los disidentes del sucio motel Depuis les débuts du groupe, vous faites de temps à autre des concerts acoustiques, pourquoi avoir mis tant de temps à le faire sur un EP ?
Greg : À chaque album, on avait cette urgence de sortir le plus vite possible du gros son, et l'envie de faire un EP entièrement acoustique n'était pas du goût de tout le groupe.
Daniel : On voulait apporter quelque chose de plus qu'une simple réorchestration de nos morceaux, quelque chose d'inédit qu'on n'avait pas encore fait. L'arrivée de Katia et de ses multiples talents, notamment au violoncelle qu'on peut entendre sur l'EP, nous a permis d'apporter ce petit truc en plus que l'on cherchait tous. Le fait que Nico ait également beaucoup appris en termes d'enregistrement et de maîtrise du son a été un autre élément déclencheur, nous permettant de maîtriser l'ensemble du projet.

En temps comme en moyens, ça demande beaucoup plus d'investissements qu'un simple envoi de morceaux sur Bandcamp...
D : Oh oui, clairement et on s'est rendus compte que cela nous a pris plus de temps que prévu surtout pour tout ce qui gravite autour de l'EP en lui-même comme l'artwork, les photos, les clips... Au départ, on parlait juste d'une sortie dématérialisée mais visiblement, on n'arrive pas à se contenter de quelque chose de simple.

Comment s'est faite la sélection des morceaux ?
G : On a sélectionné des titres de toute la discographie du groupe avec également les reprises qu'on avait faites, puis on a fait une shortlist des morceaux sur lesquels on se projetait plus et avec lesquels on aurait une plus grande diversité de types de chansons.

Vous auriez pu ajouter "The great filter" ou d'autres titres déjà enregistrés ?
G : C'était une possibilité de rajouter "Filter"... Mais finalement quand on a opté pour un EP plutôt qu'un album, nous avons écarté ce titre notamment pour des raisons de longueurs.
D : De plus, comme on l'avait déjà sorti au format vidéo, tout comme "The key", on a préféré se concentrer sur des titres "inédits".

Les chansons extraites de Polaris ont été composées à l'électrique ou à l'acoustique ?
G : Polaris n'a pas été composé en acoustique, mais bien avec des riffs électriques. Le défi sur Breath était de transformer ces titres sans les dénaturer, en amenant différemment les riffs de guitare ou les mélodies à la voix.
D : L'adaptation des morceaux de Polaris s'est faite assez naturellement je trouve. Même si elles ont été composées en électrique à la base. Comme tous les groupes qui s'essayent à cet exercice, le plus compliqué est de savoir ce qu'on veut faire. Simple adaptation ? Réorchestration ? Intimiste ?

Reprendre "Z" sans les samples, ça dénature un peu l'idée d'origine, pourquoi avoir choisi ce titre ?
G : On adore cette chanson qu'on joue toujours en live électrique et elle est la seule chanson d'Arcane. L'évolution de l'ambiance de "Z" sur Breath relève d'une dark folk, où le lapsteel côtoie des chœurs et un violoncelle qui gronde. Même sans les samples, on y retrouve l'ambiance pesante d'origine, d'une menace.
D : "Z" est une chanson qui nous tient particulièrement à cœur pour plusieurs raisons. En ce qui me concerne, c'est une des premières chansons où j'ai dû sortir de ma zone de confort en termes de chant. Le fait de pouvoir faire ressortir ces voix si particulières dans une version acoustique m'a tout de suite conquis. Si effectivement on dévie de l'idée originale, le violoncelle et le lapsteel nous ramènent un peu dans cette ambiance inquiétante et glauque.

Est-ce que les réarrangements font débat ou vous êtes unanimes sur chaque version ?
G : Il y a eu quelques débats sur "Plague" et "Horizon", mais quand on regarde à quel point on a cinq chansons uniques avec une grande palette d'arrangements, ça valait le coup.
D : Il y a toujours quelques discussions sur les réarrangements, mais je trouve que globalement, on ne s'est pas trop pris la tête.

Dans ma chronique, j'évoque David Gilmour et note une coïncidence entre "Breathe" et Breath, alors, simple coïncidence ou pas ?
D : Coïncidence ? Je ne crois pas ! Il est clair que Pink Floyd reste et restera toujours un de nos groupes références mais sans rapport avec l'idée de Breath, je n'ai fait le parallèle que dans un second temps. Ce souffle que nous a procuré cet EP nous a fait un bien fou !
G : C'est un clin d'œil et surtout une belle référence aux Floyd qui reste une de nos sources d'inspiration.

Vous avez travaillé un peu chacun de votre côté pour proposer des trucs avant de bosser ensemble ?
D : Comme habituellement, c'est Nico qui essaie d'adapter le riff principal à la guitare, mais je pense que chaque membre du groupe avait une petite idée à apporter à chaque chanson.

Los Disidentes Del Sucio Motel - Breath Les sonorités sont très travaillées, à quel point le travail en studio est important ?
D : C'est quelque chose que l'on aime bien faire. Malgré le temps que cela peut prendre, on aime ce jeu que sont les arrangements en studio. Que ce soit pour de l'acoustique ou de l'électrique d'ailleurs ! Ce que j'apprécie particulièrement à mon niveau, c'est le travail des voix. L'ajout d'une voix féminine nous permet d'explorer d'autres facettes et d'autres sonorités tout en apportant un peu de douceur qui est particulièrement bien adaptée à l'acoustique. Nous avons toujours essayé de travailler l'ensemble des instruments en apportant de nouvelles choses.

Un clip doit bientôt sortir, on peut en savoir plus ?
G : Nous voulions un clip très aérien car lié au souffle (Breath) sans forcément coller à la pochette, en effet il y a pas mal de groupes qui tournent dans la nature. Après des semaines de recherche avec le réalisateur Germain Lalot, on a trouvé des lieux très graphiques à Strasbourg, un toit d'un grand immeuble et dans le Hall de l'Ecole de Management de Strasbourg, où on peut nous voir interpréter "Blood planet child".
D : On a surtout eu très froid ! Mais ça en valait la peine !

Vous êtes très actifs sur les réseaux sociaux, c'est devenu indispensable ou c'est un kiff ?
G : C'est effectivement indispensable car il s'agit de toujours fournir à notre communauté des petits éléments pour montrer notre quotidien ou des méthodes de travail, etc. On se prend au jeu au fur et à mesure des mois et cela devient un kiff de trouver des nouveaux moyens pour intéresser ou faire rigoler un peu les gens.
D : Pour être tout à fait franc, je ne suis pas du tout à l'aise avec les réseaux sociaux, mais c'est devenu un passage obligatoire si tu veux avoir un peu de visibilité. Je m'y mets doucement, je me renseigne et j'avoue qu'il y a une part de moi qui commence à trouver cela intéressant. Le plus gros problème selon moi, c'est qu'il ne faut pas être présent que sur un seul média mais bien sur l'ensemble !

Les amateurs du groupe et les chroniqueurs ont l'air aussi emballés que moi, ça motive à faire une suite ?
D : (rires) On verra ! Une chose est sûre, c'est que nous n'en avons pas fini avec cet aspect de notre musique. On prépare une grosse surprise, mais pour l'an prochain uniquement car cela va demander beaucoup de préparation...

Alors, quel est le futur proche du groupe ? Des concerts ? En acoustique ? Moitié/moitié ? De nouvelles compositions ?
D : En ce qui concerne les concerts, nous en avons quelques-uns cet été. En revanche, nous sommes clairement en phase de composition pour le nouvel album électrique qu'on espère pouvoir sortir au plus tard l'an prochain...