Lolicon - Blackjack Il y a des disques comme ça que l'on promet de chroniquer en étant évidemment persuadé de le faire rapidement. Puis les jours passent, deviennent des semaines, puis des mois, entre-temps les CDs s'empilent sur le bureau, deviennent une pile, laquelle se démultiplie furtivement de manière exponentielle et au final, on se retrouve rapidement submergé par le flot de sorties plus ou moins récentes à chroniquer. Ego démesuré oblige, on se dit que ça va quand même passer et qu'on sera dans les temps mais il faut bien reconnaître que certains albums sont relégués au second puis troisième plan. Et puis un beau jour, du fin fond de l'une de ses piles "en attente", le CD en question remonte par les bonnes grâces d'une "review session" frénétique et voici que l'on s'attelle enfin à la tâche avec une bonne année et demi de retard. "Avec le temps et la patience, la feuille du mûrier devient de la soie" a dis un jour un mec en Chine qui devait être arrivé foutrement en retard à un dîner de famille...
Blackjack par Lolicon donc. Le groupe de nos années lycéennes qui passe à l'âge adulte (ou pas...) en sortant son premier album "long-play". Entre rock aux effluves métalliques et fusion punky, le tout chanté dans la langue de Molière (garsp...), le groupe livre ici un premier effort gorgé de compos "adulescentes" aux textes contemporains, certes parfois un peu naïfs, mais plutôt bien plaqués sur des accords de gratte tantôt assez easy-listening, tantôt plus clinquants ("Schizophrene", "Rocksound"). Pour le spectre musical, on dira que les Lolicon "empruntent" autant à Mass Hysteria qu'à Incubus, le tout avec une petite touche "Lostprophets meets Foo Fighters". Bon après il y a la problématique toujours un peu aléatoire du texte en français... que l'énergie d'un "J'en rêve encore" parvient à occulter avant que "Le poids des mots" ne vienne un peu plus asseoir l'efficacité du groupe et d'un album, certes pas exempts de défauts de fabrications mais également muni de quelques belles munitions rock fusion. Assez curieusement, là où des titres de la trempe d'un "L'envers du décor" ou d'un "Otage" remplissent allègrement leur cahier des charges, la déception vient du "single" de l'album : l'éponyme "Blackjack". Trop mainstream, trop "light" là où le groupe n'est jamais meilleur que lorsqu'il monte le volume de ses amplis et qu'il envoie du gros son. Comme une évidence...