Liquid Bear - heavy grounds Estampillé stoner psychédélique avec leur premier EP Unwind en décembre 2018, Liquid Bear cherche à brouiller un peu son image avec cette nouvelle "petite" sortie (un 5 titres) qui, sans renier ses bases, va titiller d'autres sphères, que ce soit la pop, la prog ou pourquoi pas le grunge. Fort de ses expériences passées, Kostia R. Yordanoff (basse et chant) ayant joué avec Gaspard Kremer (claviers) et Adrien Rouyer (batterie) au sein d'Abaendon (mais également en solo tout comme le guitariste Ilya Franciosi), le groupe a réussi à créer des titres riches (et bien produits car ils assurent aussi bien les prises que le mixage) mélangeant les genres sans barrière pour se forger une identité aussi forte que le vert pétant de la plaque (coucou Bison Bisou).

La pesanteur de certains riffs, quelques effets de reverb sur le chant et un paquet de déchirements lancent l'EP, c'est "Goblin crusher" dont l'introduction n'est pas sans rappeler les premières heures d'Alice In Chains (d'ailleurs l'artwork présente un animal avec une photo saturée dans le vert/jaune, oui, ça me rappelle le Tripod), le clavier en mode orgue Hammond vient nuancer le tout mais c'est bel et bien à un des groupes phares du mouvement grunge que j'ai pensé en premier à l'écoute de Heavy grounds, le rythme et les sonorités ramènent le titre davantage dans les seventies (du côté de Deep Purple notamment). On reste dans ces années-là avec "The frog" et "Waiting to burst", bien plus nerveux et barrés, l'occasion de noter que le groupe fait bien de citer King Crimson dans ses inspirations, ces titres sont assez perchés, parfois difficiles à suivre dans leur construction mais finalement ça se tient grâce au chant clair de Kostia qui permet de nous raccrocher à une ligne directrice. Plus lent, "Billions of crabs" est dans l'ensemble plus pop, les sons sont moins (dis)tordus, les chœurs donnent de la profondeur et un certain cachet au morceau. Retour en terrain "stoner" avec les pédales fuzz à la fête pour un "Heavy ground" qui plaira aux amateurs de Mars Red Sky.

Le cul entre plein de chaises, Liquid Bear assume ses goûts, les amalgame et nous fabrique un truc vraiment sympa et assez hors du commun pour qu'il retienne toute notre attention.