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Interview : Light Deflection, au Nord, c'étaient les questions (avril 2020)

Light Deflection / Chronique LP > The only way to reach the surface

Nord - The only way to reach the surface Si Nord ne nous est pas inconnu, c'est que le groupe officiait par le passé sous le nom de Light Deflection, l'arrivée d'un quatrième membre (Manu à la guitare et aux claviers) a incité le groupe a changer d'appellation pour en prendre une plus commune (on a un Nórd (2002) déjà chroniqué ici, on en trouve au Québec, en Roumanie, au Japon, en Suède, en Belgique...) mais continue d'affirmer un style qui mêle ses inspirations à base de styles qui tiennent eux aussi en 4 lettres (post, math, prog ... rock et même hard ou core). Après l'album And now there's only a river left behind (qui nous a échappé), le combo est retourné au printemps 2019 bosser au Boss Hog Studio avec Clément Decrock (General Lee, Voice Of Ruin, Anorak, Tang, The Prestige, ...) et sort donc The only way to reach the surface lors de ce printemps 2020.

Les qualités entrevues avec leur premier EP sont confirmées ici, la distance, bien plus longue, permet au combo d'explorer encore davantage de pistes vers le métal (des passages hurlés, d'autres très marqués par le post hard core) tout en conservant le pouvoir ensorceleur de la voix de Florent et une base rock alternatif avec des distorsions douces comme un groove plus mesuré que sur les élans progressifs ou matheux que ne se refuse pas le quatuor. Leur plus grand talent est certainement de passer d'une ambiance à l'autre avec une facilité déconcertante, d'un moment calme avec un chant doux, on se retrouve sans s'en rendre compte dans un déluge de riffs chaotiques avec une voix screamo. Les Franciliens ne reculent devant aucun défi, pas même celui d'incorporer des interludes d'une grande délicatesse entre des titres au format plus "classique" et de terminer leur œuvre (c'en est bien une) par un mouvement épique qui doit leur permettre de quitter les profondeurs pour remonter à la surface, un chemin tortueux qui nous fait vivre toutes sortes d'émotions et confirme l'idée que Nord maîtrise son sujet de A à Z.

Light Deflection / Chronique EP > Light deflection

Light Deflection - Monsters La première idée, c'est que Light Deflection joue une pop imprégnée de post rock de par la tonalité des guitares, la douceur de la voix et la construction des titres. Et puis en réécoutant et creusant davantage, on trouve aussi bien des passages jazzy (la trompette), des moments math rock et des parties influencées par le métal (le gros riff ambiance Sepultura période Roots sur la fin de "Lanterns factory", la chevauchée un peu heavy de "Monsters" enchaînée avec une magnifique relance rock indie). Plus on s'enfonce dans l'EP de Light Deflection, plus on perd nos repères et plus on se retrouve à aimer leur musique pour ce qu'elle est. Tout simplement une musique agréable, nuancée, amalgamant un tas d'idées d'horizons divers avec talent pour créer ce qu'ils sont. Et si je suis déjà très enthousiaste devant tant de qualités, dis-toi que ça pourrait être encore mieux si le trio parisien n'avait pas eu l'idée, alors que l'ensemble sonne plutôt vocalement comme Dredg, de placer quelques phrases aux intonations "à la Muse", certainement histoire de ramener des meufs (sinon, quel intérêt ?), je leur pardonne tant l'ensemble est exceptionnel pour un premier jet.