Leisure Birds Les Américains de Leisure Birds font partie avec Poliça, Gayngs, Marijuana Deathsquads, Doomtree, Stnnng et bien d'autres encore, de cette scène bouillonnante actuelle de Minneapolis où la musique se conjugue à toutes les sauces. Et ces dernières ont plutôt bon goût en général. Loin de moi l'idée d'occulter le légendaire Prince, mais ce dernier outrepasse largement le concept d'"actualité", même s'il vient de sortir récemment un double album. Bref, une scène où l'on ose se forger une identité artistique aisément reconnaissable tout en évitant de trop naviguer dans la tendance. C'est en tout cas ce qu'essaye de faire en co-production (avec Moon Glyph) le label Totally Gross National Product qui a sorti Tetrahedron, le troisième album de Leisure Birds. Un titre qui selon les intéressés signifie "ce que l'être humain est incapable de comprendre". Et à l'écoute de leur nouveau bébé, on saisit mieux le sens de leur déclaration. Non pas que les sept sillons de ce disque soient bruitistes ou une lassante expérimentation sonore de labo mais plutôt parce que cet album ouvre l'esprit grâce à de subtiles complexités hallucinatoires.

Le troisième disque des Américains immerge son auditoire dans un univers psychédélique, le groupe enclenchant les notes nébuleuses de ses synthétiseurs analogiques dans un style rétro-futuriste portant les stigmates du rock psychédélique et progressif des 60's et 70's. "Patterns", le premier titre, annonce la couleur avec ses fantaisies sonores hallucinées (certains sons qui s'en dégagent ressemblent à des chants d'oiseaux) mêlées à sa lente montée en puissance. Le groupe partage aussi des schémas hypnotiques prépondérants comme sur "Seven spirals" dont le solo de clavier rappelle étrangement celui de feu Ray Manzarek de The Doors. La voix céleste de Jake Luck nous guide dans ce voyage interstellaire et résonne tel un chaman dans les circonvolutions transcendantales présentes tout au long de l'œuvre. Bien que Leisure Birds laisse libre court à son imagination avec prodigalité, on sent tout de même en ce groupe une disposition à la rectitude avec des formats finalement assez courts pour le genre (on dépasse rarement les 5-6 minutes). Seul "Wavefoms" et son quart d'heure venant clore la séance nous laisse un peu plus de temps pour grimper sur les routes sinueuses menant au firmament. A écouter d'urgence si tu as lu cette chronique jusqu'au bout.