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Quand on écoute et chronique des centaines de groupes, quand on en rencontre des dizaines, c'est pas évident de faire un tri émotionnel, mais certains arrivent à marquer l'esprit, par leur musique et leur sympathie, Zombie Eaters est de ceux-là. Alors, j'ai toujours un peu suivi les projets qui sont nés après leur split, par exemples Rufus Bellefleur pour Laurent (le batteur qui n'a jamais chômé) ou My Dear Silence pour Christophe (guitariste et chanteur). Quand trois des lascars décident de remettre le couvert ensemble pour une nouvelle aventure, le radar s'est excité et la première rencontre, visuelle (grâce à Manu, aussi artiste avec une 4 cordes qu'avec des ciseaux et de la colle) n'a pas calmé le désir. Fidèles à leurs idées de crossover et à leur attitude de sérieux déconneurs, les trois Bordelais précités et Jérôme (guitariste sur deux titres et plus car affinités) ont donné le nom de Marcellus Rex à ce nouveau projet. Ou comment combiner leur amour pour le cinoche (Marsellus -avec un S- c'est le gros black qui prend cher dans la cave dans Pulp Fiction) et le rock dinosaure. Après avoir composé quelques titres, s'être fait les griffes sur quelques reprises, ils ont enregistré avec David Gana (ex-Viridiana, autre groupe bordelais "marquant") qui a ensuite mixé et masterisé ce premier EP éponyme.

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Marcellus Rex Crâne de bovin sur la tête d'un Christ Rédempteur qui ressemble du coup à Goldorak, couleurs flashy et lunettes de soleil, l'ambiance "bordel ensoleillé" est posée dès le digipak mais à l'écoute des titres, l'ensemble est plutôt "sage", on est loin des aspirations Faith No More/Mike Patton qui avaient mis sur orbite Zombie Eaters, Marcellus Rex est bien plus facile à suivre, plus "classique", plus rock, davantage inspiré par le stoner désertique (de Kyuss à Queens Of The Stone Age) et un roi lézard que par le roi du bizarre. Basse et batterie sont ainsi très chaleureuses et les distorsions comme le chant savent se faire assez doux ("Rollerball" est assez dans l'esprit de ce que fait Josh Homme), ça joue des effets (fuzz, wahwah), c'est très bon pour se dandiner mais ça ne s'énerve vraiment jamais. Au contraire, ça peut se laisser planer (le cœur de "Red sunset") et quand le combo a besoin d'aiguiser les oreilles en montant dans les octaves, il fait appel à Nico (chanteur de Dätcha Mandäla) qui donne ainsi d'autres couleurs à "Limbo within". Et si la rythmique se fait plus massive et tyrannique-rexement carrée, c'est le chant ou la guitare qui redonnent de l'air ("Tokyo") puisque Marcellus Rex ne cherche pas à nous étouffer. Ils veulent surtout nous faire voyager à travers la culture et différents paysages sonores, ça les pousse à lâcher Fabio (des Flyin'Saucers) et son harmonica pour enfumer "Up ends down" et même à exploser les codes avec leur reprise de "Question of time" de Depeche Mode en sixième piste cachée. Toujours à l'aise dans cet exercice (qui ne se souvient pas du "Take one me" de A-ha au début des années 2000 ? Ok, t'étais peut-être pas né mais va mater ça sur le tube ou chine un exemplaire de Bruit(r)iste !), je me régale à les imaginer sur scène. A ressasser des souvenirs et surtout à en créer des nouveaux...