the married monk : elephant people The Married Monk est un groupe discret (beaucoup trop) mais travailleur. Alors que les mélodies de The belgian kick vont fêter leurs 4 ans, le groupe refait surface en composant la musique d'un spectacle multimédia ayant pour sujet les "monstres" de foires. Les titres, textes et autres illustrations sont donc toutes tournées vers ces phénomènes qu'ils soient illustres (Joseph Merrick aka Elephant man, le télévisualisé Vincent McDoom) ou plus méconnus (les étonnants Jean et Jacques Libbera, la sexy myopathe Delphine Censier, Fedor Jeftichew(bacca), la barbue Clementine Delait...). Les titres sont livrés dans une jolie boîte très sombre mais jette un oeil sur les divers artworks proposés à l'intérieur ainsi que la déclinaison (Marilyn Mansonnienne) du logo de The Married Monk pour bien t'imprégner de l'ambiance du spectacle et puis ... en avant la musique.
"Spiel", jouons donc, bienvenue dans le Freakshow avec un rythme chaleureux, des sons qui le sont tout autant et une guitare qui, comme nous, se rapproche de la scène. La voix posée ne change pas sur "Merrick's meditations" mais la rythmique électronique nous invite à faire quelques pas de danse, c'est binaire, c'est répétitif et ça devient vite aussi addictif que jouissif. Un sample facilite l'atterrissage, en douceur, pour la transition "Introducing prodigies" qui calme le tempo pour la présentation cristalline des "Brother "J"", un clavier nous transporte ensuite auprès de "Me and me", la voix s'absente, nous laissant profiter de l'ambiance ouatée et des percussions. Les premiers élans mélodiques vocaux sont pour "Clementine's song" qui est l'un des titres les plus proches de l'atmosphère de The belgian kick, le sample de sa voix douce sert de fil conducteur au spectacle que l'on imagine. Le même procédé revient sur "Double Doom" mais sans un texte chantée, il est uniquement déclamé par l'intéressé qui se partage alors la vedette avec un saxophone. "Conversation piece" ne laisse pas de place à la discussion, on s'y étourdit un peu avant de croiser la route de "Hail 2 the hound man !" et ses aboiements de chien en relation directe avec le personnage, décalé et décapant. La guitare acoustique reprend le dessus pour l'intro du délicat "Delphine's angels" qui vire au cauchemar, pourtant, il ne faut pas craindre les "Elephant people" car eux aussi peuvent être harmonieux. "Pretty lads" sonne comme un au revoir déchirant et "Clementine's words" comme la bande son du générique de fin. On peut revenir dans notre réalité normée et ennuyeuse à côté de ce monde dérangeant, intriguant, passionnant. La tâche de The Married Monk n'était pas aisée mais le résultat est un régal musical.