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Lame / Chronique LP > Up, down, aside

Lame - Up, down, aside Tout empreint de modestie, Lame avait sorti en 2022, un premier EP, baptisé Pleasantly disappointed. Modestie, car avec un patronyme qui signifie "bancal" et une production que l'on pouvait traduire par "Agréablement déçu", le quatuor nantais semblait se lancer avec précaution dans le grand bain musical. Mais comme cette première œuvre était réussie (cf Mag #51), il aurait été dommage que Lame s'arrête là. Et comme les voilà qui continuent, c'est avec plaisir qu'ils nous proposent un premier album, un vrai Up, down, aside.

Ce sont 8 nouveaux titres + 1 bonus live au Ferrailleur (Nantais un jour, Nantais toujours) qui poursuivent la lignée qu'ils avaient commencé à tracer en 2022 : de l'indie pop rock enjouée aux tracks resserrés, qui ne tombe pas dans une facilité d'écriture. Car Lame s'amuse à changer d'ambiance dans chacun de ses morceaux comme on sauterait de chanson quand on tourne le bouton de fréquence de la radio (enfin, à l'époque où on écoutait encore la radio et qu'il fallait chercher les radios sur la bande FM). On peut passer de passages rock pour un refrain qui sent le disco ("Earthquake"), on jouera avec un tempo cyclothymique à la basse/batterie, tantôt déchainée, tantôt silencieuse sur ("Electricity"), on pourra aussi écouter le titre introductif ("5th of July") et son jumeau conclusif ("The gates of Eden"), qui débutent tous les deux avec un couple chant guitare, pour progressivement pousser le crescendo jusqu'à un final électrique et nerveux. Et je pourrais continuer ce petit jeu de description track by track, mais autant te laisser découvrir les autres par toi-même. Toujours le même style singulier, toujours la même ingéniosité, en bref, toujours le même plaisir à écouter Lame.

Publié dans le Mag #58

Lame / Chronique EP > Pleasantly disappointed

Lame - Pleasantly disappointed On pourrait commencer cette chronique en se demandant si Lame sœur a le vague à Lame de ne pas avoir trouvé son frère d'arme (d'âme ?), mais jusqu'à preuve du contraire, le MAG du W-Fenec n'est pas un recueil de mauvais jeux de mots, et on n'est pas aux Grosses Têtes ou à une soirée avec Tonton Jacky. On peut plutôt penser que les Nantais de Lame aiment manier l'ironie en se baptisant Lame, soit "boiteux", "bancal" pour la traduction française et en titrant leur tout premier EP Pleasantly disappointed, soit "Agréablement déçu". Vu comme ça, cela pourrait augurer une bien piètre prestation sonore, mais c'est évidemment tout le contraire. On va donc conserver le "Pleasantly" et virer le "Disappointed".

Ce sont 4 titres pour leur toute première production, de l'indie pop rock dans la lignée des Franz Ferdinand ou The Strokes, classique mais rythmée, parfois un peu plus sombre. L'entame avec "Summer sun" et son petit refrain entrainant pose des bases connues et reconnues. Idem pour "Relieved" et sa partie guitare qui fait du bien. Changement de tempo pour "Granted" et "In the desert", les deux derniers titres qui closent déjà Pleasantly disappointed, et qui s'orientent vers un côté plus noir, plus alangui. 2 tracks pour chacune des facettes clair / obscur des quatre Nantais, pour un univers semblable à l'artwork signé Lohengrin Papadato, un monde coloré et ludique au premier abord mais qui cache une certaine complexité. Et je vais terminer ma chronique comme je l'ai commencée, avec un jeu de mots, mais celui-ci est plus approprié : la beauté de Lame embellit les plus sombres.