Louis Aguilar Ça faisait quelques mois que le nom de Louis Aguilar tournait dans le milieu indé lillois. Après une première partie en solo avec Scout Niblett qui avait attiré notre attention, il y a de ça une bonne année, le (tout jeune) bonhomme revient avec une nouvelle formule, c'est à dire avec des musiciens et un propos musical qui semble atteindre la cible. La faute à des influences qui nous caressent dans le sens du poil (Neil Young, Bonnie Prince Billy) mais aussi à un songwriting qui tient la corde, des préliminaires au sacro-saint câlins-clope puis petit-déj' de tout gentleman qui se respecte.
Dès le premier titre, on sent le potentiel du projet : la mélodie est bonne, le chant est très plaisant, le refrain est facilement assimilable, le spleen qui en découle est assez délectable, bref, c'est une entame d'album comme on les aime. La suite ne révélera pas vraiment de failles, ni de surprises. Close your eyes, you're invisible est un album routinier dans le bon sens du terme, qui ne sort jamais d'une certaine zone de confort, par un groupe qui visiblement maitrise son sujet et semble vouloir exploiter la route jusqu'au terme, sans se disperser. L'album reste toutefois suffisamment varié dans les ambiances pour accrocher et plaire avec une facilité déconcertante : un titre comme "Tales of a rocking boat" et ses lalalalas enjoués sont assez vites contagieux tandis que l'effort se conclue sur un morceau ("Six feet under") plus long et à l'atmosphère presque Earthienne : un léger revirement d'orientation, avec des guitares plus voluptueuses, vraiment intéressant.
En gros, des influences pas dégueulasses, une capacité à écrire de chouettes morceaux assez solides et une palette d'ambiances variées font de ce disque un tout assez attachant. Bien joué Monsieur Louis Aguilar. Seul petit bémol et encore je chie dans la colle (sport olympique au W-fenec) : la pochette, digne du tatouage de Tonton Roger, docker sur le port de Dunkerque, fait lors de sa tournée des bordels d'Amsterdam dans les années 60.