprégner de l'ambiance du spectacle et puis ... en avant la musique.
"Spiel", jouons donc, bienvenue dans le Freakshow avec un rythme chaleureux, des sons qui le sont tout autant et une guitare qui, comme nous, se rapproche de la scène. La voix posée ne change pas sur "Merrick's meditations" mais la rythmique électronique nous invite à faire quelques pas de danse, c'est binaire, c'est répétitif et ça devient vite aussi addictif que jouissif. Un sample facilite l'atterrissage, en douceur, pour la transition "Introducing prodigies" qui calme le tempo pour la présentation cristalline des "Brother "J"", un clavier nous transporte ensuite auprès de "Me and me", la voix s'absente, nous laissant profiter de l'ambiance ouatée et des percussions. Les premiers élans mélodiques vocaux sont pour "Clementine's song" qui est l'un des titres les plus proches de l'atmosphère de The belgian kick, le sample de sa voix douce sert de fil conducteur au spectacle que l'on imagine. Le même procédé revient sur "Double Doom" mais sans un texte chantée, il est uniquement déclamé par l'intéressé qui se partage alors la vedette avec un saxophone. "Conversation piece" ne laisse pas de place à la discussion, on s'y étourdit un peu avant de croiser la route de "Hail 2 the hound man !" et ses aboiements de chien en relation directe avec le personnage, décalé et décapant. La guitare acoustique reprend le dessus pour l'intro du délicat "Delphine's angels" qui vire au cauchemar, pourtant, il ne faut pas craindre les "Elephant people" car eux aussi peuvent être harmonieux. "Pretty lads" sonne comme un au revoir déchirant et "Clementine's words" comme la bande son du générique de fin. On peut revenir dans notre réalité normée et ennuyeuse à côté de ce monde dérangeant, intriguant, passionnant. La tâche de The Married Monk n'était pas aisée mais le résultat est un régal musical.

The Married Monk / Chronique LP > The belgian kick

The married monk : the belgian kick Sans hésiter ce The belgian kick est un des meilleurs albums de l'année 2004 ! The Married Monk nous offre une pop mentale et terriblement physique, des morceaux qui se vivent, qui vibrent, de véritables entités, une série de tubes issus de délires psyké-funk passés au moulin à rock... Des montées, des breaks, des relances, tout est si facile à l'écoute de The Married Monk ! Le groupe doit être un des seuls que les belges nous envient... D'ailleurs le titre de l'opus,The belgian kick, ne doit pas être innocent... entre référence à la belge touch et le coup de pied au cul aux dEUS et autres Das Pop (pour ne citer que les têtes d'affiches), on ne sait pas trop comment il faut l'interprêter... Avec une pochette présentant un quidam tout droit sorti d'un film de Tarantino, on peut se poser d'autres questions sur la volonté du groupe, que faut-il comprendre à tout cela ? Et s'il n'y avait rien à comprendre ? Et juste apprécier les petites perles de pop que sont "Tell me Gary", "The belgian kick", "Pretty lads", "Last flight", "Skip the summer", autant de titres différents qui ont en commun une redoutable efficacité, le pouvoir de vous faire sourire et donc des vertus thérapeutiques qui valent tous les antidépresseurs (la prochaine fois, au lieu d'aller chez le pharmacien, demandez à votre disquaire deux boîtes de Logh, quelques comprimés de Wilco et le dernier The Married Monk, effets garantis !). Beaucoup de choses en quelques titres qui sont finement ciselés et démontrent tout le talent du trio. Adeptes des covers, les normands reprennent "Observatory crest" de Captain Beefheart et "You only live twice" de John Barry, dans les deux cas, les morceaux sont The Married Monkisés, sur le premier, les abandons éthiliques du sax ne sont pas forcément du meilleur goût, sur le deuxième, le tempo prépare à la sortir de l'album (car il faudra bien en sortir un jour...) et à "Bird on board", morceau où règne une paix tendue, où une douce voix féminine se pose sur des nappes de clavier, pas vraiment rassurant mais plutôt pas mal pour revenir dans la réalité aprés une dizaines de titres merveilleux.