Marcellus Rex Crâne de bovin sur la tête d'un Christ Rédempteur qui ressemble du coup à Goldorak, couleurs flashy et lunettes de soleil, l'ambiance "bordel ensoleillé" est posée dès le digipak mais à l'écoute des titres, l'ensemble est plutôt "sage", on est loin des aspirations Faith No More/Mike Patton qui avaient mis sur orbite Zombie Eaters, Marcellus Rex est bien plus facile à suivre, plus "classique", plus rock, davantage inspiré par le stoner désertique (de Kyuss à Queens Of The Stone Age) et un roi lézard que par le roi du bizarre. Basse et batterie sont ainsi très chaleureuses et les distorsions comme le chant savent se faire assez doux ("Rollerball" est assez dans l'esprit de ce que fait Josh Homme), ça joue des effets (fuzz, wahwah), c'est très bon pour se dandiner mais ça ne s'énerve vraiment jamais. Au contraire, ça peut se laisser planer (le cœur de "Red sunset") et quand le combo a besoin d'aiguiser les oreilles en montant dans les octaves, il fait appel à Nico (chanteur de Dätcha Mandäla) qui donne ainsi d'autres couleurs à "Limbo within". Et si la rythmique se fait plus massive et tyrannique-rexement carrée, c'est le chant ou la guitare qui redonnent de l'air ("Tokyo") puisque Marcellus Rex ne cherche pas à nous étouffer. Ils veulent surtout nous faire voyager à travers la culture et différents paysages sonores, ça les pousse à lâcher Fabio (des Flyin'Saucers) et son harmonica pour enfumer "Up ends down" et même à exploser les codes avec leur reprise de "Question of time" de Depeche Mode en sixième piste cachée. Toujours à l'aise dans cet exercice (qui ne se souvient pas du "Take one me" de A-ha au début des années 2000 ? Ok, t'étais peut-être pas né mais va mater ça sur le tube ou chine un exemplaire de Bruit(r)iste !), je me régale à les imaginer sur scène. A ressasser des souvenirs et surtout à en créer des nouveaux...