Quelques odeurs épicées sur un fond sonore d'une vieille radio grésillante, rires d'enfants sages et reggae métissé aux accents d'un style bien spécial... Sur les traces du "patchanka" les musiciens du collectif Radio Bemba se réunissent pour nous offrir un voyage dans le monde. Et Manu dans tout ça ? Un visage tanné sous un bonnet péruvien, studio portable sur l'épaule, riffs qui le travaillent dans un coin de la tête et sourire aux lèvres, Manu nous entraîne... rien à faire. Il ne nous reste plus qu'à suivre le guide...
"Je ne t'aime plus mon amour,je ne t'aime plus tous les jours... " "me gusta la guitarra me gustas tu ... "
Deux "tubes " l'un datant de 1998, l'autre de 2001 en boucle sur les ondes hertziennes à leur sortie, deux albums succès, Clandestino vendu à approximativement 4 millions d'exemplaires à travers le monde et Proxima Estacion : Esperanza. nouvel opus favori des disquaires ... la latino-mania chaoesque est épidémique. Italie, France, Angleterre, Allemagne ... et Espagne bien sûr ... avant de franchir l'autre côté de l'Atlantique ... et surtout les peuples latino-américains.
Flash back et question à 2 balles. Qui dans le grand public se souvient aussi des années 80 noires et d'un punk teinté latino rouge défonce ou jaune criard, le fameux ska punk mordant répondant au doux nom de la Mano Negra ?
Et pourtant c'est bien du même petit bout d'homme dont il s'agit...
Né le 21 juin 1961 [le jour de la fête de la musique... un signe ? ;o)] l'ex-chanteur de "La Mano" a fait un parcours ensoleillé avec un retour explosif en 1998 encensé par le public et la presse ... La suite s'avère tout aussi agréable pour Manu puisque son dernier opus, sorti chez Virgin en 2001 ne fait que confirmer son succès.
A l'époque la Mano Negra redonnait un peu de vie au punk qui s'essoufflait lentement à la fin des années 80. Autour de la Mano se trouvaient aussi d'autres groupes telles que les Négresses Vertes, Ludwig Von 88, les Wampas... ceux qui donnèrent de nouveau du fil à retordre à la scène française avec un rock festif aux multiples influences ... un rock déjanté et tordu, métissé, bravant les puristes de l'époque et ouvrant toujours de nouveaux horizons dans la musique... Sans oublier un profond engagement au niveau culturel mais surtout politique... La Mano Negra ne se contentait pas de faire du punk latino mais d'appliquer ses convictions grâce à divers participations ou actions militantes à l'époque. Au final il semblerait que si La Mano s'est éteinte, son meneur poursuit le même combat, avec d'autres armes, d'autres motivations, d'autres espérances peut-être. Ainsi Manu Chao, auteur-chanteur-compositeur, dévoile dans ses chansons une véritable tour de Babel, une concession entre les langues latines où français, espagnol, portugais et anglais sont fréquemment utilisées ainsi que dans le dernier disque l'arabe et le "portugnol", comme son nom l'indique, un mélange entre l'espagnol et le portugais, une langue qu'il revendique. Paradoxalement "citoyen du monde", "anti-mondialisateur", signataire de Virgin et vedette sur-publicité du moment Manu Chao reste la figure parfaite de l'artiste sans racine ou plutôt "internationalisé" vagabondant de villes en pays, de la rue aux salles de concerts combles, indifférent à sa "starisation" forcée par certains médias, refusant de jouer les "hits" lors de ses tournées, imprégné d'émotions, de parcours et de voyages, avec en bagage une expérience marquante, celle de La Mano Negra de 1987 à 1994.