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Les Last Barons ne sont pas issus de la noblesse caennaise mais cinq Normands qui opèrent ensemble depuis 2005. Ils ont d'abord fait leurs gammes sous le nom Dezperados, le temps de sortir un album éponyme en 2007 et d'affirmer leur goût pour les pachydermes. Ils changent de nom pour Last Barons entre 2009 et 2010, ils délivrent alors un album chez le micro label dénicheur de talents Correctomundo! Records (Noïd, Cross Damage...), cet Elephantyasis est enregistré par le guitariste (Damien) puis mixé par Francis Caste (AqME, Dysby, Lazy, Hangman's Chair, Zuul FX, Bukowski, The Arrs...). Julien (chant), David (guitare), Ludovic (batterie), Laurent (basse) continuent de faire confiance à leur guitariste et à Francis Caste pour enregistrer Cheval de Troie qui sort à l'automne 2012 chez Klonosphere.

Last Barons / Chronique LP > Cheval de Troie

Last Barons - Cheval de Troie Les Last Barons n'ont pas changé grand chose depuis leurs débuts, leur goût pour les pachydermes s'était révélé avec leur nom précédent (Dezperados et l'EP éponyme en 2007) puis bien affirmé avec Elephantyasis en 2010, ils remettent le couvert avec toujours un éléphant en artwork (ce dernier étant certainement un cousin de celui qui a posé pour Les illusions d'une route : Bagdad d'Agora Fidelio) et toujours une production signée par le guitariste (Damien) et Francis Caste (Dysby, Lazy, Hangman's Chair, Bukowski...).

Une production qui sert à la fois les lourdeurs graves des riffs et la légèreté de certaines notes non distordues et du chant quand il est tout aussi clair. Après le message à caractère préventif "Shaman's warning song", tout en retenue, sombre et intriguant, le Cheval de Troie a visiblement passé les défenses adverses car il ne se cache plus et on retrouve quelques caractéristiques identitaires du combo avec sur "Nomad soul", une douce intro accoustique avec ce petit écho cher à Alice In Chains puis du gros son et des frissons dans la voix tout aussi chers aux potes de feu Layne Staley ("End of the beauty" nous le confirme à la fin de l'album). On pense aussi à Staind car la prod léchée propose des orchestrations raffinées arrangeant la sauce avec une classe incroyable sans avoir l'air d'y toucher ! Plus loin on retrouve les autres marqueurs du groupe à savoir un côté fusion emmené par le chant qui sait jouer sur plusieurs tableaux ("Rubber boots"), une facette plus barrée avec la marche entêtante "Anthik technik" et surtout des compositions toutes en contraste, plus orientées stoner avec le solo qui va bien ("The violent kind", "Going to varzi"). L'éléphant Last Barons se promène parfois dans un magasin de porcelaine et fait preuve de douceur pour éviter de tout casser tout le temps, mise à part la respiration au piano "From beyond", on a le droit à "Hidden sun" dont le calme permet à la basse de se mettre un peu en valeur ainsi qu'à "Soul grinder" sur lequel les Normands ralentissent les cadences pour gagner en clarté. Ils sont vite repris par leurs démons avides de saturation et déchirent l'atmosphère de "A last devotchka" puis jouent avec le feu sur "Cosmogony and dimensions of the mind" car envoyer une série de riffs qui tournent en boucle avant que tout ne disparaisse pour laisser de la place au calme absolu, il faut oser, eux l'ont fait, deux fois.

Avec leur Cheval de Troie, les Last Barons concrétisent leurs ambitions, ils affirment la multiplicité de leurs influences et renforcent ainsi leur identité. Un groupe à part dans le paysage, à la croisée des chemins du stoner et du grunge avec un grain de folie qui fait exploser les barrières. Et si sur le papier, ça semble compliqué de mêler tout ça, ils font en sorte que tout sonne "naturel" et surtout que ça sonne bien.

Last Barons / Chronique LP > Elephantyasis

Last Barons - Elephantyasis Entre grunge racé, stoner garage et psyché-rock allumé, le premier album des ex-Dezperados, évoluant désormais sous le patronyme de Last Barons, est un condensé de ce que pouvaient (et peuvent toujours) proposer les Queens of the Stone Age, Soundgarden et Alice In Chains, avec un petit zeste de Faith No More sur les contours. Un peu jazzy, un peu funky, pas mal bluesy, surtout bien psychédélique et toujours power-burné, l'électrisant cocktail servi bien frais par les nouveaux barons du rock polymorphe normand et plus généralement hexagonal, a de quoi surprendre à la première écoute, pour invariablement convaincre, morceau après morceau. "M.A.B", "Wallstreet's men" ou "Shoot the dreamer", le groupe aligne les (excellents) titres sur la platine et dégomme le tout avec précision : gros riffs heavy et une prod aux petits oignons à l'appui.
Mélange de recettes efficaces mais déjà largement éprouvées, Elephantyasis l'est un peu certes, mais également bien plus que ça. Car le groupe a su mettre assez de personnalité dans son album pour rendre ici une copie bien électrique, inspirée et gorgée d'une bonne dose de cool que l'on retrouve notamment sur le très fun "Ethanol blues" ou le maléfique "Guru's rules". Une cargaison de gros riffs heavy bien tranchants, un chanteur qui assure le show avec un charisme imparable, quelques petites finesses échappées de la structure "rock" traditionnelle, du solo old-school en guise de nappage ("In the woods"), deux ou trois bastos bien couillues pour durcir un peu le ton ("Ovies Aries"), comme sur le turgescent "Fathernature" ou le puissant et viril "Fat boy". Parce qu'avec Last Barons, ça ne rigole pas quand il s'agit de balancer du gros son ou de mettre l'auditeur a ses pieds en revisitant la fusion rock en mode "french-touch" avec des cojones...