malajube : trompe l'oeil Par un beau soir de février 2006, alors que je venais fraîchement de débarquer à Montréal, je décidais de me rendre à un concert anniversaire pour une radio étudiante montréalaise (CISM). De nombreux groupes y étaient prévus dont Malajube, ils venaient de sortir Trompe l'oeil. A la base, je n'étais pas spécialement venu pour eux mais quand ils sont arrivés, j'ai assisté à un sacré bordel sonore et scénique. Des gens déguisés notamment en ours venaient danser sur la scène pendant que les musiciens jouaient avec énergie et puissance. J'avoue que j'ai pris une claque, et ce n'était que le début. Reparti de ce concert, je décide d'acheter Trompe l'oeil pour écouter plus en détail le travail de ce groupe un peu foufou, à la limite punk. J'ouvre le packaging, c'est très coloré et blanc à la fois, les dessins représentent des espèces un peu bizarres à l'instar de la pochette montrant un papillon hybride avec des poumons à l'intérieur de ses ailes et une fleur en guise de tête. Un trompe-l'oeil parfait ! On se rend compte de suite que Malajube a vraiment un univers à lui. Chaque chanson, exceptée la dernière, correspond à une maladie ou a un rapport avec celle-ci. Ainsi, une chanson comme "Le crabe" représente le cancer, etc.. Je vous l'avais bien dit : tout un univers.
Malajube fait du Malajube, car ils ont un son et une façon de faire de la musique propre à eux. Tout le long du processus d'écoute, on passe à travers différentes ambiances (rock, pop, folk, hip-hop, funky, psyché, groovy...) tel un aventurier qui s'accrocherait aux harmonies et à la folie de ces 12 titres. Les claviers de Thomas sont omniprésents et apportent ce côté à la fois planant et mélodique du groupe. Les textes de Julien sont complètements hallucinés, très imagés et tordus un peu comme l'univers vidéo du groupe mêlant animation et réel. La voix se range dans une tonalité aigüe, souvent noyée de divers effets et parfois criarde (elle peut faire penser sur certaines chansons à la voix de Feverish). Les guitares sont à la fois tranchantes, funky, noisy, claires mais ne prennent jamais le dessus sur le reste des instruments contrairement au clavier. Au rayon invités, le quatuor a fait appel à la crème de la scène québécoise actuelle : Loco Locass qui vient déverser son flow sur "La russe", Pierre Lapointe qui chante sur "Montréal -40°C", Simon Proulx des Trois Accords et un membre de The Dears.
Véritable succès au Québec, Trompe l'oeil commence à avoir des échos positifs notamment aux Etats-Unis où le groupe y fait une tournée actuellement et en France où quelques concerts ont déjà été donné. Malajube donne une bouffée d'air frais au paysage musical rock francophone, et selon son chanteur, n'a pas encore écrit ses meilleurs chansons. Ca promet pour la suite.