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Biographie > Vladimir Séchan

Contacté pour faire un concert lors d'une manifestation pour défendre le logement étudiant, Frank ne peut y aller avec Marcel et Son Orchestre car ses potes ont d'autres plans. Ni une ni deux, il appelle Cyril qui a déjà connu de nombreux succès avec les Nonnes Troppo, les VRP ou les Suprêmes Dindes histoire de dépanner pour la soirée. Et la sauce prend, entre jeu de mot ch'ti et engagement politique, ils décident de s'appeler Lénine Renaud. Deux ans après ce premier concert, le groupe sort Mets tes faux-cils, deviens marteau ! (2013) puis récidive deux ans plus tard chez At(h)ome avec 6, rue Brûle Maison, "Brûle-Maison" étant le surnom d'un chansonnier lillois du début du XVIII ème, pour info, au 6, tu trouves une brasserie...
En 2018, le nouvel album s'intitule La gueule de l'emploi.

Interview : Lenine Renaud, Lénine Renaud passe à la question (avril 2015)

Lenine Renaud / Chronique LP > La gueule de l'emploi

Lenine Renaud - La gueule de l'emploi Conservant leur style, les Lenine Renaud semblent un peu moins portés sur la rigolade en cette année 2018. En phase avec la société, ce sont plutôt les difficultés et les accrocs qui nous sont contés, même le "déconneur" a des vagues à l'âme et "Ma copine narcoleptique" ne peut s'empêcher de se terminer par un tacle sur nos députés. L'équipe n'a pourtant presque pas changé, pas de crise de ce côté-là, il y a même eu un recrutement puisque après avoir travaillé pour Alain Chamfort ou Graeme Allwright, Sonia Rekis a pris possession de l'accordéon des Lillois, c'est donc bien le climat social qui a porté le groupe vers des textes et des ambiances qui flirtent entre nostalgie et mélancolie ("Louloute", "Woodstock").

Le décalage reste une de leurs armes favorites pour dérider et oublier ce qui nous entoure, nous plongeant pourquoi pas un siècle plus tôt avec les images du livret ornées de smileys jaunes pour casser l'esprit, dommage car certains collages (ceux de "Les limaces" ou "Libre" par exemple) méritaient mieux que ce photoshopage rapide (comme l'immonde double effet négatif / miroir au dos de l'opus, des graphistes ont connu le goulag pour moins que ça). Des décalages mais aussi des tranches de vie comme celle de la voisine d'en face, celle du gars qui va chercher du "Concentré de tomates" ou du petit "Émile" (putain, celle-là on dirait du Cabrel !), dans ces cas-là, on écoute, on suit les histoires de ces héros de l'ordinaire, on s'attache et on arrive même à être déçu pour eux lors du sappy end ("Marre").

Plus grave que ses prédécesseurs, La gueule de l'emploi n'est pas l'album le plus facile d'accès pour pénétrer le monde de Lenine Renaud, surtout pour celui qui déboule en pensant trouver une alternative à Marcel et Son Orchestre... D'ailleurs peut-être que le retour de ces derniers (au moins sur scène) a capté un peu trop de bonne humeur ou alors, c'est simplement que le groupe est ancré dans la vie réelle et que celle-ci n'est pas toujours réjouissante. Enfin, tout ça, c'est juste mon petit doigt qui me l'a dit, à peine aidé par mon oreille droite...

Lenine Renaud / Chronique LP > 6, rue Brûle Maison

Lénine Renaud - 6, rue Brûle Maison Le duo de frontmen s'est entouré d'une bande de joyeux drilles pour commettre leurs disques, parmi eux Guillaume (guitariste des premières heures), Gauthier (passé par Louise Primate) et leurs vieux potes Jibé (Marcel et Son Orchestre, Mascarade) et Laurent (Les Suprêmes Dindes). C'est donc à six qu'ils s'installent en salle pour vider quelques godets et raconter leurs histoires musicales.

Selon les titres et donc les sujets abordés, on oscille entre historiettes humoristiques dans la lignée de leurs voisins Les Blaireaux ("Mon pote et mon chien", "Transports en commun", "Pourvu qu'il pleuve", "Les liaisons dangereuses", "Les tocs") et idées sur notre société ("Ma môme", "Victor Rodriguez"). Et si quand ça rigole, y'a toujours un peu de fond et quand c'est plus "dramatique", on essaye de garder de l'espoir, c'est quand ils réussissent franchement à marier les deux que c'est plus plaisant ("Qu'est-ce que je devrais dire moi ?", "Le visage de Dieu"). Ceci dit, tu l'aurais vite compris à la lecture de cet exercice de liste, Lénine Renaud a plus de facilité quand il s'agit de déconner que quand il faut rester sérieux et défendre un propos, on est donc bien dans la suite lointaine des aventures des Nonnes Troppo, des VRP ou dans une version acoustique des Suprêmes Dindes ou de Marcel et Son Orchestre.

Les chansons sont en effet servies sur un plateau folk-acoustique ultra chaleureux, souvent assez rythmé, toujours dans le ton des paroles (la tristesse de "La résidence") et offre une grande variété d'ambiances (de la country à la musette en passant par le blues et même l'indus unplugged sur "Hypertrichose palmaire"). Vrai travail de groupe pour ce qui est des arrangements, les couleurs sont propres à chaque histoire et mettent véritablement en valeur les textes qui ne font pas que des vannes directes ou des sketchs ("Pourvu qu'il pleuve" et le piège du blouson noir) mais aussi dans une certaine forme de poésie, en témoigne cet extrait de "Ma môme" :
On habite un meublé, elle et moi.
La fenêtre n'a qu'un carreau qui donne sur l'entrepôt et les toits

A l'écrit, ça n'est pas forcément percutant mais à l'oreille, ça me plaît autant que les petits jeux comme "Mon pote et mon chien" (Quelque soit l'heure ou mon état, il saute de joie quand il me voit, mon ...) ou "Les liaisons dangereuses" (et une jolie liste où Y'a des cruciverbistes avec une case en moins.).