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Biographie > Petite berceuse entre amis


Originaires de Dijon, Brice (guitare/ chant), Mickaël (basse) et Benjamin (batterie) ont commencé à jouer ensemble à la fin de l'été 2005. De répétitions en véritables sessions de compositions, de simples jams en véritable morceau structuré, le trio se retrouve rapidement avec assez de matériel audio pour enregistrer un premier effort, un disque en forme de coup d'essai qui leur servira à démarcher médias, labels et salles de concert. Et finalement, moins d'un an après ses débuts en tant que groupe, Lullaby débarque déjà avec un premier EP 7 titres éponyme à l'artwork esthétiquement soigné et des échos plutôt flatteurs... Un an et demi après, le groupe remet ça avec seulement 4 titres, mais 4 bombes power-pop/rock regroupé sur un EP baptisé Duality.

Lullaby / Chronique LP > Rosebud

Lullaby - Rosebud Enfin... les Lullaby passent à l'échelon "supérieur", après deux EPs très prometteurs et déjà une belle poignée de pépites power-pop "à l'anglo-saxonne" ciselées "at home" et exécutées avec un talent certain, à leur actif. Rosebud, le premier album du groupe était donc forcément sur le notre radar depuis plusieurs semaines et lorsque celui-ci débarque enfin sur la platine, un constat s'impose : il s'agit là du plus efficace des albums de brit-pop... français, entendu depuis des lustres. Que ce soit avec sa mise en orbite, sur le tubesque et survolté "Ordinary man", gorgé de power-pop hi-energy aux sonorités très "Oasis-like" dedans (mais le Oasis qui a révolutionné son époque hein...), ou le fracassant "Sweet addiction", petite merveille de songwriting aiguisé, de groove atomique et de mélodies addictives. Une guitare versatile, un tempo enflammé et un refrain qui s'imprime dans l'esprit de l'auditeur avec une aisance confondante, Lullaby réussit son coup, pleinement. Proposer une véritable album de pop très électrique sans pour autant se faire écraser par l'ombre des princes venus d'outre-Manche, il fallait le faire, après deux premiers essais au format court et déjà annonciateurs d'un talent en devenir, le groupe confirme et assume sans ciller...
Faut dire aussi qu'aux morceaux les plus endiablés s'ajoutent des ballades explorant des territoires plus planants non sans une certaine réussite (le très beau"Memories", "Join our forces" et ses escapades trip-hop). Malgré tout, entre deux morceaux calibrés pour tout renverser sur leur passage ("W / W"), le groupe se laisse aller à quelques facilités ("Cheerful parade", "Take a break") et peine parfois à sortir d'un sillon musical déjà largement exploité par nombre de leurs alter-ego anglo-saxons. Mais là où l'on aurait pu craindre que le groupe ne décline sa recette à l'infini (comme le font beaucoup de leurs contemporains signés en majors), jusqu'à plus soif, le voici qui ose prendre des risques avec le frondeur et noisy "Discollision" ou jouer la corde de l'émotionnel ténu sur l'enchaînement "Everyone's got a secret" / "I'm still wandering" / "Farewell song", délaissant un tout petit peu le côté fougueux du début de l'album pour s'en aller écrire des chansons qui feront vibrer toute une salle en concert. En attendant le live...

PS : par contre, visuellement, le rendu est un peu décevant...

Lullaby / Chronique EP > Duality


lullaby_duality.jpg Après un premier EP éponyme il y a un an et demi, les prometteurs Lullaby refont parler d'eux avec Duality, un deuxième mini-album composé de 4 titres dont la vocation principale est de, sans nul doute, préparer le passage à l'étape suivante : le long-format, en s'assurant que la surprise de l'essai inaugural n'était pas un feu de paille. Les dijonnais s'appliquent à rassurer leur auditoire dès les premières secondes de "No mercy". Entre Biffy Clyro, Muse, Radiohead et les Foo Fighters, voire même par instants Placebo, Lullaby livre un titre ultra-mélodique, facile d'accès, particulièrement bien troussé et aussi puissant qu'efficace. Mention spéciale au final, aux tendances post-rock à peine réfrénées qui font de "No mercy", un premier titre mélangeant avec beaucoup de goût, influences de marque et véritable personnalité musicale. Faire du rock indé, chanté en anglais en revendiquant haut et fort les influences de groupes majeurs est, à double-tranchant. Car, le genre est ultra-balisé, des dizaines de groupes encore jeunes et autoproduit cherchent à sortir du lot en usant des mêmes artificies (du moins en apparence) et il est bien difficile de se faire une place au soleil, mais si réussite il y a, elle est toute de suite bien plus éclatante.
Lullaby n'en est pas encore tout à fait là, mais "Great escape" démontre que ses qualités entrevues précedemment ne doivent rien au hasard et que le groupe fait preuve d'un véritable savoir-faire pour composer des titres catchy à souhait, des tubes aux riffs rock acérés et mélodies affirmées. A ce titre "You lie", pratique un réjouissant mélange des genres, entre fulgurances post-rock progressives et plans plus classiquement power-pop (idéal pour les radio indépendantes soit-dit en passant), avec un souci permanent ce détail qui tue. Un duo basse/batterie qui ne cherche pas à en mettre plein la vue mais plutôt à la jouer humble et efficace, pendant que la guitare s'embrase en envoyant les décibels et que le chanteur, au timbre de voix assez particulier, se charge de parachever le travail. 3 premiers titres qui ne laissent aucun doute sur les qualités intrinsèques du groupe et voilà que Lullaby repousse ses propres limites sur "Hark back" qui évoque par instants le chant de Brian Molko (Placebo). Une mélodie qui vient instantanément se greffer dans notre mémoire, des instrumentations particulièrement soignées et toujours une maîtrise de tous les instants. Seulement 4 titres à écouter en boucle pour Duality, mais un avant-goût extrèmement prometteur ce que pourrait être l'avenir du groupe. Alors, à quand la suite ?..

Lullaby / Chronique EP > Lullaby

lullaby.jpg Doit-on s'en plaindre, lorsque l'on voit la qualité globale des derniers albums sortis par les supposés "gros" groupes de la scène pop ou rock internationale, (cf : l'infâme série de compositions sensées former le dernier album de Muse), on peut se dire qu'un groupe tel que Lullaby a quelque chose de rassurant. Evidemment, s'ils sont encore loin d'avoir ce qui fait la magie d'un Radiohead, ce trio frenchy a, dès les premiers titres de son premier EP éponyme, assez d'arguments à faire valoir pour ne pas sombrer dans la facilité que l'on observe de plus en plus chez les artistes issus des majors. Parce qu'après une entrée en matière assez classique dans l'esprit pop-rock alternatif des années 2000 (le mélodique mais convenu "Maybe alive"), le groupe évolue un cran au-dessus dès le deuxième titre de ce maxi.
Avec "The fall", il oscille, avec un savoir-faire évident, entre émo-pop et indie rock et délivre ainsi un titre en forme de complainte mélodique à l'intensité émotionnelle palpable et au songwriting empreint d'une certaine noirceur dépressive. Une pépite fragile et inspirée qui laisse évidemment supposer que le groupe en a sous la pédale. Moins réussi que son prédécesseur, "Lost" est un titre un peu plus mainstream mais qui démontre une nouvelle fois que le groupe cherche à tirer son épingle du jeu en évitant soigneusement de se cantonner à un registre précis. Alternative dans l'âme, la musique signée Lullaby prend une nouvelle dimension sur l'introspectif et orageux "My testimony", un titre largement instrumental, aussi labyrinthique que mélancolique et d'une étonnante matûrité artistique. Délaissant un temps les atmosphères, les dijonais laissent éclater leur colère dans le rageur "Your prayer's a war". Un esprit presque punk pour un morceau très direct, brut de décoffrage qui démontre encore une fois, que le groupe n'a peur de rien et qu'avec toute l'insouciance de son inexpérience, parvient à éviter de calibrer sa musique pour seulement faire ce qu'il lui plaît.
Et à ce jeu là, on prend le risque de convaincre par son intégrité artistique, voire par des compositions refletant un talent évident, mais on peut également parfois passer un peu à côté de son sujet. C'est un peu le cas avec un "Je pars en paix", en version française et au chant qui ne colle pas vraiment avec le reste. Sans doute la faute d'un texte écrit la langue de Molière et ne produit pas l'effet escompté lorsqu'il est associé à des instrumentations rock très anglo-saxonnes. L'anglais étant souvent préferable lorsque l'on essaie d'évoluer dans des contrées émo-pop / indie-rock. Evidemment (et tant mieux pour l'auditeur), Lullaby ne saurait terminer ce premier effort discographique sur une fausse note et conclue avec le très alternatif "Down". Un septième et ultime morceau où l'on note encore une fois l'omniprésence des lignes de guitares tantôt mélodiques, tantôt noisy. Des arrangements savamment orchestrées, des mélodies véneneuses soigneusement distillées et l'intelligence de varier les genres, pour ses débuts et sans annoncer un coup de maître, le trio s'en sort avec les honneurs. (Très) prometteur.