The Lost Communists Band The Lost Communists Band Salut Mika, peux-tu nous dire quelques mots sur vous pour les gens qui ne vous connaissent pas encore ?
Le groupe s'est construit autour de Fabien (bassiste), à partir du printemps 2004. Le plus grand bassiste de Limoges (1,97m) fait appel en premier lieu à des membres de Bookmaker, Alfred et Moustique, respectivement batteur et claviériste. Majed, le guitariste, viendra compléter le line-up avant mon arrivée au chant. Le premier concert a eu lieu au Grand Zanzibar fin avril 2005. Depuis mars 2010, Martin remplace Majed à la guitare, ce dernier étant parti coiffer des lamas en Amérique du Sud.

Vous êtes plutôt bien conservé pour des jeunes qui sont reclus depuis 40 ans. Est-ce que l'on peut dire que The Lost Communists est une sorte de renaissance, une réincarnation des sixties ?
On a très vite eu besoin du paquetage standard (démo + bio) afin de trouver des concerts. On avait donc tout simplement le choix entre relater une poignée de concerts peu significatifs ou inventer une histoire idiote pouvant combler toute une page. Le récit imaginé pour cette bio prenait forme dans un contexte de guerre froide où nos cinq musiciens, enrôlés par le KGB dans les années 60, représentaient une réponse à la puissante arme de propagande américaine : le rock'n'roll. Après 40 ans de réclusion, ils comptaient bien se faire connaître du public. Cette stupidité, en sus d'illustrer notre nom et notre musique, nous a permis de décrocher plein de concerts. Ajoutez à cela le fait que nous montions sur scène vêtus de costumes de l'Armée Rouge, le tout s'assemblait super bien avec nos diverses influences.

Comment expliques-tu que, de notre temps, des jeunes de votre génération jouent un style rétro ? Cela ne vous intéresse pas la house music ? Plus sérieusement, est-ce une manière de rappeler aux gens d'où vient le rock ?
Je ne pense pas que quiconque veuille rappeler quoi que ce soit à qui que ce soit. On peut juste noter que les jeunes générations sont à chaque fois concernées par des "revivals". Avant que nous soyons touchés par une renaissance des sixties, certains d'entre nous avaient été touchés par un retour de la musique jamaïcaine. Aujourd'hui par exemple, on peut aisément remarquer chez de nombreux groupes un intérêt pour le psychédélisme. Selon les artistes, ces influences contextuelles sont plus ou moins identifiables, mais elles demeurent cependant. Aujourd'hui, peu de musiciens innovent réellement. Je ne pense pas être le seul à dire que presque tout a été exploré. Pour ce qui est du rock, toutes les arborescences de sa définition ont été explorées, re-explorées, mélangées, parfois un brin innovées. Il arrive de temps en temps qu'un aventureux apporte une nouvelle pierre, l'originalité, mais bon. Encore faut-il que ça nous parle ! Ceci dit, je suis assez friand des prods innovantes.

Quelles sont vos principales influences dans les sixties et d'un point de vue plus global?
Les principales influences de The Lost Communists sont plutôt rétros : garage 60's, british invasion, soul ou R'n'B. On a beaucoup été séduits au départ par The Dirtbombs, King Khan & His Shrines et The Now Time Delegation. On peut y ajouter les Frig A Gogo ou les Make Up. Sinon on consomme beaucoup de rock, de divers horizons comme l'excellent album des Movie Star Junkies, les Magnetix, Reigning Sound, ou les Strange Boys, The Almighty Defenders, Dan Auerbach, The Oh Sees, etc.

The Lost Communists -The 12 last night of a pastor judge guilty Votre album est sorti vers la fin de l'année dernière, quels en sont les retours de la presse et du public ?
Les retours presse sont plutôt bons. Une partie de notre public a tout de même montré quelques réticences envers cet album car les compos sont beaucoup plus produites que ce que nous faisions auparavant sur scène. On peut avouer que ce choix a quelque peu détérioré l'énergie que le public nous connaît en live.

Travailler avec Matt Verta-Ray, c'était une volonté de départ ou un choix qui s'est fait sur le tard ?
Nous avons travaillé avec Matt Verta-Ray parce que l'occasion s'est présentée. C'est Francis Vidal, le boss d'Allez les Filles à Bordeaux qui nous a mis en relation avec Matt. Ce dernier parle le français couramment et est on ne peut plus amoureux de notre pays. En compagnie de ce gentleman, de Bruno Saby qui l'assistait lors de l'enregistrement, on a passé une super semaine.

De quoi parle votre album ? Est-ce que les 12 chansons (en considérant que Freaky Zombie n'en fasse qu'une) représentent les 12 dernières nuits d'un pasteur jugé coupable ? Qu'elle est l'idée derrière ce titre ?
Les douze chansons sont bien sensées représenter les douze dernières nuits de ce pasteur. Elles ont bien sûr été composées indépendamment de ce titre. C'est en cherchant un titre pour cet album, afin de donner à l'ensemble une cohésion, que le tout a pris forme. VJ Drone, à qui l'on doit l'illustration de cet album, a tout de suite été inspiré par cette idée. J'ai toujours entendu dire qu'une bonne chanson rock n'était ni plus ni moins que la sublimation du quotidien. Ces chansons sont pour la plupart la sublimation de mon quotidien, des plus banals, et plutôt nocturne.

Es-tu plutôt vinyles, CD, Mini Disc ou Mp3 ?
Plutôt vinyles. Pas contre les autres médias, mais plutôt vinyles.

As-tu des groupes à conseiller pour des gens qui apprécient votre musique ?
Après ceux cités précédemment, on peut rajouter Sexareenos, The Mojomatics ou Hara Kee Rees pour les groupes officiant dans le rétro. Sinon pour avoir une idée plus concrète de ce que l'on écoute, il suffit d'écouter Le Bal des Freaks (Radio Show auquel Fabien, Martin et moi participons) sur myspace (NDLR : http://www.myspace.com/lebaldesfreaks)

Dernière question : Parles moi un peu de ta ville, Limoges. Qu'est-ce qu'il se passe de bien là bas, niveau musical, structures pour les groupes. ?
Tout Limoges regrette la récente fermeture du Woodstock Boogie Bar, un café concert où l'on était habitué à traîner. Il nous reste heureusement le CCM John Lennon, La Fourmi, et La Fédération Hiero Limoges, pour égayer nos soirées. On peut s'offrir des disques chez Undersounds (disquaire associatif) qui propose les productions locales telles We Are Not Indians (groupe dans lequel on peut retrouver Martin, Fabien et Alfred), Jack Hero, Sideburns Sweats, Bee Dee Kay & The Rollercoasters, MYCIAA, Attentat Sonore, etc.