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Biographie > Tokyolites

Quatuor japonais de math rock instrumental, Lite se forme en mai 2003. Kozo Kusumuta et Nobuyuki Takeda (guitares), deux amis d'école, se joignent à Jun Izawa (basse) et Akinori Yamamoto (batterie) et commencent à se chercher musicalement sur deux démos. Puis, en 2005, un mini-album appelé sobrement Lite, sort sur le label NMNL Records (filiale de Tower Records Japon). Lite enchaîne les concerts sur Tokyo (leur ville) et ses environs, puis part en tournée en 2006 dans tout le Japon en compagnie de Straightener. Le mois de mai de cette même année, voit la sortie du premier album, Filmlets, toujours sur le même label. Le groupe en profite pour reprendre "Everything in its right place" de Radiohead pour le tribute Radiohead Master's Collection. L'Europe s'ouvre aux quatre japonais lorsque le label irlandais Transduction Records réédite le premier mini-album de la formation en juillet. Cargo Records se charge de la distribution et une tournée en Grande-Bretagne s'en suit (le EP Live in Limerick, issu de celle-ci, est vendu aux shows). Le 3 septembre 2007, Transduction Records sort A Tiny Towfer, un split de Lite et Funanori (groupe de Mike Watt, bassiste de Iggy and the Stooges et Kaori Tsuchida de The Go! Team). En mai 2008, Phantasia, deuxième album des tokyoïtes sort au Japon puis en Europe (agrémenté d'un CD édition limité) le mois suivant.

Lite / Chronique LP > Phantasia

Lite-Phantasia Quoi ? Encore un groupe instrumental sur le W-Fenec ? Alors là, je vous vois venir. Non, vous n'aurez pas de post-rock (ou si peu...), pas de post-hardcore, ni même du dub ou de l'électro puisqu'ici il s'agit ici de math-rock. Des américains ? Et non, perdu, des japonais ! Oui, au Japon, on ne fait pas que de la pop à deux balles, du pseudo rock pour minettes ou autres débilités. Parfois les nippons nous surprennent. On connaît déjà des valeurs sûres tels que Envy, Boris, Mono, Melt-Banana ou les expérimenteux de Boredoms mais beaucoup moins les tokyoïtes de Lite. En phase totale et maîtrisant la synchrone, le quatuor délivre un arsenal de notes et de rythmes endiablés, complexes et effrénés à en provoquer une dyspnée. En écoutant Phantasia, on est en droit de se demander si ce n'est pas un énième projet d'Omar Rodriguez-Lopez (At the Drive-in, The Mars Volta). Mais non, le manque de soli nous fait vite partir sur une autre piste. Lite est plus proche de Don Caballero, Milgram ou bien Keiko Tsuda. Et puis, plus les pistes avancent, plus on se laisse entraîner dans leur univers, et plus on se rend compte que Lite est bien plus que ça. Dans le croisement des notes, des accords et des phrasés de guitares, on tombe sur des rythmes de jazz-fusion, de funk groovy à souhait et des ambiances post-rock hypnotiques. A ce propos, la chanson éponyme, Phantasia, avec son début à la Liquid Tension Experiment, est l'archétype même des chansons de Lite. C'est mouvementé, rapide, ça se calme puis ça repart. C'est, en somme, sinusoïdal. Même si la plupart des titres sont de cet acabit, on passe également par des brûlots post-rock magnifiques tels que "Fade" (et son riff à la Deftones) ou "Solitude" qui sont éminemment jouissifs et qui ne sont finalement pas si loin d'un groupe comme Stellardrive. Alors qu'il est incontestable que dans Lite, tous les instruments sont d'une importance majeure, il apparaît tout de même que les guitares et la batterie masquent le travail du bassiste. Est-ce un choix volontaire du groupe ? Et ce n'est pas les quelques infimes moments de solitude qui rattraperons l'affaire. Lite est un peu à l'image de la pochette de Phantasia, dont l'artwork rappelle un peu ceux d'Ez3kiel : dans une zone urbanisée (on imagine Tokyo), ils laissent libre court à leur imagination sans être dirigés ou influencés (la main sur le visage) tout en faisant face au naturel qui les observe (on imagine un public qui ne les connaît pas). En tout cas, on peut déjà imaginer que les tokyoïtes ne seront pas exempts de critiques lors de leur shows.