Rock Rock > Maat

Biographie > En haut du mât

La formation de Maat remonte à début 2003. Le groupe est alors composé de Cyril (chant et guitare), Laurent (guitare), Ghis (basse) et Manu (batterie). Malheureusement, Manu disparaît soudainement un an plus tard. Inutile de préciser que le groupe en est grandement affecté. Maat oscille entre résignation et volonté de continuer. C'est finalement ce second choix qui est opéré par la formation bisontine. C'est donc Fre qui succède à Manu, au poste de batteur. Entre 2004 et 2005, le groupe donne pas mal de concerts (aux festivals La Guerre Du Son, Tribul'A Son, Swimming Poule, ...), participe à l'Europe 2 Campus Tour de 2005 et partage la scène avec Ange, Prohom, No One Is Innocent mais aussi Sinclair et Superbus, ... Le quatuor enregistre une démo autoproduite au printemps 2005 et en juin, Ghis cède sa place à Olivier.
En novembre 2005, le groupe enregistre au studio Pole Nord (Defdaf, Second Rate, ...) son premier album avec Fred Gramage (Burning Heads, Dead Pop Club, ...). On m'a dit (c'est son nom) est masterisé par Jean Pierre Chalbos à La Source et sort fin février 2007 via Mosaïc Music Distribution.

Maat / Chronique LP > On m'a dit

Maât : On m'a dit On m'a dit qu'un jeune groupe de "rock français", dans la lignée de Noir Désir, devrait faire pas mal de bruit au printemps. Et ce groupe, il s'agit de Maat dont les capacités à marquer l'auditoire sont bien développées. Car lorsqu'on écoute les premières mesures de cet album, d'entrée de jeu, on sait qu'avec Maat, ça rock fort (ah ah !) et qu'ils ont l'air de s'en sortir !
Et au bout d'une multitude d'écoutes, la supposition devient certitude. On a donc bien à faire à un quatuor livrant un album plein de panache, à l'écriture fougueuse, laissant la part belle à un étalage d'énergie, mais aussi de sensibilité, qui a de quoi redorer les couleurs du rock français, rien que ça ! Enfournant à grande volée des refrains accrocheurs ("la France n'a plus besoin de toi / elle préfère et de loin s'éloigner de toi", "mon esprit occidental juge et trouve ça immoral", ...), distillant de savoureuses mélodies ("L'abstinence"), propulsant des brûlots ("La vie de Marie", "Man") en guise de défouloir, maniant un phrasé musical conquérant et des textes tour à tour écorchés et vindicatifs, Maat montre ses muscles tout en dévoilant une générosité à toute épreuve. Le groupe aborde des sujets variés, et donne à chacun une saveur particulière, que ce soit en traitant de la peine de mort ("Assassin") ou d'un tueur en série ("Peu importe" lui emboîtant le pas), des délocalisations ("La France" très caustique) ou des possibles traumas de l'adolescence ("L'abstinence", "Souffre douleur"). Mais les Maat ne se cantonnent pas à cela et offrent des tranches ouvertes à des digressions poétiques ("Les anges") et ne pouvaient oublier de faire un hommage à Manu ("Man"). Si la plupart des titres sont cernés d'une aura vivifiante, cela n'empêche pas Maat d'en livrer d'autres avec davantage de mansuétude ("Le pervers", "L'abstinence"). Ou d'enrober "Red silicium" d'un ton clinique faisant penser à Villa Vortex et d'extraire au pied de biche "E.D.B." de son coffrage.
Même si il est dommage de déceler ça ou là des analogies avec des groupes référents (comme Noir Désir), vu la pertinence de l'écriture, les efforts consentis à la composition, et les moyens offerts à la production, les intrépides Maat devraient trouver aisément un (large) public avec ce premier album. En tout cas, c'est ce qu'On m'a dit...