lane - A shiny day Posons tout de suite les bases. Car c'est important de poser les bases. LANE (pour Love And Noise Experiment) est plus qu'un groupe de noise punk rock. C'est le croisement des générations, le savoureux mélange des couleurs musicales et le grand mur(aille !) du son d'Angers. La famille Sourice (Éric et Pierre-Yves des cultissimes Thugs, et leur neveu en la personne de Felix) et les frangins Belin (Étienne et Camille des savoureux Daria) unissent leurs forces (et leurs guitares) depuis 2017 pour nous proposer un rock abrasif, spontané, simple et terriblement efficace.

Après un premier EP déjà prometteur, A shiny day, le premier album de LANE, coproduit par une équipe de champions (Nineteen Something, Opposite Prod...), est tout simplement grandiose. Rien que ça. Grandiose pour celui et celle qui, comme moi, est un amoureux des guitares saturées et des refrains entêtants. Grandiose pour celui et celle qui, comme moi, raffole de cette puissance caractéristique à ce genre musical que l'on aime tant et qui ne peut s'empêcher d'avoir des frissons quand les mélodies accrocheuses se mélangent avec amour et consistance à la puissance rythmique des instruments, le tout dans une urgence vitale et nécessaire. Un must.

Comment ne pas succomber, en effet, dès les premiers accords, au sulfureux "Stand" ? Comment rester insensible aux 207 secondes de bonheur mélancolique de "A dead man soul" ? Et comment résister à l'appel des mélodies et des accords plaqués du formidable "A free man" ? Bien entendu, l'ombre des Thugs enivre ce bijou, la patte Daria n'est pas en reste, mais les amours communes aux cinq protagonistes (Hüsker Dü en tête) sont digérées à merveille.

La puissance sonore laisse parfois place à la puissance émotionnelle ("Red light") et au mid tempo béton ("Dirtly liar") pour mieux rebondir avec des brûlots noise saupoudrés de mélodies, à moins que ce ne soit le contraire, je ne sais pas, je ne sais plus ("Winnipeg", "A shiny day"). Le tout, bien évidemment, enveloppé dans une ambiance indie abrasive. Angers est bien la capitale du rock. Et "Down the river", qui clôture brillamment ce disque dans un fracas noise, idéal pour la redescente après tant d'émotions, mettra tout le monde d'accord : avec ses accents revival qui combleront les nostalgiques, LANE est en fait le groupe qui promet un bel avenir aux amoureux de guitares et de rock. Tout simplement. Merci à toi LANE de l'avoir fait, et surtout, merci d'exister.